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Tribune | L’entité terroriste d’Israël doit payer cher ses crimes contre le peuple palestinien (suite et fin)

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Par Abdoulaye BA *         

A la lumière de cette rétrospective et au vu de l’évolution actuelle du conflit, une solution politique n’est pas envisageable. Le but final de l’Etat sioniste n’est pas de faire la paix avec les dirigeants palestiniens, mais d’asseoir sa mainmise totale sur tout le territoire de l’ex-Palestine mandataire en écrasant toute velléité d’opposition et de résistance à sa volonté hégémonique. Il ne veut pas de la solution à deux Etats et a considérablement barricadé « son territoire » en construisant progressivement des fortifications le long de ses frontières extérieures avec le Liban, la Syrie, la Cisjordanie et la Jordanie, l’Egypte et la bande de Gaza, au moyen de barbelés, de murs en béton et de systèmes de clôtures électriques. Il a aussi imposé avec l’appui de l’Egypte un blocus sur la bande de Gaza depuis sa prise de contrôle par le Hamas en 2007. « Véritable prison à ciel ouvert », celle-ci est assiégée et bombardée sans répit en représailles depuis le 7 octobre dernier. La Cisjordanie est quasiment sous le contrôle de l’Etat hébreu, l’Autorité palestinienne, sans réel pouvoir, n’administre qu’une infime partie et l’implantation des colonies de peuplement juives se poursuit sans relâche de même que sur le plateau du Golan. Hormis l’Iran, le Liban, la Syrie et l’Irak, Israël, soutenu par son principal allié américain, est reconnu ou est en « bons termes » avec la plupart des pays de la région. C’est fort de ces conditions favorables qu’il veut s’ériger à terme en tant que principale puissance de la région moyen-orientale.

L’Europe et l’ONU ont failli à leur devoir historique

C’est ce qu’a parfaitement compris le Hamas et qui justifie l’attaque surprise et sans précédent du 7 octobre 2023, une attaque suicidaire de par ses conséquences, audacieuse et réussie de par l’objectif fixé. Tout autant que l’ennemi sioniste, le Hamas est contre la solution politique. Elle n’est pas viable et est inapplicable. Les accords d’Oslo sont un échec et Yasser Arafat, avant sa mort, l’a compris mais à ses dépens. Les positions entre l’organisation de résistance islamique et Israël sont diamétralement opposées, ce dernier « préférant négocier » avec l’Autorité palestinienne qui n’est pas suffisamment représentative du peuple palestinien. Seul un cessez-le-feu est négociable pour des raisons humanitaires, mais pas la paix. Tout a été fait bien avant le début du conflit pour que l’Etat sioniste voie le jour et s’installe comme il le souhaite sur le territoire de l’ex-Palestine mandataire. Le Royaume-Uni, plus généralement l’Europe, porte une responsabilité historique sur la situation conflictuelle qui prévaut depuis plusieurs décennies en Palestine. La décision prise par l’ONU le 29 novembre 1947 de partager le territoire palestinien en deux Etats, juif et arabe, est une mauvaise décision qui n’a aucune valeur juridique. L’institution  internationale ne devait pas décider à la place des parties concernées et sans leur consentement. Si le mouvement sioniste était favorable au partage de la Palestine, tel n’était pas le cas des nationalistes arabes qui ont reproché aux Britanniques de n’avoir pas consulté leurs populations quant à l’acceptation ou le refus du partage. Par conséquent, nous pouvons dire que la Grande-Bretagne, l’Europe et l’ONU ont failli à leur devoir historique. A cause de ce crime abominable et condamnable, elles ont plongé toute une région du monde, voilà maintenant plus de 75 ans, dans un interminable conflit dont seul Allah le Tout-Puissant connaît l’issue finale. L’ONU n’est nullement une émanation de la communauté internationale, mais tout simplement le résultat de la volonté des pays vainqueurs du nazisme et du fascisme à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Elle a du mal à faire appliquer ses résolutions par les parties en conflit et fonctionne comme une caisse de résonnance au bon vouloir de ses membres les importants. Israël l’a bien compris et ne se soumet pratiquement pas à ses injonctions. Il se comporte comme un « bandit » qui n’a peur de rien, même pas de « se faire sermonner » par son principal allié américain. Tout récemment, l’Afrique du Sud a pris une décision hautement salutaire, en l’accusant de se livrer à un génocide de la population de Gaza et l’a fait condamner par la Cour internationale de justice (CIJ) pour un crime contre l’humanité. Là aussi, il est peu probable que la sentence de la CIJ soit suivie d’effets.              

Et l’Europe dans tout ça ! Qu’a-t-elle réellement fait, notamment les anciennes puissances coloniales, dans l’optique d’une solution politique du conflit israélo-palestinien? Tout logiquement, elle a apporté au début du conflit son soutien à l’Etat sioniste contre la coalition des Etats arabes, tout en poursuivant son expansion coloniale dans la région. Cette décision s’inscrivait naturellement dans sa politique de conquête et de domination planétaire entreprise depuis plusieurs siècles. Se considérant investie d’une « mission civilisatrice », elle partit à la découverte et à la conquête du monde pour promouvoir la civilisation européenne. Les conséquences, on les connaît tous. C’est l’Europe qui est à l’origine de nombreux crimes contre l’humanité, tels que la traite des Noirs, l’esclavage, l’extermination des Indiens, la colonisation… C’est l’Europe aussi qui a « enfanté » ce gros bébé qu’est l’Amérique devenue par la suite un gendarme international et en même temps le principal soutien de l’Etat hébreu dans le conflit israélo-palestinien. C’est en Europe qu’ont eu lieu les deux guerres mondiales aux conséquences désastreuses pour l’humanité. Partant de là, on est en droit de s’interroger d’une part sur sa contribution effective à la cause de l’humanité et d’autre part si elle doit être mise ou non au banc des accusés.

Ne pas sacrifier la cause palestinienne sur l’autel de la realpolitik

Aujourd’hui, il apparaît clairement qu’une solution juste et durable du conflit israélo-palestinien est impossible à se concrétiser. Pour autant, il n’est pas question de sacrifier la cause palestinienne sur l’autel de la realpolitik, quand bien même le rapport de force ne serait pas en sa faveur. Il ne faut surtout pas banaliser la normalisation des relations avec Israël. C’est un Etat terroriste et criminel qui veut s’approprier à terme tout le territoire palestinien, contrairement au Hamas qui mène une lutte héroïque pour la survie de son peuple. On ne peut pas normaliser avec Israël et en même temps soutenir la cause palestinienne. C’est de l’hypocrisie pure et simple. Normaliser avec Israël, c’est aussi « tourner carrément le dos » à la cause palestinienne.

Nous peuples de l’hémisphère Sud, nous devons nous convaincre que nous vivons dans un monde où nous n’avons pas une emprise réelle sur son évolution. Le peuple palestinien est victime de l’une des injustices les plus ignobles de l’histoire de l’humanité. Il vit encore sous l’occupation ou est contraint de s’exiler. Cela ne l’empêche pas de se battre vaillamment avec des moyens limités contre un Etat soutenu, financé et armé par toute une machine de guerre internationale « sponsorisée » par un puissant lobby juif. La solution ou l’espoir d’une solution du conflit n’est pas envisageable dans le cadre du système international actuel issu de la Seconde Guerre mondiale. Il nous faut au préalable engager une réflexion commune et approfondie, agir dans l’unité et œuvrer sans relâche pour nous donner les moyens de réussir à inverser le cours de l’histoire. Ne succombons pas à la fatalité, un monde meilleur est possible. A nous d’y croire et de le vouloir.

Pour un cessez-le-feu immédiat et sans conditions.

Le sionisme sera vaincu et puni.

Vive le peuple martyr palestinien.

A nous d’inverser le cours de l’histoire.

A.B.
(*) Citoyen mauritanien, observateur politique

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