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Les fake news de la présidence du gouvernement

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La présidence du gouvernement a publié jeudi 21 mars un communiqué propagandiste destiné à mettre en valeur ses réalisations. Elle l’enrichit de chiffres et de comparatifs comme pour montrer, aux néophytes, qu’elle est en train de bien faire son travail. Pris tel quel, le communiqué offre d’excellents éléments de langage aux chroniqueurs et facebookers proches du régime qui le défendent 7/7.

Il est cependant de notre devoir de relever les tromperies des services d’Ahmed Hachani et elles sont bien nombreuses.

Ce communiqué commence par dire que tous les indicateurs économiques sont positifs. Ceci est faux, les agences de notation internationale disent le contraire, ainsi que les différents chiffres de l’Institut national de la statistique relatifs à la croissance, au chômage et à l’inflation.

 

Il dit que le dinar prend de la force et ceci est démenti par la Banque centrale de Tunisie. Il faut aujourd’hui 3,37 dinars pour acheter un euro, alors qu’il fallait 3,33 dinars à la même période en mars 2023 et 3,26 dinars en mars 2022.

 

Il dit que le taux d’endettement est en baisse continue, mais ceci n’est vrai que pour les crédits extérieurs, puisque le déficit de l’État n’a cessé de se creuser ces dernières années et que l’État s’est endetté en interne. Bon à rappeler, au vu de la notation internationale, il est devenu difficile de s’endetter à l’extérieur et vu le niet de Kaïs Saïed, il n’a pas été possible de s’endetter auprès du FMI.

 

Le communiqué de la présidence du gouvernement dit que les réserves en devises sont actuellement de 106 jours, alors qu’elles étaient de 96 jours un an plus tôt. Ceci est vrai, mais il est bon de rappeler que ces réserves étaient de 121 jours au début de l’année 2024 et de 117 jours en septembre dernier après qu’Ahmed Hachani a pris ses fonctions.

 

La présidence du gouvernement poursuit son tableau positif en indiquant que le taux d’inflation est passé à 7,5% contre 10,4% l’année précédente. Ceci est vrai, mais ce chiffre global ne prend pas en considération l’inflation des produits alimentaires qui ont dépassé, pour certains, les 30%. Bon à rappeler, en mars 2022, l’inflation était de 7,2%. La situation s’est certes améliorée par rapport à mars 2023, mais elle s’est aggravée par rapport à mars 2022 et bien aggravée par rapport à juillet 2021 quand Kaïs Saïed a pris les pleins pouvoirs, lorsque l’inflation était de 5,8% ce qui est déjà un taux assez élevé.

 

Le communiqué de la présidence continue à énumérer ses réalisations en rappelant les réunions du Conseil supérieur de l’investissement, l’adoption en conseil des ministres du Code des changes ou encore la publication des textes de loi relatifs aux pièces d’identité biométriques. Bon à rappeler, Ahmed Hachani a beau réunir son conseil supérieur de l’investissement, ceci n’a pas impulsé ce dernier pour autant. On ignore carrément quand M. Hachani a reçu des investisseurs ou des hommes d’affaires, à commencer par leurs premiers représentants, de la Conect et de l’Utica (dont le bureau est illégitime depuis quinze mois). Quant aux IDE, ils sont en baisse drastique. Jamais le climat d’investissement n’a été aussi frileux et jamais la Tunisie n’a été aussi mal notée par les agences de notation internationales qui considèrent le pays comme valeur spéculative.

 

La présidence souligne que la transition énergétique avance à pas sûrs et que le secteur agricole est poussé vers l’amélioration de la production et de la productivité et l’adaptation avec les changements climatiques. Il s’agit là de verbiage propagandiste, car il n’est accompagné d’aucun chiffre, ni de réalisation concrète sur terrain. De quelle transition énergétique parle-t-on quand on sait que la Steg continue à imposer son monopole sur la production et la vente d’électricité et interdit, encore, les bornes de recharge payantes pour les voitures électriques. Idem s’agissant de la vente d’électricité provenant de l’énergie solaire.

 

Par ailleurs, la présidence du gouvernement a insisté sur le fait que les partenaires de la Tunisie sont éblouis par sa résilience financière et économique dans un contexte géopolitique international délicat. Une autre partie trompeuse, car on a beau chercher, on n’a trouvé aucun partenaire de la Tunisie qui a manifesté un quelconque éblouissement. La raison est simple, il n’y a aucun éblouissement à noter, tant le pays sombre. Du reste, ce genre de mots pompeux n’est plus de mise au XXIe siècle et relève, ni plus ni moins, un complexe du colonisé.

 

La présidence du gouvernement garde le meilleur pour la fin en assurant que les libertés sont garanties plus que jamais dans le pays. Le communiqué coïncide avec la traduction de deux journalistes devant une brigade spécialisée, en tant que suspects pour des faits liés à leur profession. On ne compte plus le nombre le nombre de prisonniers politiques ou prisonniers d’opinion jetés en prison, sur la base du décret 54 liberticide (pondu par ce régime en septembre 2022) et les procès fallacieux intentés contre des journalistes, y compris par la présidence du gouvernement.

 

On ignore qui la présidence du gouvernement cherche à convaincre par son communiqué propagandiste outrageant à l’intelligence des Tunisiens, mais il est clairement trompeur et mensonger.

 

R.B.H.

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