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Coopération multilatérale Tunisie-Pays du Golfe | Chekib Ben Mustapha – Membre du Bureau Exécutif de Conect à La Presse : «Nos échanges commerciaux sont bien en-deçà du potentiel de développement»

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Selon l’International Trade Center, la Tunisie peut, avec une stratégie adéquate, doubler ses exportations sur le marché des pays du Golfe au cours des prochaines années, essentiellement sur les marchés émiratis (94 millions USD de potentiel inexploité) et de l’Arabie saoudite (59 millions USD). Mais ces chiffres ne concernent que les biens. Il faut y ajouter les services et plus particulièrement les services d’ingénierie (notamment informatique) et de construction.

Comment évaluez-vous les relations de partenariat entre la Tunisie et les pays du Golfe en termes d’investissement économique ou de coopération?

Les relations de partenariat économiques entre la Tunisie et les pays du Golfe sont ancestrales. Elles se sont par la suite développées avec les banques d’investissement mixtes (Btei, Stusid, Btqi, Btkd….), l’immobilier (Lac de Tunis…), le tourisme, l’industrie et les investissements financiers… Elles ont connu une relance, ces dernières années, avec des investissements notamment dans la banque, le tourisme et l’immobilier. C’est donc un partenariat ancien et continu en matière d’investissement. Mais, en termes commerciaux, nos échanges sont bien en-deçà du potentiel de développement. Nos exportations sont timides et plafonnent, en 2022, à 231 millions USD. Elles ont connu une hausse appréciable sur les 3 dernières années, passant de 130 millions USD en 2020, 167 millions USD en 2021 et 231 millions USD en 2022. Il s’agit essentiellement de fluorure d’aluminium, huile d’olive, produits de la mer, médicaments, dattes et autres fruits… Mais nos importations se chiffrent, quant à elles, à 1,2 milliard USD. Il s’agit essentiellement de produits pétroliers, produits en plastique, produits en acier et produits minéraux (soufre, ammoniaque…).

La balance est donc largement déficitaire du fait de la balance énergétique. Les importations ont fortement augmenté passant de 382 millions USD en 2020, 748 millions USD en 2021 et 1.211 Millions USD en 2022. La balance commerciale est donc négative sur toute la période et double pratiquement chaque année, passant de 252 millions USD en 2020, 580 millions USD en 2021 et 980 millions USD en 2022. Mais ces chiffres doivent être tempérés par les exportations de services tunisiens vers les pays du Golfe qui se développent fortement ces dernières années, notamment dans le domaine de l’informatique et du conseil. Il faut également noter la forte présence de la communauté tunisienne dans ces pays avec des traditions historiques dans l’enseignement, mais un fort développement, ces dernières années dans la plupart des services a haute valeur ajoutée (ingénierie, finance, santé, enseignement supérieur, IT…). Nous sommes donc bien présents sur ce marché, dont le potentiel de développement est très fort.

Comment la Tunisie peut-elle saisir l’opportunité que présente le marché du Golfe ?

La Tunisie est, comme on l’a vu, déjà présente sur le marché du CCG. C’est un marché très concurrentiel mais la plupart de nos entreprises exportatrices sont déjà adaptées à une demande axée sur la qualité, qu’il s’agisse de produits (agro-alimentaires, industries électriques…) avec un respect de toutes les normes internationales pour pénétrer le marché européen qui constitue un des marchés les plus exigeants en matière de qualité, que dans les services avec des références avec les principaux bailleurs de fonds à l’échelle internationale pour le marché africain ou des références client prestigieuses sur le marché européen encore une fois. La plupart des entreprises tunisiennes qui ont développé leurs activités l’ont fait d’une manière individuelle. Mais la situation s’améliore avec notamment l’installation de deux représentations du Cepex, l’une aux EAU et la seconde en Jordanie, qui ne fait pas partie du CCG mais qui couvre plusieurs pays de la région.

Il faut en outre relever les efforts des représentations diplomatiques malgré des moyens limités. On notera également la multiplication, ces dernières années, des délégations tunisiennes aux principales foires commerciales et notamment celles relatives à l’agroalimentaire qui commencent à porter leurs fruits. C’est une bonne tendance, mais il faut aujourd’hui accélérer les efforts avec un ciblage de couples produits/marchés plus affinés et une capitalisation des efforts déjà entrepris et de la bonne réputation acquise pour les produits et compétences tunisiennes.

Selon l’International Trade Center, la Tunisie peut, avec une stratégie adéquate, doubler ses exportations sur le marché des pays du Golfe au cours des prochaines années, essentiellement sur les marchés émiratis (94 millions USD de potentiel inexploité) et de l’Arabie saoudite (59 millions USD). Mais ces chiffres ne concernent que les biens. Il faut y ajouter les services et plus particulièrement les services d’ingénierie (notamment informatique) et de construction.

La Conect a conduit récemment une délégation économique en Arabie Saoudite, avec la participation d’environ 15 entreprises tunisiennes dans de nombreux secteurs. Une mission inscrite dans le cadre de l’intérêt accordé aux marchés du Golfe. Quel est l’apport de cette mission et ses perspectives à moyen et long terme ?

La Conect s’est, depuis sa création, intéressée à la coopération commerciale avec les pays du CCG. Elle est ainsi membre, depuis 2016, de la Fédération des hommes d’affaires arabes (FAB) et Tarek Cherif, ancien président de la Conect, et actuel président de Conect International, en a été réélu vice-président pour un mandat de quatre ans en 2022. C’est une région très dynamique économiquement qui a encore gagné en attractivité ces dernières années avec notamment l’avancement du programme Vision 2030 de l’Arabie saoudite avec une véritable transformation de l’économie basée sur l’innovation et les technologies. L’expertise tunisienne et sa compétitivité dans les différents domaines de développement (génie civil, intelligence artificielle, enseignement supérieur…) peuvent se positionner d’une manière privilégiée. C’est pourquoi la Conect a organisé, ce mois-ci, deux missions de prospection commerciales pour participer à deux foires de référence : Big 5 Construct Saudi, la plus grande foire dans le domaine de la construction en Arabie saoudite, une porte d’entrée pour un marché de 1,7 trillion USD et de Leap, le principal événement de la High-Tech dans la région avec plus de 172.000 visiteurs de 183 pays. La Conect prévoit ainsi de poursuivre ses efforts d’appui à ses adhérents pour l’accès à des marchés diversifiés à l’instar de ses missions de prospections traditionnelles vers l’Afrique subsaharienne et, au cours des dernières années, en Europe de l’Est et Centrale, d’une part, et en Amérique du Nord, d’autre part. L’exportation est aujourd’hui une stratégie importante de développement de nos PME mais beaucoup d’entre elles ont des difficultés à accéder à ces nouveaux marchés et la Conect compte mettre à leur disposition un appui spécifique et un riche programme de missions de prospections étalé sur l’année afin de les assister dans leurs efforts.

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