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Stress hydrique et sécheresse : La Tunisie dos au mur !

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Que fait la Tunisie pour prévenir une éventuelle crise ou carrément une pénurie d’eau? L’Etat est-il en mesure de gérer ses ressources en eau de plus en plus faibles ? Quelle stratégie pour renforcer l’accès à l’eau en Tunisie ? Tant de questions se posent, alors que les réponses ne sont pas nombreuses.

La Tunisie connaît une situation de stress hydrique sans précédent. Cela est dû à la nette baisse des apports pluviométriques ces dernières années, mais aussi à l’épuisement des ressources en eau, notamment dans les barrages et à cause des puits anarchiques qui nuisent considérablement à la nappe phréatique.

La situation est tellement alarmante que ces derniers temps de nombreux spécialistes ont appelé l’Etat à décréter l’état de sécheresse, une situation qui exige des dispositions exceptionnelles pour limiter surtout la consommation de l’eau.

Au fait, depuis maintenant cinq ans, la Tunisie a commencé à ressentir ce danger lié à l’accès à l’eau. Alors que pendant l’été, de nombreux gouvernorats connaissent des épisodes interminables de coupure de l’eau courante, la population est exposée à un manque de plus en plus accentué au niveau de l’accès à l’eau.

Cela n’est pas sans conséquences sur le climat social, notamment dans les régions intérieures du pays. Pour certains, c’est une question de sécurité nationale. Que fait la Tunisie pour prévenir une éventuelle crise ou carrément une pénurie d’eau ?  L’Etat est-il en mesure de gérer ses ressources en eau de plus en plus faibles ? Quelle stratégie pour renforcer l’accès à l’eau en Tunisie ? Tant de questions se posent, alors que les réponses ne sont pas nombreuses.

Et ce sont à chaque fois les spécialistes qui brisent le silence pour alerter contre une telle situation en l’absence d’un discours officiel. Dernièrement, c’est Abdallah Rabhi, ancien secrétaire d’Etat chargé des Ressources hydrauliques et expert dans ce domaine, qui appelle à son tour à décréter l’état de sécheresse.

Dans une interview accordée à l’agence TAP, il a en effet jugé indispensable de franchir ce pas pour protéger ce qui reste des ressources en eau. «Le gouvernement doit faire preuve de proactivité dans ses actions et mettre en place des mesures à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés. Si nous attendons jusqu’à fin février, nous n’aurons plus suffisamment de marge de manœuvre».

Faisant le diagnostic d’une situation catastrophique, il a rappelé que du 1er septembre 2022 au 31 janvier 2023, les quantités de pluie enregistrées à l’échelle nationale n’ont atteint que 33% de la moyenne saisonnière sur la période. Le manque de précipitations s’est répercuté d’une manière significative sur les réserves en eaux souterraines, nappes phréatiques et de surface, les barrages.

Qu’est-ce que l’état de sécheresse ?

La sécheresse météorologique, c’est quand il ne pleut pas depuis plusieurs semaines. Au bout d’un moment, la terre manque d’eau, on parle de sécheresse agricole. Et quand les cours d’eau et les nappes phréatiques sont très bas, c’est la sécheresse hydraulique. Ce problème sévit partout dans le monde et surtout dans les zones tropicales et subtropicales, comme au Mexique ou en Inde, car là-bas les températures sont très élevées et l’eau s’évapore plus vite.

L’état de sécheresse correspond officiellement à une situation où l’Etat est contraint de limiter la consommation de l’eau et de trouver des ressources alternatives.

Sauf que la définition de l’état de sécheresse varie suivant les régions du monde. En France, par exemple, on considère qu’il y a sécheresse absolue lorsqu’aucune goutte de pluie (soit moins de 0,2 mm/jour) n’est tombée pendant 15 jours consécutifs.

Aux États-Unis, la sécheresse est établie si une zone étendue reçoit 30 % de précipitations ou moins qu’en temps normal sur une période de 21 jours consécutifs.

En Tunisie, il n’existe pas de paramètres qui peuvent déclencher l’état de sécheresse hormis certains articles dans le nouveau code des eaux pas encore adopté. Cependant, selon le Plan national sécheresse Tunisie, un Comité technique de veille et d’alerte (Ctva) dans le cadre du développement et la mise en œuvre du Système d’alerte précoce (SAP) doit être mis en place. La première étape porte sur la définition des indicateurs qui feront l’objet d’un suivi régulier et la fixation des seuils de déclenchement d’alerte. Le choix des indicateurs doit permettre de signaler tous les types de sécheresse (météorologique, agricole, hydrologique, socioéconomique et écologique).

La définition des seuils doit être effectuée par zones. La délimitation des zones peut différer d’un indicateur à un autre (découpage climatique, en fonction des cultures pratiquées, en fonction des capacités d’adaptation des communautés, etc.).

En Tunisie, le climat semi-aride à aride qui caractérise le pays sur la majorité de son territoire l’expose à une rareté prononcée des ressources en eau et à une récurrence des sécheresses. Encore faut-il le rappeler, la sécheresse est une anomalie temporaire, à la différence de l’aridité, qui est une caractéristique permanente du climat.

Quelles mesures prendre ?

Abdallah Rabhi explique qu’à l’image d’autres pays européens, la Tunisie doit prendre des mesures efficaces en matière de consommation des eaux. Il rappelle que la France a enregistré depuis l’été dernier des records de températures. Dos au mur, les autorités ont décidé de placer certains départements en alerte sécheresse et de mettre en place des mesures de restriction de l’usage de l’eau comme l’interdiction d’arroser le jardin entre certaines heures. «En décrétant l’état de sécheresse, les Tunisiens n’auront plus le choix que de changer leur comportement en matière de gestion d’eau et d’adopter de meilleures pratiques afin de préserver cette denrée de plus en plus rare», fait-il savoir.

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