Culture

«Mémoire de générations» au musée National d’Art Moderne et Contemporain de Tunis (MACAM) : L’exposition permanente des fonds du musée est enfin là !

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Le musée national d’art moderne et contemporain de Tunis (Macam) avait tardé à venir, pourtant fortement attendu et réclamé par les professionnels des arts plastiques et de la scène culturelle et autres universitaires et académiciens, ne serait-ce que pour préserver et restaurer les œuvres du Fonds national d’art plastique longtemps stockées dans de mauvaises conditions causant la détérioration d’une bonne partie d’entre elles.

En 2018, le musée a élu domicile à la Cité de la culture Chedy Klibi, avec une superficie de 2 983 m2, il dispose d’un espace d’exposition permanente et d’une salle annexe réservée aux expositions temporaires, d’un centre de recherche et de documentation en arts visuels, un atelier de restauration et un autre d’assistance technique des réserves, une galerie d’art (la «Galerie Makam»), un espace dédié aux enfants et un Book shop. Après de longues décennies d’oubli passées dans les dépôts du palais Ksar Saïd, d’anciennes œuvres picturales, sculpturales et en céramique ont été exposées le 20 mars 2018, coïncidant avec la date d’inauguration de la Cité de la culture. La vocation du Macam, à l’instar de tout autre musée de ce genre, est de sauvegarder, de restaurer, de diffuser et de valoriser le fonds national qui comporte plus de 14.000 œuvres témoins d’un siècle et demi de création artistique. Dans ce genre d’établissement, le volet valorisation et diffusion doit se faire principalement à travers l’exposition permanente par roulement de ses collections (l’accrochage est en principe révisé tous les deux ans), mais, également, à travers différentes expositions temporaires et autres événements et programmes scientifiques et artistiques.

Lorsque l’on parle d’exposition permanente, on vise l’exposition de référence (ou de synthèse) du musée, en lien avec sa raison d’être et qui s’articule autour de la thématique centrale du musée, dont elle présente une vue d’ensemble. Elle est prévue pour durer de façon « permanente » : généralement une génération ou une vingtaine d’années. Il a fallu attendre le 24 août 2022, pour que se fasse l’ouverture officielle du musée, retardée, entre autres, par la crise sanitaire du Covid et tout ce qu’elle a engendré comme annulations et reports. Des considérations politiques ont fait en sorte de prématurer l’organisation de l’exposition inaugurale pour qu’elle coïncide avec la conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique.

Il s’agissait d’une exposition rétrospective intitulée « Arts plastiques en Tunisie : voyage avec le Fonds national (1850 – 2021) », qui mettait en exergue les différents courants, mouvements, écoles et périodes notoires de l’histoire récente des arts plastiques en Tunisie, de la moitié du XIXe siècle jusqu’en 2021. L’exposition se divisait en quatre périodes historiques, à savoir la période beylicale, la période coloniale, la période abstraite et enfin la période de l’extrême contemporain. La mission du musée implique aussi de faire un travail de promotion et de communication sur et autour de ses différentes expositions et de créer une dynamique. Chose que le Macam ne fait pas, depuis sa création, car ne mettant pas assez en valeur comme il se doit ses activités.

Une exposition permanente en lien avec sa mission muséale a tardé à venir et les expositions temporaires et thématiques, quant à elles, sont rares et se comptent sur les dix doigts de la main. Pourtant, ce n’est pas la matière qui manque, car il y a de quoi faire, rien qu’avec les collections du fonds de l’Etat, celles des privé.e.s et l’effervescence et le bouillonnement que connaissent les arts visuels sous nos cieux, sans parler des possibles collaborations avec des musées et autres fonds étrangers.

Alors, quand on se décide enfin à monter cette exposition permanente, on ne peut que s’y intéresser. Inaugurée le 1er mars dernier et baptisée «Mémoire de générations», cette exposition présente 110 années de production artistique avec 300 œuvres signées par 170 artistes tunisiens et étrangers de différentes générations et sera actualisée et enrichie, au fur et à mesure, par d’autres collections, témoins des différents mouvements et périodes de l’histoire des arts plastiques en Tunisie.

Le parcours se déploie sur deux étages et présente trois grandes sections : la section «Naissance d’un regard», qui regroupe les œuvres de pionniers avec intégration progressive des artistes de l’Ecole de Tunis et de leurs contemporains; la section «Nouvelles tendances», qui rassemble principalement les différentes tendances (entre autres abstraction) essentiellement à partir des années 70 et une dernière section intitulée «Regards éclectiques», qui met en avant une génération d’artistes aux faires disparates «mais qui ont tous embrassé des approches contemporaines en y ajoutant leurs empreintes personnelles», comme on peut le lire dans le texte présentateur de l’exposition. Le choix a été fait de s’arrêter à l’année 2004 pour la sélection des œuvres exposées, dont s’est chargé un comité scientifique composé d’universitaires, d’artistes plasticiens et autres acteurs de la scène culturelle tunisienne. Il s’agit de : Faouzia Hichri, artiste plasticienne et enseignante universitaire à la retraite ; Sami Ben Ameur, artiste et professeur émérite ; Noman Gmach, artiste et professeur universitaire; Kaouther Jellazi, artiste et enseignante universitaire ; Beker Ben Fraj, artiste et ancien président de l’Union des artistes tunisiens ; Ramzi Ayari, journaliste culturel spécialiste dans les arts plastiques; Sinda Ben Khelil, galeriste, et Khlil Gouia, enseignant universitaire et critique d’art.

On s’interroge sur la non-représentativité d’universitaires et d’artistes de générations plus jeunes dans ce comité, lesquelles générations sont rarement impliquées dans les commissions et autres comités en lien avec les activités du ministère des Affaires culturelles. On gagnerait à leur céder plus la parole et à leur donner plus d’espace.

On s’interroge aussi sur ce choix de s’arrêter à 2004 qui n’a pas été explicité. Mais que l’on adhère ou pas aux différents choix et autre configuration de l’exposition, le fait est que c’est une occasion pour le public de découvrir une partie du patrimoine visuel national et pour les chercheurs et autres spécialistes et critiques en arts d’affûter leurs plumes. Nous y reviendrons.

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