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Escalade entre Kais Saied et la direction de l’UGTT : Le pays sera-t-il à l’abri des dommages collatéraux ?

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Nul ne doute que cette éventuelle confrontation qui se profile à l’horizon de la scène nationale ne profite en rien ni à la centrale syndicale ni au Président de la République, et la première victime sera certainement le pays, déjà ébranlé par une crise multidimensionnelle inédite.

«Une déclaration de guerre» ? C’est ce que nous pouvons lire sur la Une du journal Achaâb, relevant de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) hier jeudi. Cela vient en réponse aux déclarations du Président de la République, Kaïs Saïed, à la caserne de l’Aouina où il s’est prononcé sur les grèves et sur le droit syndical.  

La relation entre le Chef de l’Etat et la direction de la centrale syndicale ne peut se dégrader davantage. Les observateurs de la scène nationale redoutent, en effet, une confrontation directe entre les deux parties, chose qui risque d’approfondir encore plus la crise que traverse le pays.

Il faut dire que les prémices d’une telle rupture étaient palpables depuis plusieurs mois, lorsque les canaux de communication entre Kaïs Saïed et Noureddine Taboubi ont été coupés. Depuis, la centrale syndicale n’a pas cessé de hausser le ton et aurait fait usage de grèves ayant paralysé surtout le transport pour se faire entendre. D’ailleurs, pour le locataire de Carthage, c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Kaïs Saïed s’est entretenu, mardi, à la caserne d’El Aouina avec des responsables sécuritaires et  a évoqué la récente grève du syndicat de Tunisie autoroutes. Pointant du doigt les individus qui s’acharnent à bloquer les routes et les voies ferrées, le Président de la République a affirmé que «nul ne peut se prévaloir d’un quelconque motif ou argument pour commettre ces actes. Ces fauteurs ne doivent plus bénéficier de l’impunité», a-t-il encore martelé. «Oui pour le droit syndical, dès lors qu’il est un droit reconnu et garanti par la Constitution», a précisé le Chef de l’Etat, dénonçant, cependant, «les tentatives visant à user de ce droit à des fins politiciennes connues par tous».

Quelques heures plus tard, c’est le secrétaire-général du syndicat de Tunisie Autoroutes qui est arrêté, d’où le déclenchement de cette crise. La réponse de l’Ugtt n’a pas tardé. Son bureau exécutif a dénoncé l’arrestation mardi 31 janvier 2023 du secrétaire général du syndicat spécifique de Tunisie Autoroute par les forces de l’ordre. Il a souligné dans un communiqué publié, après la réunion du bureau exécutif de l’Ugtt, que «cette arrestation constitue une atteinte à l’action syndicale, aux droits syndicaux, aux conventions internationales ratifiées par la Tunisie et à la Constitution tunisienne qui garantit le respect des libertés syndicales, y compris le droit à la grève». La centrale a même appelé ses structures à la mobilisation pour défendre leurs intérêts et droits.

Sami Tahri s’alarme

Ce sont aussi les déclarations du deuxième responsable de l’Ugtt, Sami Tahri, qui ne sont pas passées inaperçues. Ce dernier est allé jusqu’à évoquer d’éventuelles arrestations dans les rangs de la centrale syndicale.

En effet, les déclarations du Président de la République ont été rapidement interceptées par ce syndicaliste dont la réponse n’a pas tardé. Il a rappelé que «ce même discours a été adopté par Bourguiba et Ben Ali et que par la suite des arrestations et des poursuites ont eu lieu». Tahri a promis que «l’Ugtt continuera de défendre l’intérêt et les droits des Tunisiens en dépit de ces circonstances».

De même, la nomination de Mohamed Ali Boughdiri en tant que ministre de l’Education a été interprétée comme une provocation par la direction de l’Ugtt. Au fait, il s’agit de l’ex-secrétaire général adjoint de la centrale syndicale et clairement adversaire de l’actuel patron de l’Ugtt, Noureddine Taboubi. Désigné ministre de l’Éducation, succédant à Fathi Sellaouti, Mohamed Ali Boughdiri s’était en effet opposé à la tenue du congrès extraordinaire de l’Ugtt qui avait eu lieu en juillet 2021. Ledit congrès avait permis à l’actuel bureau exécutif d’être élu pour un troisième mandat consécutif.

Une initiative mort-née ?

Cette situation de rupture, ou du moins de blocage entre la centrale syndicale ou plus précisément sa direction et le Président de la République marquerait l’échec de l’initiative conduite par l’Ugtt et visant à mettre fin à cette crise. Après ces derniers rebondissements, quelle sera l’issue de cette initiative ? Le Président de la République acceptera-t-il de négocier avec l’Ugtt ? Au fait, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail a rappelé que l’organisation syndicale travaille sur une initiative politique, économique et sociale intégrée. Taboubi a, encore, précisé qu’elle sera présentée prochainement à la présidence de la République, assurant qu’au cas où l’autorité rejetterait cette initiative, l’Ugtt tiendra une nouvelle réunion avec un certain nombre d’autres organisations au cours de la même semaine.

Mais depuis, le Chef de l’Etat n’a même pas fait un clin d’œil à ces efforts, et pour les observateurs de la scène nationale, ces dernières décisions et déclarations interviennent pour rejeter cette initiative même avant de prendre connaissance de ses différentes dispositions.

Réunion urgente

En tout cas, l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) va tenir une commission administrative nationale, aujourd’hui, vendredi, pour examiner les derniers développements de la situation syndicale.

Cette décision a été annoncée par le secrétaire général adjoint de la centrale syndicale, Hfaiedh Hfaiedh, à l’agence TAP.

Hfaiedh Hfaiedh a donné davantage de détails en expliquant que «ladite réunion sera consacrée à l’étude des réponses face aux atteintes visant l’organisation syndicale, mais qu’elle portera aussi sur l’examen des libertés générales et le droit syndical, notamment après l’arrestation du secrétaire général du syndicat de la société Tunisie Autoroutes, Anis Kaâbi».

Pour finir, nul ne doute que cette éventuelle confrontation qui se profile à l’horizon de la scène nationale ne profite en rien, ni à la centrale syndicale, ni au Président de la République et la première victime sera certainement le pays, déjà ébranlé par une crise multidimensionnelle inédite.

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