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Complot contre la sûreté de l’état: La période de détention arrive à son terme

Le  comité de défense des personnalités politiques arrêtées a déposé mardi 21 mars une demande de libération auprès de la Chambre des mises en accusation spécialisée. Celle-ci devrait statuer sur cette requête aujourd’hui, jeudi 23 mars. Elle devrait aussi statuer sur une demande de divulgation de l’identité des deux témoins qui ont été entendus dans cette même affaire.

Un mois après l’enquête ouverte dans le cadre de l’affaire de complot contre la sûreté intérieure de l’Etat, impliquant notamment des personnalités politiques et des hommes d’affaires, dont Khayam Turki, Kamel Eltaief, Abdelhamid Jelassi, Jawhar Mbarek, Issam Chebbi, Chaima Ben Aïssa, Noureddine Boutar, Ridha Belhaj, le mystère persiste quant à  la progression de l’enquête, et ce, au moment  où la période de détention arrive à son terme. Selon nos informations, le nombre des accusés dans cette affaire ouverte depuis le 24 février 2023 aurait atteint 17 personnes parmi lesquelles figure une personnalité étrangère notoire. 

Les accusés nient tout en bloc

Les accusations qui pèsent sur les personnes impliquées sont très graves mais ces derniers ont nié toute implication dans la tentative de déstabilisation de l’Etat. Il ne s’agirait, selon elles, que de concertations politiques autour des moyens susceptibles de faire face à la situation actuelle qui prévaut dans le pays. Pour cette raison, le comité de défense des personnalités politiques arrêtées dans le cadre de l’affaire de complot contre l’État a déposé mardi 21 mars une demande de libération auprès de la Chambre des mises en accusation spécialisée. La chambre des mises en accusation devrait statuer sur cette demande aujourd’hui, jeudi 23 mars. Elle devra aussi statuer sur une demande de divulgation de l’identité des deux témoins qui ont été entendus dans cette même affaire.

Lors d’une conférence de presse organisée le 15 mars par le comité de défense des accusés, l’avocat Ayachi Hammami a déclaré que l’affaire de conspiration contre la sûreté intérieure de l’Etat est «politique par excellence».

Il a souligné que les personnes interpellées «sont pour la plupart des activistes politiques qui prônent un discours modéré s’articulant autour des fondamentaux démocratiques». Il a ajouté que le dossier ne comporte aucune pièce justifiant les accusations qui leur sont portées. L’avocat accuse le pouvoir en place «d’être derrière ces arrestations», rappelant que «les rencontres entre le Chef de l’Etat et la ministre de la Justice ont eu lieu en concomitance avec le début des arrestations, le 11 février dernier».

Toutefois, il faut signaler que les personnes soupçonnées d’avoir comploté contre l’Etat  auraient entretenu des relations avec une personnalité diplomatique accréditée en Tunisie, ce qui risque de compliquer la donne et d’aggraver leur cas. L’affaire n’est pas aussi simple, ce qui a poussé la présidente du PDL à sortir de ses gonds et à déclarer que «les vrais coupables courent toujours, notamment ceux qui étaient en relation avec des puissances étrangères», selon ses dires.

A cet effet, le ministère des Affaires étrangères avait publié un communiqué le 28 février 2023 dans lequel il a appelé les missions diplomatiques à se conformer au respect des exigences de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques qui stipule le devoir des diplomates de respecter les lois du pays auprès desquels ils sont accrédités et de ne pas s’immiscer dans ses affaires intérieures. Le message est bien clair et fait donc suite à l’affaire en question.

L’enquête se poursuit

Dans le cadre de cette même affaire de complot contre la sûreté du pays, le ministère public près le Pôle judiciaire antiterroriste a autorisé plusieurs autres auditions et émis des mandats de recherche et des interdictions de voyage à l’encontre de plusieurs autres personnes, dont des cadres sécuritaires, des politiques appartenant au parti Ennahdha et des avocats, dont Ines Harrath. Cette dernière a par ailleurs souligné qu’une nouvelle date a été fixée pour son  audition en avril prochain.

Commentant cette vague d’arrestations, l’ancien ministre de la Santé démissionnaire du parti Ennahdha, Imed Hammami, a affirmé que «le Président de la République avait sauvé l’Etat du risque d’effondrement  un certain 25 juillet 2021 en raison de la grande crise qui frappait le pays». Et d’ajouter que «personne n’avait pu imaginer l’arrestation d’aussi hauts responsables».

Malgré une avalanche de réactions hostiles, émanant notamment de l’Union européenne, des Etats-Unis, du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et des organisations internationales suite à cette campagne d’arrestations, l’enquête judiciaire suit toujours son cours même si le collectif de défense tente de démontrer que le dossier de cette affaire est vide de preuves. Le Président de la République n’a pas tardé à répondre à ces réactions en expliquant que «la Tunisie est un État indépendant et souverain et qu’il n’est ni colonisé ni placé sous protectorat». Il a réaffirmé son attachement au respect de la loi, affirmant que la vérité qui sera révélée aura l’effet d’un séisme et ouvrira les yeux des Tunisiens sur les manigances qui ont été faites dans leur dos pendant des décennies.

Outre cette affaire en cours, une autre affaire avait conduit à l’audition de 25 personnes en novembre 2022 pour complot contre l’Etat. Cette affaire avait abouti, rappelons-le, à l’arrestation d’un ancien conseiller à la présidence et l’audition d’anciens ministres, de hauts sécuritaires, des journalistes et des chroniqueurs. Rien n’a filtré autour de cette première affaire du côté des autorités officielles.

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