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CAPACITÉ D’ACCUEIL DES COLLÈGES ET DES LYCÉES PILOTES: le débat refait surface


Seule la réalité sur le terrain est capable d’apporter les réponses recherchées. Un bilan pourrait être fait depuis l’apparition de ces établissements sous l’impulsion de feu Mohamed Fradj Chedly, ministre de l’Education, dont le premier lycée pilote de l’Ariana créé en 1983 porte le nom. Aujourd’hui, on dispose, en plus de collèges pilotes. Il y a, en effet, 28 collèges pilotes dont 6 dans le Grand Tunis.

Les lycées pilotes sont au nombre de 26 dont 5 dans le Grand Tunis. Plus de 20.000 «pilotistes» y étudient. Pour l’année scolaire 2022-2023, le ministère de l’Education prévoit une capacité d’accueil de 3.400 places dans les collèges (900 pour le Grand Tunis) et 3.100 dans les lycées pilotes (775 pour le Grand Tunis).

La problématique qui a été soulevée depuis longtemps concerne les critères d’admission dans ces institutions. Deux de ces critères, au moins, font l’objet de polémique, à savoir la capacité d’accueil et la moyenne. A priori, c’est le ministère de l’Education qui fixe le nombre de candidats qui peuvent être accueillis dans les établissements en question. Selon qu’ils ont une capacité suffisante ou non, ils répondent à la demande.

Ce qui fait que même avec une moyenne de 15/20 ou plus, on peut être refusé dans tel ou tel établissements étant donné que l’on bloque la liste une fois le nombre de postes pourvus. On pouvait, alors, offrir aux demandeurs des places dans des établissements où le quota n’a pas été atteint. Avec l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur Slim Khalbous, qui avait assuré l’intérim au ministère de l’Education, on avait ouvert la porte à des moyennes en dessous de 15/20 pour faire accéder plus de candidats aux collèges et lycées pilotes.

Son collègue Hatem Ben Salem, qui a occupé ce poste avant l’arrivée du ministre actuel, était revenu sur cette idée pour insister sur le seuil de 15/20 et plus. En tout cas, le débat est de retour mais cette fois, il est centré sur la capacité d’ac- cueil. Autrement dit, accepter tous les candidats admis sans limite de places. En d’autres termes, tous les élèves de neuvième qui réussissent au concours sur moyenne passent directement au lycée pilote choisi.

Il en est de même pour leurs camarades qui réussissent le concours de Sixième. Or, un arrêté publié en mai 2021 est venu baisser la moyenne pour les candidats de la Sixième.

On ne parle plus de 15/20 mais de 14/20. Au cours de la récente entrevue du ministre de l’Education avec le Chef de l’Etat, le mardi 19 juillet 2022, il était question, de plus, de la suppression de la capacité d’accueil. Ce qui veut dire que tous ceux qui obtiennent une moyenne égale ou supérieure à 14/20 doivent être admis dans un collège ou lycée pilote sans être astreints à une quelconque limite de places.

Comment augmenter la capacité d’accueil ?

A cet effet, le Chef de l’Etat a proposé d’ouvrir des classes supplémentaires dans lesdits établissements pilotes. Cette éventualité peut-elle apporter la solution ? Va-t-on vider les autres établissements d’enseignement triés sur le volet et les priver de leur substance alors qu’ils en ont le plus besoin ?

Cela ajoute de nouvelles données à un sujet qui fait, déjà, l’objet d’une réflexion approfondie. Notamment en ce qui concerne l’opportunité de la création de ces institutions et sur leur impact sur le rendement du système scolaire. D’autant plus que de nombreuses personnes soutiennent que ces établissements cultivent l’élitisme, voire créent non une discrimination positive mais une ségrégation sociale. Les élèves appartenant à ces établissements sont pour la plupart issus de milieux sociaux aisés. La politique sélective suivie par ces modèles favoriserait beaucoup plus les écarts entre les classes sociales et creuserait davantage les fossés entre les catégories sociales. En outre, elle abolit, totalement, ce qu’on appelle l’égalité des chances. Aux yeux de beaucoup d’observateurs, les efforts devraient plutôt se concentrer sur l’amélioration des conditions des autres établissements en leur fournissant tous les moyens nécessaires pour qu’ils mènent à bien leur tâche.

Car, en fin de compte, à quoi servirait la formation d’élites qui au bout d’un parcours seraient confrontées à des camarades n’ayant pas eu les mêmes avantages et bénéficié des services des meilleurs cadres enseignants. Certes, la plupart de ces candidats aux examens nationaux seront classés parmi les lauréats (particulièrement au Bac). Mais, par rapport aux autres candidats venus des établis- sements publics, ils n’auront pas plus d’autres mérites. Pis encore, ces élèves formés avec l’argent public et pré- parés au prix de grands sacrifices seront « offerts » sans aucune compensation à des pays étrangers.

Car tous les lauréats du Bac n’ont d’autre idée en tête que d’aller étu- dier à l’étranger et y rester. C’est leur plein droit. Mais il nous semble plus logique que l’Etat revendique, lui aussi, ses droits. Le peuple, également, doit s’exprimer dans ce sens. Jusqu’ici des milliers de cerveaux formés dans nos écoles sont allés offrir leurs services dans des pays étrangers sans le moindre égard aux sacrifices consentis par le pays pour les former. Désormais, l’Etat doit chercher la formule qui lui permettra de récupérer une partie de ses droits. L’Etat est appelé, par ailleurs, à améliorer le niveau d’enseignement dans les différentes écoles publiques au détriment de ces collèges ou lycées pilotes qui sont autant de lieux de formation de hauts cadres destinés à l’étranger.

Un engagement de la part de ces cadres de travailler pour le pays pendant une durée déterminée ou le versement d’une compensation. Toute autre formule prenant en compte les sacrifices consen- tis est à prendre en compte.

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