Culture

Art invisuel : Mais oui, cela existe !!!

 

Ce n’est pas de l’art visuel, ce n’est pas de l’art conceptuel, ce n’est même pas de l’art digital. C’est de « l’art invisuel ». Ce qui signife, sémantiquement, et en toute logique, de l’art qu’on ne voit pas.

Mais comment cela pourrait-être ? s’interrogerait tout amateur d’art, ou même tout commun des mortels.

On nous explique :

«L’art de nature invisuelle est un genre à part entière qui existe autrement que sous forme d’œuvre d’art, matérielle ou immatérielle. Selon l’art invisuel, les limites de l’art sont plus larges que les limites de l’art visuel, qui devient alors un genre d’art parmi d’autres. L’art de nature invisuelle relativise la notion d’art»

Eliza Bollazzi était à Tunis il y a peu. Directrice du musée de la microcollection, elle nous éclaire sur ce concept, pas si nouveau en fait.

«Le musée microcollection est né en 1990. Je visitais alors la Biennale de Venise, et j’ai récupéré quelques fragments d’un tableau d’Anish Kapoor tombés à terre. Ces microparticules, oubliées pour la plupart, représentent l’intuition d’une nouvelle forme de création et le début d’une autre façon de me déplacer dans les circuits de l’art, à la recherche d’autres micro acquisitions».

Elisa l’avoue, cependant, toutes les particules ne sont pas tombées à terre : armée d’une véritable trousse de voleur professionnel, il lui arrive de gratter le bord d’un tableau, le débordement sur un cadre, sans jamais altérer l’œuvre, bien sûr, au cours de visites dans les musées. Quand on lui demande si c’est bien légal, elle nous répond que c’est a-légal, toute législation à cet égard n’existant pas.

«Aujourd’hui, le musée possède près d’un millier de fragments acquis par la chute de miettes d’œuvres d’art et soustraits à l’oubli par moi-même, mais aussi par de nombreux collaborateurs spontanés : collectionneurs, artistes, critiques d’art, curateurs….

Outre plusieurs courants artistiques de première importance, sont également représentés, dans ce musée, des centaines d’artistes internationaux».

Mais comment donc voir et comprendre ces fragments ?

En fait, ils sont placés entre deux lamelles et observables au microscope dans des Cabinets de regard. Cela au musée lui-même, mais aussi dans des galeries, des foires, des salons, des musées autres, des universités, des académies d’art pour des événements spécifiques

«Le public peut ainsi voir l’invisible et savourer la véritable essence de l’art.

A travers la vision de ces fragments au microscope, le public peut apprendre l’histoire de l’art et de ses grands courants.

Eliza Bolezzi l’affirme haut et fort. «Cela constitue désormais un patrimoine d’une valeur artistico-culturelle considérable, à la disposition d’un grand public».

Pour preuve de cela, Sotheby’s, la célèbre maison de vente, organise au mois de juin prochain une vente aux enchères d’art invisuel. On pourra y acquérir le droit de regarder, une semaine durant, 50 œuvres de la collection.

C’est en Tunisie, cependant, à l’Institut supérieur des beaux-Arts de Sousse que sera créé le premier Master Pro-art invisuel du monde.

Qui pourrait encore dire que nous ne sommes pas en avance au niveau des arts ?

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