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Affaire instalingo | Mandat de dépôt à l’encontre de Sayyed Ferjani : L’étau se resserre autour d’Ennahdha

 

• Objet d’un mandat d’arrestation, Sayyed Ferjani, membre du Conseil de la Choura d’Ennahdha, entame «une grève sauvage de la faim».
• Ennahdha dénonce la décision relative à l’arrestation de Sayyed Ferjani et assure que ses dirigeants n’ont aucun lien avec l’affaire Instalingo.
• Rached Ghannouchi, déjà auditionné dans l’affaire Instalingo en tant que suspect, a été laissé en liberté et interdit de voyage

Un nouveau rebondissement dans «l’affaire Instalingo» pendante depuis plus de trois mois par-devant le Tribunal de première instance Sousse II : il s’agit d’un mandat de dépôt émis par le juge d’instruction en charge de l’affaire à l’encontre de Sayyed Ferjani, membre du conseil de la Choura d’Ennahdha et ancien membre du parlement dissous à l’issue de l’instauration par le Président Kaïs Saïed de mesures exceptionnelles le 25 juillet 2021.

Auditionné, mercredi 1er mars par le juge d’instruction près le Tribunal de première instance de Sousse II, Sayyed Ferjani a fait l’objet d’un mandat de dépôt décidé à son encontre par le même juge d’instruction, ce qui revient à dire en plus clair que l’architecte des finances d’Ennahdha comme l’affirment plusieurs acteurs du paysage politique national y compris parmi les dirigeants les plus influents d’Ennahdha sera jugé en détention, en attendant peut-être la décision que prendra la Chambre d’accusation au cas où les avocats de Sayyed Ferjani introduiraient un recours d’opposition par-devant la Chambre d’accusation demandant l’annulation du mandat de dépôt en question.

Pour le moment, les défenseurs de Sayyed Ferjani n’ont pas annoncé qu’ils vont s’opposer à la décision du juge d’instruction et se sont contentés de déclarer que le dirigeant nahdhaoui a décidé, aussitôt informé du mandat d’arrestation émis à son encontre, d’entamer une grève de la faim que son avocat Sabeur Laâbidi qualifie «de sauvage» dans une déclaration aux médias.

Et comme prévu et attendu, le parti Ennahdha n’a pas tardé à réagir, via, un communiqué public dans lequel il qualifie l’arrestation du membre du conseil de la Choura comme «s’inscrivant dans le cadre de la campagne de ciblage des opposants politiques ayant pour but de dissimuler l’échec du pouvoir en place dans la gestion des dossiers socioéconomiques, notamment après les derniers résultats des élections législatives».

Dans le même communiqué, le parti Ennahdha assure que ses dirigeants n’ont aucun lien avec la société Instalingo.

Mais quels sont les reproches faits à Sayyed Ferjani et a-t-il été arrêté uniquement pour le compte de l’affaire Instalingo ou son arrestation a un rapport quelconque avec l’affaire d’atteinte à la sécurité de l’Etat pendante par devant le pôle antiterroriste à Tunis ?

La réponse à cette question vient de l’avocat Samir Dilou qui assure la défense de plusieurs prévenus arrêtés dans l’affaire en question ou sont présumés comploter contre la sûreté de l’Etat, notamment, Kamel Ltaïef et Khayem Turki.

Il révèle, en effet, que «Sayyed Ferjani est accusé par un indicateur anonyme d’être en contact avec Kamel Ltaïef et qu’il est chargé de recruter des blogueurs, des policiers, des journalistes, des politiciens et des magistrats afin de soutenir le complot contre l’Etat».

Ghannouchi, entendu en tant que suspect

Mais pour revenir à l’affaire Instalingo ayant occupé le devant de la scène médiatique, plus particulièrement, à l’occasion de la comparution début novembre 2022 devant le juge d’instruction à Sousse de Rached Ghannouchi président d’Ennahdha, il est à rappeler que les Tunisiens ont découvert, à cette occasion, les dessous de l’affaire où sont impliqués 35 accusés dont dix en état d’arrestation.

Quant au président d’Ennahdha, il a déjà comparu par devant  le juge d’institution  à Sousse où il a été entendu, et laissé en liberté tout en étant informé qu’il est interdit de voyage avant que la justice ne dise son dernier mot dans l’affaire. Encore un rappel relatif à l’affaire Instalingo destiné à ceux qui semblent avoir  oublié que l’enquête se poursuit en attendant la clôture de l’instruction et l’aval par la Chambre d’accusation près le Tribunal de première instance Sousse II des accusations que le juge d’instruction va lancer à l’encontre des personnes sur lesquelles pèsent des soupçons d’implication dans  l’affaire a, en effet, éclaté en septembre 2021 quand sept personnes employées par une société de production située à Kalaâ Kébira (gouvernorat de Sousse) ont été arrêtées sur fond de suspicions d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Six parmi les sept prévenus ont été  placés en détention préventive, sur ordre du parquet puis auditionnés  et relâchés par  le juge d’instruction alors que trois autres suspects se trouvant à l’étranger ont été placées sur la liste des personnes recherchées.

Parmi les figures nationales ayant été citées dans l’affaire et entendues, on peut évoquer Rached Ghannouchi, entendu en tant que suspect selon son avocat Sami Triki et laissé en liberté mais interdit de voyage.

On peut aussi citer Adel Dadaâ l’ancien directeur du cabinet de Rached Ghannouchi et actuellement en fuite sans oublier Mohamed Ali Laroui l’ancien  porte-parole du ministère de l’Intérieur et président de l’Avenir sportif de Réjiche, actuellement détenu dans le cadre de la même affaire.

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