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Visite de travail du Chef du gouvernement en France : Consolider la coopération bilatérale et relever ensemble les défis géopolitiques

 

À l’invitation de son homologue français, Gabriel Attal, le Chef du gouvernement, Ahmed Hachani, effectue depuis le 28 février sa première visite de travail à Paris qui s’achèvera aujourd’hui, accompagné du ministre des Affaires étrangères, Nabil Ammar, et de la ministre de l’Économie et de la Planification, Feryel Ouerghi. Cette visite vise à consolider la coopération bilatérale entre les deux pays. La France et la Tunisie ont toujours été liées par une amitié indéfectible et ont toujours entretenu des relations privilégiées sur tous les plans.

La participation du ministre des Affaires étrangère ainsi que celle du ministre de l’Économie et de la Planification aux rencontres du Chef du gouvernement mettent en avant-plan la volonté de raffermir les liens d’amitié et les rapports de coopération entre les deux pays. C’est la nouvelle politique prônée par le locataire de Carthage favorisant le concept de la diplomatie économique.

Au programme de la visite du Chef du gouvernement durant les deux premiers jours, des rencontres avec le chef du gouvernement français et la diaspora tunisienne. Ahmed Hachani a également rencontré le président du Mouvement des Entreprises de France(Medef), Patrick Martin.

Le Chef du gouvernement s’est entretenu, hier à Paris, avec le Premier ministre français Gabriel Attal. Les discussions ont porté sur les liens historiques unissant les deux pays dans tous les domaines. «La Tunisie œuvre à consolider et diversifier ses relations», a souligné Hachani, confirmant par la même occasion qu’aucune partie ne peut porter atteinte aux liens qui unissent les deux pays, leurs fondements étant solides et immuables.

Des relations solides

Pour sa part, le Premier ministre français a indiqué que cette visite constitue une occasion propice pour mettre en avant la solidité des relations franco-tunisiennes, réitérant l’impératif de les renforcer en vue de relever les défis géopolitiques, économiques, culturels et ceux liés à la migration. Et d’ajouter que «les relations singulières qui unissent la Tunisie et la France dépassent tous les aléas. Elles dépassent même les hommes».

La Tunisie est un partenaire stratégique, a encore tenu à confirmer Gabriel Attal, qui a dévoilé, lors de cette rencontre, qu’il allait «remobiliser le dispositif français de garantie export qu’est « Export France » pour faciliter l’exportation de céréales françaises vers la Tunisie». A ce titre, il a insisté sur la nécessité de multiplier les visites et d’échanger les expertises dans les domaines d’intérêt commun, car il faudra également encourager les hommes d’affaires tunisiens et français à investir et à œuvrer pour réaliser le développement.

 Rencontre avec le président du Medef

Ahmed Hachani, a rencontré auparavant  le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin,  accompagné des membres de sa délégation. A ce propos, les opportunités bilatérales en matière de coopération et de partenariat ont été passées en revue. L‘accent a été mis sur la nécessité d’accroître les flux d’investissement entre les deux pays et de profiter du climat des affaires et des compétences susceptibles d’apporter une efficiente contribution dans le domaine des investissements, selon un communiqué publié par la Présidence du gouvernement.

Le Chef du gouvernement tunisien a, dans ce sens, relevé que les perspectives prometteuses d’investissement qu’offre la Tunisie ont fait d’elle une destination pour les investisseurs français qui y ont trouvé tous les avantages, à l’instar de la sécurité, la stabilité, une main-d’œuvre qualifiée, ainsi que les transports terrestre, maritime et aérien.

De son côté, le président du patronat français a fait part de l’entière satisfaction des sociétés françaises opérant dans notre pays, en raison du climat attractif de la Tunisie et a fait part de leur disposition à dynamiser l’investissement entre les entreprises privées des deux pays et consolider les liens par le biais de nouveaux projets  dans le cadre d’un partenariat bilatéral ciblant les marchés régionaux et africains.

La rencontre s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, de la ministre de l’Economie et de la Planification, de l’ambassadeur de Tunisie en France et du président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Samir Majoul. Par ailleurs, ce dernier a eu un entretien avec le président du Medef qui a été consacré au rôle deux organisations pour améliorer les relations économiques entre la Tunisie et la France et la nécessité de favoriser les opportunités d’investissement et de partenariat entre les représentants du secteur privé des deux pays, en se concentrant en particulier sur les secteurs à forte valeur ajoutée.

Hachani à l’écoute des doléances de  la diaspora tunisienne

En marge de cette visite, une autre rencontre a réuni le Chef du gouvernement, au siège de l’ambassade de Tunisie à Paris, avec des membres de la communauté tunisienne, dont en particulier des compétences résidant en France, relevant du secteur privé et des domaines de la science, de la technologie, de la culture et du tissu associatif, et ce en présence des deux  ministres ainsi que l’ambassadeur de Tunisie en France, Dhia Khaled.

Au cours de cette rencontre, le Premier ministre a mis en avant le rôle important  de la communauté tunisienne à l’étranger pour appuyer les efforts de développement de notre pays, et a salué son patriotisme, sa loyauté et son soutien indéfectible aux  intérêts tunisiens en France. Il a également mis en évidence la grande notoriété dont jouissent les compétences tunisiennes à l’étranger, soulignant à cet effet l’importance de les impliquer davantage dans les projets nationaux, tout en rappelant que la Tunisie a toujours investi dans le capital humain

De leur côté, les membres de la communauté tunisienne ont souligné leur détermination à contribuer au rayonnement de l’image de la Tunisie à l’international et ont affirmé leur entière disposition à mettre leur expertise au profit du pays. Ils ont appelé toutefois à modifier certaines lois qu’ils ont qualifiées de «restrictives», de créer des canaux de communication et de donner suite aux propositions qu’ils présentent dans divers domaines, jusqu’à ce qu’ils voient le jour.

La diaspora a bel et bien mis le doigt sur la plaie

Il faut rappeler que parmi les facteurs qui défavorisent les chefs d’entreprise tunisiens installés à l’étranger et qui ne sont pas non plus de nature à attirer les investisseurs étrangers, il y a lieu de citer la loi relative à l’organisation des transactions financières avec l’étranger et au code des changes. Heureusement, le gouvernement s’est penché sur cette question épineuse lors d’un récent Conseil ministériel.

L’objectif de ce projet de loi étant d’instaurer les principes de libéralisation de certains transferts liés aux paiements financiers entre la Tunisie et l’étranger et d’appuyer l’investissement, développer le système de change manuel et assurer la mise en place du statut d’opérateur de change agréé. Cela permettra  aux entreprises, notamment les start-up tunisiennes, d’effectuer des transferts vers l’étranger.

Cela étant, le climat de l’investissement se porte plutôt bien aujourd’hui, mais notre pays est appelé à faire mieux. A ce titre, on rappelle que le flux des investissements internationaux en Tunisie a atteint le montant de 2522,3 MTND à la fin de l’année 2023, enregistrant une hausse de 13,5% par rapport à 2022; 34,4% par rapport à 2021 et 33,7% par rapport à 2020, selon l’Agence de promotion de l’investissement extérieur Fipa-Tunisia.

La coopération tuniso-française en chiffres

La France a toujours été un partenaire stratégique de notre pays. Elle entretient avec la Tunisie des relations commerciales et financières privilégiées. Notre pays est de loin son premier client. «Au cours des 11 premiers mois de l’année 2023, la France est redevenue le premier partenaire commercial de la Tunisie (en montant d’échanges de biens), après avoir cédé cette place à l’Italie en 2022», souligne le ministère de l’Economie des Finances et de la Relance en France.

L’Hexagone reste le premier pourvoyeur d’IDE (environnement de développement  intégré) avec plus du tiers des flux entrants ces dernières années, porteurs de projets créateurs d’emplois (4 931 emplois créés en 2022). Malgré une baisse récente des flux entrants, selon la même source. 1 413 entreprises françaises emploient plus de 140 000 personnes en Tunisie. Le Président de la République Kaïs Saïed  s’est engagé, au cours de sa visite d’État en 2018, à doubler les investissements des entreprises françaises en Tunisie. Cet objectif ambitieux nourrit une coopération accrue entre les deux pays.

Récemment, l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a dévoilé les chiffres marquants de la coopération tuniso-française de l’année 2023 et les projets ambitieux prévus pour 2024. Avec une assistance à 15 000 personnes de la société civile via 25 associations au cours des deux dernières années, et plus de trois millions d’euros seront alloués en 2024 à des initiatives de coopération et d’action culturelle. La diplomate a salué l’impact de l’Agence française de développement (AFD), qui a approuvé des projets d’une valeur totale de près de 200 millions d’euros, destinés à soutenir les PME tunisiennes, à améliorer les quartiers populaires pour 215 000 habitants, à renforcer les capacités d’intervention de la Protection civile, et à soutenir le système éducatif.

Ahmed Ounaïes : une visite importante en temps de  crise

L’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Ounaïes explique dans une déclaration à notre journal l’importance de cette visite. Il est toutefois bien clair que dans le contexte actuel, notre pays traverse une crise économique. La participation de la ministre de l’Économie et de la Planification, Feryel Ouerghi, le confirme. Il a aussi évoqué les difficultés régionales observées entre les membres de la famille maghrébine.

Notre interlocuteur ajoute à ce propos que la France et les pays de la Méditerranée sont bien conscients de ces difficultés. Il est donc important de surmonter les difficultés intermaghrébines pour le bien de tous et de l’ensemble de la région, d’autant que les deux autres grands conflits, à savoir celui du massacre des Palestiniens à Gaza et la guerre en Ukraine, ne constituent pas un facteur susceptible d’accorder nos violons. 

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