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Tribune: L’Etat terroriste d’Israël doit payer cher ses crimes contre le peuple palestinien

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Par Abdoulaye BA   | Citoyen mauritanien,  observateur politique |

Le Hamas, mouvement de résistance islamique et fer de lance de la cause palestinienne, en déclenchant le 7 octobre 2023 une opération militaire de grande envergure et sans précédent contre l’ennemi sioniste, a sans doute mesuré la portée historique de son attaque surprise et évalué les conséquences dramatiques pour le peuple palestinien d’une riposte systématique et  tous azimuts de l’armée israélienne. Cela fait maintenant plus de quatre mois que le conflit dure, le bilan est déjà très lourd, des milliers de morts, de blessés, de disparus, beaucoup d’otages et de prisonniers, énormément de personnes déplacées, des dégâts matériels considérables, etc., un bilan hélas catastrophique pour la population de Gaza, comparativement à celui de l’ennemi. Le gouvernement israélien, ne se doutant pas du soutien de son principal allié, les Etats-Unis d’Amérique, confiant dans la puissance de son armée, convaincu du rapport de force qui lui est nettement favorable, refuse catégoriquement un cessez-le-feu, même s’il a accepté difficilement une trêve humanitaire d’une semaine. Son objectif ultime et avoué est d’éliminer le Hamas, de contrôler systématiquement le territoire de Gaza et de contraindre sa population à la soumission ou à l’exode.

Au regard des faits, la question qu’on est en droit de se poser est celle-ci : le Hamas n’a-t-il pas pris trop de risques en frappant durement Israël, un ennemi logiquement plus fort, des risques pour sa « survie » et des risques surtout de voir son peuple massacré ?

Une rétrospective historique du conflit israélo-palestinien est, à notre avis, à même de nous apporter des éléments de réponse, en nous inspirant des principaux événements suivants qui l’ont marqué :      

– La Déclaration Balfour du 2 novembre 1917 a ouvert la voie à la création de l’Etat d’Israël et semé les germes du conflit israélo-palestinien. Ce jour-là, Arthur James Balfour, chef de la diplomatie britannique, signe un texte qui affirme que « le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif et fera tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les juifs disposent dans tout autre pays ». Il s’agit là d’une décision historique prise par le gouvernement britannique dans un contexte particulier caractérisé par la fin de la Première Guerre mondiale (1914-1918) qui approche, la défaite quasi-certaine de l’Allemagne et de ses alliés, l’Autriche-Hongrie et notamment l’Empire Ottoman qui englobe la Palestine et dont l’effondrement va profiter au Royaume-Uni et à la France, puissances coloniales victorieuses.

En effet, après la fin de la guerre, précisément en 1922, la Société des Nations (SDN), l’ancêtre de l’ONU, décide de confier à la Grande-Bretagne deux mandats, « un mandat sur  la Palestine, territoire qui inclut à l’époque l’actuelle Jordanie et un autre sur l’actuel Irak ».   La France, quant à elle, reçoit « un mandat sur les territoires actuels de la Syrie et du Liban ». Il est bon de préciser que la SDN n’a fait qu’entériner quasiment un accord secret, « l’accord Sykes-Picot », négocié en 1916 entre Britanniques et Français et qui prévoit le démantèlement  de l’Empire Ottoman après la guerre et le partage de cette région moyen-orientale entre les deux alliés.

La déclaration Balfour fait la part belle aux Juifs

En cette fin d’année 1917, la Grande-Bretagne connaît des difficultés dans la guerre et n’est pas assurée d’en sortir victorieuse. Elle a besoin d’argent pour financer son armée. Elle se tourne alors vers les communautés juives d’Europe et d’Amérique pour obtenir des fonds des banques juives anglaises et américaines. A cette époque, le mouvement sioniste est déjà très influent au plan international (le terme « sionisme » vient du mont Sion, l’une des collines de Jérusalem). Né sous l’impulsion de Théodore Herzl, journaliste et homme politique juif austro-hongrois, organisateur en 1897 à Bâle du 1er Congrès sioniste qui donne naissance à l’Organisation sioniste mondiale, il prend de plus en plus de l’importance et la communauté juive devient une réalité incontournable pour les puissances qui s’engagent dans le premier conflit mondial en 1914. Lorsque l’Empire Ottoman entre en guerre en novembre 1914 contre la Triple-Entente (France, Grande-Bretagne et Russie) aux côtés des empires centraux allemand et austro-hongrois, l’Organisation sioniste voit dans une éventuelle défaite ottomane une possibilité d’accélérer l’implantation des juifs en Palestine. Son but est de donner un Etat au peuple juif dispersé dans le monde. C’est là tout le sens de la Déclaration Balfour, c’est-à- dire une lettre adressée au baron Lionel Walter Rothschild, chef de file de la communauté juive en Grande-Bretagne. On note déjà une convergence d’intérêts entre le mouvement sioniste, d’une part, qui obtient ainsi une garantie juridique internationale qui lui servira à légitimer 30 ans plus tard la création de l’Etat hébreu et, d’autre part, le Royaume-Uni qui cherche à canaliser à son profit les aspirations sionistes et à s’assurer le soutien des juifs de Palestine lors de ses campagnes militaires contre l’armée ottomane dans la région. Délibérément, la Déclaration Balfour a fait « la part belle » aux populations juives, pourtant très minoritaires à l’époque en Palestine, au détriment de celles arabes, largement majoritaires sur le territoire, lesquelles ne sont pas citées expressément dans le texte mais considérées comme étant des communautés non juives à qui on a également promis la sauvegarde de leurs droits civiques et religieux. Cette non-reconnaissance politique des Arabes suscite l’hostilité de l’Egypte et de la Syrie qui craignent que les juifs ne s’emparent de Jérusalem. La promesse britannique faite au Chérif de La Mecque, Hussein, de la création également d’un royaume arabe ne sera pas respectée. Dès lors, la rancœur et l’inquiétude se font sentir chez les Arabes, ce qui provoque de violents affrontements entre eux et les juifs. On peut ainsi dire que ce sont là les prémices du conflit israélo-arabe.    

– La guerre terminée, on assiste à une forte immigration juive en Palestine « sous mandat britannique », favorisée par les aspirations sionistes et encouragée par l’antisémitisme dont souffrent les juifs en Europe, notamment dans l’Empire Russe, ce qui naturellement va accentuer le climat de tension préexistant et amplifier les affrontements entre les nationalistes  palestiniens et les sionistes. Cette situation conflictuelle continuera de s’aggraver pendant toute la période de l’entre-deux-guerres (1918-1939). L’émigration massive de milliers de juifs européens (dont de nombreux survivants de l’Holocauste) vers la Palestine mandataire, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, va mettre la Grande-Bretagne dans une situation inextricable et l’obliger à s’en remettre à l’Organisation des Nations unies (ONU), l’héritière de la SDN, qui sera chargée de trouver une solution pour éviter un conflit sur le territoire. La solution proposée, c’est le plan de partage du 29 novembre 1947 : la Palestine mandataire est divisée en un Etat juif et un Etat arabe, et Jérusalem placée sous statut international. L’idée d’un Etat juif, qui est une réparation symbolique de la Shoah, résout la question des rescapés des atrocités du nazisme qui ne pouvaient pas ou ne voulaient pas retourner dans leur pays d’origine. Les populations arabes, par le biais de la Ligue arabe, s’opposent toutefois à ce partage de la Palestine, en rappelant qu’à aucun moment depuis les années 1920, la population locale n’a été consultée sur l’idée de constituer un foyer ou un Etat juif. Ce plan est voté à une majorité des deux tiers à l’ONU. Proclamé le 14 mai 1948, un jour avant l’expiration du mandat britannique, l’Etat d’Israël couvre environ 56% du territoire, les Palestiniens héritent des 44% restants, soit la bande de Gaza, sous administration égyptienne, et la Cisjordanie, intégrée au royaume de Jordanie. Mais la violence ne va pas tarder à s’installer. Dès le lendemain de la création d’Israël, la guerre civile éclate. Une grande partie des Palestiniens fuit ou est expulsée. Pour eux, c’est la « Nakba » c’est-à-dire la catastrophe, et surtout une fuite et un exode forcé vers l’Egypte, le Liban, la Syrie et la Jordanie. Quand les pays arabes limitrophes, l’Egypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie et l’Irak, entrent en guerre contre l’Etat hébreu, sous l’autorité de la Ligue arabe, la situation territoriale et démographique a déjà changé, l’Etat sioniste contrôle dorénavant 77% du territoire. L’année suivante est d’ailleurs marquée par la victoire d’Israël sur la coalition arabe. Un cessez-le-feu est déclaré entre les parties prenantes au conflit. La Jordanie prend le contrôle de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, l’Egypte contrôle la bande de Gaza. Les lignes de cessez-le-feu deviennent, quant à elles, les frontières d’Israël, plus favorables que celles du partage de l’ONU. Pour le peuple palestinien, la guerre civile est hélas perdue avant qu’elle ne commence réellement.

Les accords de Camp David

– La première guerre israélo-arabe (15 mai 1948-10 mars 1949) est très riche en enseignements qui permettent, d’une part, de mieux comprendre la tournure historique prise par le conflit et, d’autre part, de pouvoir s’interroger sur les conditions de son issue finale.

Tout d’abord, les enseignements historiques essentiels à retenir sont :

+ Le mouvement sioniste, qui est à la base de la création de l’Etat d’Israël, est sorti victorieux de la première guerre qui l’a opposé au nationalisme arabe et veut consolider sa mainmise sur le territoire. Pour cela, il s’est donné progressivement, dès son avènement, les moyens de parvenir à ses fins. Tout d’abord, il a réussi à convaincre la communauté juive d’Europe que la restauration de la patrie pour le peuple juif de Palestine et de la diaspora est la concrétisation de l’idée selon laquelle la terre d’Israël fut promise par Dieu au patriarche hébreu Abraham et à sa descendance, ceci reste à prouver. Ensuite, il a réussi à s’assurer de l’adhésion de la Grande-Bretagne à son projet, et la Déclaration Balfour en est la parfaite illustration. Enfin, il a réussi à tirer profit du contexte de l’époque, marqué surtout par le génocide des juifs d’Europe par les nazis, pour prouver que l’aspiration sioniste à la création d’un Etat juif en Palestine est tout à fait légitime.

+ L’échec des nationalistes arabes dans ce conflit est logique. Face à un ennemi déterminé et mieux préparé, ils n’avaient pas les moyens de leurs objectifs. L’opposition à la création de l’Etat d’Israël s’est faite en l’absence d’une organisation politique palestinienne unifiée, bien structurée et avec de véritables leaders. Il n’y a pas eu au préalable un accord concerté sur un objectif clair et bien défini entre les nationalistes palestiniens et la coalition des Etats arabes. En cas de victoire contre l’ennemi sioniste, quel Etat créer ? Un Etat palestinien indépendant ou une Confédération arabo-palestinienne ? Les nationalistes arabes n’ont pas également bénéficié de soutien à l’échelle internationale, autrement leur opposition à la décision onusienne de partage de la Palestine n’allait pas être vaine. La faiblesse militaire des armées arabes, « l’incapacité » des Britanniques de respecter les promesses faites aux nationalistes palestiniens…, voilà autant de raisons qui expliquent la défaite des Arabes et la victoire des sionistes.

+ Ce rapport de force en faveur de l’Etat d’Israël, au lendemain de la guerre de 1948, va s’accentuer, quasiment durant tous les conflits qui vont se succéder. En 1956, la deuxième guerre israélo-arabe a lieu après la nationalisation du canal de Suez par l’Egypte. Israël, le Royaume-Uni et la France forment une alliance et l’Etat juif occupe la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï. L’armée israélienne, sous la pression des Etats-Unis et de l’ex-Urss, finit par retirer ses troupes. En 1959, Yasser Arafat et ses partisans créent dans la clandestinité au Koweït l’Organisation palestinienne Fatah qui deviendra par la suite la principale composante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) fondée en 1964 à Jérusalem par la Ligue des Etats arabes, un mouvement qui regroupe toutes les organisations palestiniennes de l’intérieur et des camps de réfugiés à l’extérieur. La troisième guerre israélo-arabe, ou guerre des Six-Jours, entre le 5 et le 10 juin 1967, marque un tournant historique dans le conflit. Déclenchée par Israël qui obtient une nette victoire sur les pays arabes voisins (Jordanie, Egypte et Syrie), elle se termine par un redécoupage de la carte du Moyen-Orient. L’Etat sioniste s’empare de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, de la bande de Gaza et de la péninsule du Sinaï, et du plateau du Golan. La quatrième guerre, celle de 1973, lancée par l’Egypte et la Syrie pour reconquérir le Sinaï et le Golan, ne changera pas la situation issue du conflit précédent. Le gouvernement égyptien renonce par la suite de poursuivre la guerre et choisit de faire la paix avec Israël. En 1978, le président Anouar el-Sadate et le Premier ministre Menahem Begin signent le 17 septembre les accords de Camp David aux Etats-Unis. L’Egypte récupère le Sinaï et devient le premier pays arabe à reconnaître l’Etat d’Israël. La Jordanie normalisera bien après ses relations avec l’Etat hébreu en signant un traité de paix avec Israël le 26 octobre 1994. La Syrie par contre n’a pas établi de relations avec Israël qui occupe toujours le plateau du Golan. Cette période marque ainsi la fin des guerres israélo-arabes au sens strict du terme.

+ Le Leader Yasser Arafat, bien avant la guerre des Six-Jours et la défaite des armées arabes, et durant déjà la crise du canal de Suez, a vite compris que les dirigeants arabes sont incapables de libérer la Palestine. D’ailleurs, l’Organisation Fatah a été créée dans le but d’établir un Etat palestinien recouvrant les territoires d’Israël. Elle se fonde sur l’idée que la libération de la Palestine est avant tout l’affaire des Palestiniens et ne saurait être confiée aux régimes arabes ou rapportée à une problématique d’unité arabe. Elle préconise pour cela la lutte armée contre l’Etat hébreu. Entre 1964 et 1985, l’OLP, sous la direction de Yasser Arafat, va mener une lutte implacable contre l’occupant sioniste. Vu le contexte particulier du conflit, ne disposant pas d’une armée régulière et de véritables bases arrière, l’OLP opte pour une guerre multiforme, intra et extraterritoriale dont le but est de s’attaquer aux intérêts sionistes partout dans le monde, de porter des « coups fatals et mortels  » à l’ennemi en procédant par des attaques surprise. La réalisation de cet objectif a nécessité d’une part la mobilisation de tous les fedayin à l’intérieur et à l’extérieur du territoire et bénéficié d’autre part du soutien politique, financier et militaire des pays voisins impliqués et de l’ex-Urss (désormais acquise à la cause palestinienne). Cette stratégie de lutte lui a valu de multiples succès (détournements d’avions, prises d’otages, sabotages, attentats, opérations kamikaze…) mais aussi de sérieux revers (tels que « le Septembre noir » de 1970 en Jordanie et le massacre de Sabra et Chatila en 1982 au Liban…). Elle va toutefois provoquer de sérieuses dissensions au sein de l’OLP entre le Fatah et les organisations les plus radicales, au point d’être désapprouvée par la Ligue arabe, son principal soutien, et condamnée au plan international.

N.B: L’opinion émise dans cette tribune n’engage que son auteur. elle est l’expression d’un point de vue personnel

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