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Tahri : le pouvoir en place n'accepte plus les avis différents

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Le porte-parole de l’UGTT, Sami Tahri, a indiqué que Marco Perez Molina, chargé de la coopération avec l’Afrique et l’Asie au sein de la CEC UGT Espagne, s’était rendu en Tunisie pour exprimer son soutien et celui de son organisation à la centrale syndicale, notamment en raison des récentes atteintes au syndicalisme. Sami Tahri a évoqué les arrestations et les poursuites en justice contre plusieurs militants de l’UGTT et les atteintes au dialogue social.

Invité le 3 mars 2023 de par Manel Gharbi à « Expresso » sur Express Fm, Sami Tahri a affirmé d’un ton sarcastique que Marco Perez Molina n’avait pas apporté avec lui des explosifs ou un engin nucléaire. Il a indiqué que sa participation à la manifestation était symbolique. Il a ajouté que la délégation en question devait inclure des représentants de syndicats belges et français et le secrétaire général de la Confédération syndicale internationale.

« Le gouvernement nous a indiqué que la Tunisie n’acceptera pas l’entrée de syndicalistes en Tunisie. Nous avons été notifiés par le ministre des Affaires sociales (Malek Zahi). On nous a demandé de prier nos invités de ne pas venir en Tunisie. Nous avons refusé cela. Nous avons vécu la première expérience d’interdiction avec le camarade Marco. Il a été refoulé sans explications. Il s’agit d’un refoulement pour des raisons sécuritaires. Il n’a même pas été fouillé… Il s’agit d’une atteinte à la Tunisie. On ne supporte plus les critiques. L’espace démocratique est en train de rétrécir… Ceci signifie que le pouvoir en place n’accepte plus les avis différents du sien… Il s’agit d’une atteinte à la Tunisie, au syndicat, mais aussi aux syndicalistes étrangers », a-t-il déclaré.

Sami Tahri a indiqué que l’UGTT avait publié un communiqué dénonçant cette décision et affirmant qu’il s’agissait d’une atteinte aux droits et aux libertés et d’une mesure illégale. Le refoulement d’Esther Lynch et de Marco Perez Molina démontre, selon lui, un ciblage du mouvement syndical. Il a indiqué qu’une conférence de presse aura lieu à Bruxelles et qu’il s’agissait d’un fiasco pour la Tunisie. « Nous avons milité pour la révolution et la liberté. Ceux qui ont gouverné n’ont rien fait pour parvenir à cela. Ils se contentaient d’observer ou encore de servir les intérêts de l’ancien régime… Nous allons convoquer une réunion de l’instance administrative…Nous prendrons une série de mesures en guise de réponse à cette décision illégale et à ces atteintes à l’UGTT », a-t-il poursuivi.

Sami Tahri a fortement critiqué la circulaire publiée par le ministre de la Santé au sujet de la participation à des activités organisées par des instances étrangères, des organisations ou des associations. Il a qualifié la chose d’atteinte grave et a appelé au retrait immédiat de la circulaire. « Un ouvrier devrait, donc, demander l’autorisation du ministre de la Santé pour se rendre à une réunion organisée par l’UGTT… Il s’agit d’une décision de personnes, soit incapables de gouverner, soit amateurs, soit autoritaires… Il doit s’excuser ! C’est un véritable fiasco ! », s’est-il exclamé.

Sami Tahri a indiqué que la manifestation prévue pour le samedi 4 mars 2023 prendra pour point de départ la place Mohamed Ali Hammi. Il a indiqué que toute personne voulant manifester pour protéger et défendre la Tunisie, l’UGTT et les droits et les libertés était la bienvenue et pouvait y participer. Revenant sur la question des réformes, le porte-parole de l’UGTT a indiqué que le gouvernement refusait de débattre au sujet de la levée des compensations et de la privatisation des entreprises étatiques. Il a estimé que le gouvernement cherchait à mettre en œuvre les instructions émanant du Fonds monétaire international. Il a mis en garde contre la levée des compensations en temps de crise économique, de la hausse des prix et de la faiblesse du pouvoir d’achat.

Sami Tahri a estimé que le gouvernement cherchait intentionnellement à causer la perte des entreprises publiques. Certaines décisions visent à les céder à faible prix. Il a cité l’exemple du non-versement des compensations à la Société des transports de Tunis. Il a évoqué plusieurs exemples d’entreprises étatiques ayant été cédées à des acteurs du secteur privé. Le gouvernement, selon lui, cherche à appliquer des solutions ayant montré leur inefficacité.

Sami Tahri est revenu sur l’accord des augmentations salariales. Il a indiqué que la signature de cet accord a eu lieu malgré les faibles taux proposés en raison de la détérioration de la situation des finances publiques. Il s’agissait d’une mesure visant à freiner la crise.

« Nous vivons une crise complexe… La situation s’est dégradée… Nous revivons une situation basée sur la bipolarité… Nous allons retourner vers les batailles de 2012 et 2013… Nous sommes partagés entre patriotes, traîtres et agents… À l’approche du mois de ramadan, nous allons observer une hausse des prix… Des milliers d’entreprises, notamment les PME, ont fermé boutique ou travaillent en veilleuse en raison de l’absence d’investissement… Le pouvoir en place vit dans une tour d’ivoire et parle de souveraineté nationale… La levée des compensations est un ordre émanant du FMI. La privatisation des entreprises publiques est un ordre du FMI », a-t-il déclaré.

 

S.G

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