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Samia Abbou : le chef de l'État n'a jamais dit que son mandat prenait fin en 2024

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La députée et figure du parti Attayar, Samia Abbou, a déploré l’absence d’avancement au niveau du dossier de l’assassinat de Chokri Belaïd. Elle a estimé que ce dossier était devenu un outil de marchandage et de propagande lors des campagnes électorales. « Qu’est ce qui empêchait le président de la République, Béji Caïd Essebsi, de faire avancer les choses ? Ils ont accusé le mouvement Ennahdha avant les élections pour s’allier à eux par la suite », a-t-elle déclaré.

Invitée le 6 février 2023 par Malek Khaldi à La Matinale sur Shems FM, Samia Abbou a considéré que la magistrature n’était pas indépendante. Elle est, selon elle, victime de harcèlement et de pressions politiques. Elle a indiqué que même du temps de Noureddine Bhiri, ancien ministre de la Justice et figure du mouvement Ennahdha, des magistrats avaient été révoqués.

« Depuis le temps de Ben Ali, rien n’a changé. Le système est le même : être au pouvoir, y rester, nommer mes soutiens, accorder des avantages à une certaine partie… L’outil de révocation utilisé représente, à lui seul, une forme de chantage… Les magistrats n’ont plus à subir des pressions ou à recevoir des instructions directes. Ils savent comment trancher dans certains dossiers suivis par le pouvoir… Avant, certains dossiers étaient enfouis en raison des instructions politiques… L’indépendance de la magistrature est un élément essentiel à la transition démocratique… Même l’investisseur aura confiance en ce pays », a-t-elle ajouté.

 

Samia Abbou a considéré que le chef de l’État, Kaïs Saïed, devait partir. Elle a affirmé que les décisions du président n’étaient pas à la hauteur des sacrifices. Elle a évoqué une renonciation à certains principes dans le cadre de l’annonce des mesures exceptionnelles. Elle a considéré qu’il n’y avait pas de différence entre lui et ceux qui l’ont précédé. Elle a appelé à la tenue d’élections présidentielles anticipées en raison de la promulgation d’une nouvelle constitution. Elle a expliqué que les prérogatives qu’il exerçait ne lui étaient pas accordées en vertu de la constitution de 2014.

« Selon les dispositions transitoires, le président de la République continuera à émettre des décrets et à appliquer le décret n°117 jusqu’à la création d’un nouveau parlement. La constitution n’évoque pas la question de la présidence. Elle ne précise rien à ce sujet. On ne sait pas quand le mandat du président a commencé. On parle de la fin de ce dernier en 2024, mais sur quelle base ? On fait circuler cette information comme s’il s’agissait d’une réalité. Qui a dit ça ? Il exerce selon la constitution de 2022. Il ne peut pas faire appel à la légitimité de la constitution de 2014 en même temps que celle de 2022… Le président n’a jamais annoncé que son mandat prenait fin en 2024… Il a la possibilité, selon la constitution de 2022 de prolonger son mandat. Il lui suffit d’annoncer l’état d’exception et de constater un péril imminent », a-t-elle affirmé.

Samia Abbou a expliqué que Kaïs Saïed était la seule personne habilitée à procéder à cela. Elle a demandé aux médias de donner la parole aux experts et spécialistes en droit constitutionnel afin d’expliquer la situation. Elle a critiqué sa politique de passage en force notant qu’il s’était octroyé les pleins pouvoirs en raison du soutien de l’armée et celui de la police. Elle a rappelé que les participants à la consultation électronique avaient demandé une révision de la constitution et non la promulgation d’un nouveau texte. Elle a, également, affirmé que le chef de l’État a adopté un texte qu’il avait lui-même rédigé et avait mis de côté les propositions de la commission nationale consultative pour une nouvelle République. Elle a déploré les nombreuses fautes accompagnant le premier projet publié lors de la campagne référendaire.

Samia Abbou a estimé que les manœuvres politiques ont conduit le pays à la dérive. Elle a estimé qu’il n’y avait pas de véritable vie politique, mais une guerre autour de la maîtrise du système de Zine El Abidin Ben Ali. Il s’agit d’une guerre visant à avoir le contrôle sur l’administration et sur les institutions de l’État. Elle a considéré que l’annonce des mesures exceptionnelles à la date du 25 juillet 2021 par le président de la République, Kaïs Saïed, aurait pu représenter un changement de paradigme.

« Le prochain parlement sera fragmenté et dépourvu de pouvoir… Le parlement représente l’un des trois pouvoirs en raison de ses prérogatives législatives et fondamentalement de contrôle. Sans contrôle, il n’y a pas d’équilibre entre les pouvoirs… Ce dernier a été totalement annulé… Aucun élu ne pourra contrôler l’activité gouvernementale, faire son travail et dire les choses telles qu’elles sont tout en étant menacé d’être poursuivi pour diffamation ou de voir son immunité levée… Aucun député ne pourra voter selon ses convictions et rester libre en raison du mécanisme de révocation. Si ce mécanisme existait en 2014, seuls les contrebandiers et les corrompus seraient restés au parlement », a-t-elle dit.

Concernant la composition de la prochaine Assemblée des représentants du peuple, elle a assimilé les législatives à des élections municipales. Chaque candidat, selon elle, aurait fait des promesses relatives à sa région. Elle a pointé du doigt le manque de cohésion entre les élus. Elle a conclu que la prise de décision sera assez difficile à faire. Elle a assuré que l’ancienne assemblée fonctionnait normalement malgré les rivalités politiques en raison de l’existence des blocs parlementaires. Elle a expliqué qu’elle se conformait à la position adoptée par le bloc.

 

 

« Celui qui a cherché à ne pas créer une cour constitutionnelle a subi les conséquences de cette décision. Je me rappelle que durant la législature de 2013-2019, Ennahdha, Nidaa tounes, l’Union patriotique libre et Afek Tounes représentaient plus de 170 députés. Ennahdha et Nidaa tounes avaient cumulé plus de 145 élus. Ils auraient pu faire passer une cour constitutionnelle, mais ils n’ont pas voulu le faire… Un bloc de 45 députés ne sert à rien dans le prochain parlement… La création d’un bloc par l’initiative « Pour que peuple triomphe » n’est pas une victoire… Nous avions, dans le passé, plusieurs blocs », a-t-elle poursuivi.

Samia Abbou a affirmé que la nouvelle constitution permettait la mise en place des commissions populaires et que chaque groupe de citoyens pouvait créer une structure similaire. Elle a qualifié la chose de très grave. Elle a assuré que le chef de l’État n’était pas différent de ceux qui ont gouverné avant le 25 juillet. Elle a évoqué une mauvaise gouvernance et un népotisme flagrant. La Tunisie, selon elle, ne peut sortir de la crise actuelle qu’en se soumettant aux pressions des bailleurs des fonds tels que le Fonds monétaire international. Elle a estimé que le chef de l’État s’est engagé dans une guerre contre l’UGTT afin de provoquer sa colère avant la mise en place des réformes qu’il finira par appliquer.

S.G

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