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Pouvant atteindre 11 % cette année : L’inflation toujours en hausse

 

Les faibles perspectives de la production de plusieurs produits, notamment maraîchers, fortement touchés par le stress hydrique persistant, ainsi que la hausse des coûts de production et de distribution, pourraient entraver une décélération rapide du taux d’inflation des produits alimentaires frais.

Les récentes prévisions à moyen terme laissent entrevoir des niveaux élevés des prix à la consommation en perspective. Elles tablent sur un taux d’inflation moyen de 11% en 2023 et de 8,9% en 2024, et ce, après 8,3% pour toute l’année 2022, selon la note sur les évolutions économiques et monétaires et les perspectives à moyen terme publiée, hier, par la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Par principale composante, on s’attend à ce que l’inflation des produits administrés évolue à des niveaux historiquement élevés, de 15,5% en 2023 et de 12,8% en 2024, après 6,3% pour l’ensemble de l’année 2022. L’accélération de cette composante de l’inflation trouve son origine, notamment, dans les hausses attendues des prix administrés prépondérants (alimentation, énergie et services).

En effet, le programme de réforme de la caisse de compensation (2023-2026) prévoit des ajustements sensibles des prix administrés des produits alimentaires accompagnés de transferts monétaires (cash transferts).

Egalement, le maintien des prix internationaux des produits de l’énergie à des niveaux élevés et l’absence d’espace budgétaire devraient occasionner des ajustements fréquents des prix de l’énergie. En outre, les effets (directs et indirects) des augmentations attendues des prix de l’énergie (carburants, électricité et gaz naturel) devraient avoir des incidences sur les prix des autres produits et services administrés dans les années à venir.

Quant à l’inflation des produits alimentaires frais, les récentes prévisions laissent entrevoir une atténuation graduelle du taux d’inflation, pour revenir de 14,1% en 2022 à 11,1% en 2023 et à 7% en 2024.

Les pressions maintenues sur la trajectoire de l’inflation

Les faibles perspectives de la production de plusieurs produits, notamment maraîchers, fortement touchés par le stress hydrique persistant, ainsi que la hausse des coûts de production (dont une grande partie des intrants est importée) et de distribution (répercussion de la hausse des prix de l’énergie), pourraient entraver une décélération rapide du taux d’inflation des produits alimentaires frais.

Pour sa part, l’inflation sous-jacente, mesurée par l’indice des prix à la consommation hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés, devrait se maintenir sur une tendance haussière graduelle sous l’effet des pressions inflationnistes provenant essentiellement de ses principaux déterminants. En particulier, la diffusion des hausses antérieures importantes des prix internationaux des produits de base vers les prix à la consommation pourrait se poursuivre dans les mois à venir. A ces effets, s’ajouterait l’impact des effets des hausses des coûts de l’énergie. Egalement, l’envolée de l’inflation chez les principaux partenaires commerciaux de la Tunisie devrait continuer de transiter à travers les importations des produits de consommation vers les prix domestiques. De plus, l’augmentation des coûts salariaux est de nature à entraver une décélération rapide de l’inflation sous-jacente (hausse récente du salaire minimum interprofessionnel garanti SMIG de 7%, en octobre de 2022).

En outre, le renforcement graduel de la demande de consommation, soutenue par la hausse des salaires, maintiendrait les pressions sur la trajectoire de l’inflation sous-jacente.  En moyennes annuelles, le taux d’inflation sous-jacente passerait de 7,9% en 2022 à 9,2% en 2023 avant de revenir à 7,7% en 2024.

Au vu des risques entourant la stabilité des prix, le Conseil d’administration de la Banque centrale a décidé, lors de sa réunion tenue le 30 décembre 2022, de relever le taux directeur de 75 pbs à 8%. En conséquence, les taux de la facilité de dépôt et de prêt marginal à 24 heures ont été portés respectivement à 7% et 9%. Par ces actions, le Conseil d’administration veut freiner l’ascension rapide des prix et ramener l’inflation à des niveaux soutenables à moyen terme.

Egalement, le Conseil d’administration a décidé de relever le taux minimum de rémunération de l’épargne de 6% à 7%, et ce, afin de stimuler l’épargne et préserver les intérêts des petits épargnants.

Pour la période à venir, on s’attend à ce que la politique monétaire continue à faire face à des risques inflationnistes haussiers. La Banque centrale, dont le mandat est de préserver la stabilité des prix, resterait vigilante quant à l’évolution de l’inflation durant la période à venir, et ne ménagerait aucun effort pour assurer sa décélération, en usant de tous les instruments mis à sa disposition.

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