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Handball – CAN | En marge de la sortie aux portes de la finale : De sérieuses prémices

 

Le pays organisateur, l’Egypte, était le favori logique de cette édition de la CAN, ce qui lui permettra de noter sur son palmarès qu’il a remporté pour la 3e fois consécutive la Coupe d’Afrique.

Ne passons pas sous silence les calculs faits par l’organisateur pour priver l’équipe de Tunisie de la finale et même remettre en  question sa participation au tournoi qui sera  organisé pour désigner un second représentant africain aux J.O. Aujourd’hui, le-représentant tunisien jouera pour la troisième place contre le Cap-Vert, battu par l’Algérie (32-26) en demi-finale, ce qui lui donnera la possibilité de disputer ce tournoi dont on ignore encore le lieu.

Une candidature ?

Ce faisant, c’est une occasion de déposer une candidature pour l’organiser en Tunisie. Mais bien entendu à condition de le préparer soigneusement en y consacrant les moyens. Les organisateurs égyptiens ont tout fait pour que cette consécration ne leur échappe pas. Comme d’habitude, ils ont une peur bleue des équipes maghrébines, qui leur ont toujours donné du fil à retordre. Notamment la Tunisie qu’ils connaissent bien, à force de l’étudier pour se prémunir face à un adversaire pour lequel ils prédisaient une renaissance rapide après la débâcle essuyée en Pologne. Nous avons eu l’occasion de voir les Pharaons  face à l’Angola. Et nous l’avons revue devant une équipe tunisienne en devenir. Nous gardons la même impression : leur jeu est pour ainsi dire stéréotypé et ce sont toujours les mêmes schémas de comportement sur le terrain. Ils comptent surtout sur deux bons gardiens, rapides à la relance et une présence physique imposante. Pour le reste, ils sont prenables. Mais assurément pas avec le genre de préparation  que nous  consacrons à ces grands événements.

Une meilleure seconde mi-temps

Lors de leur rencontre contre la Tunisie, ils ont largement profité du rythme «imposé» par leurs adversaires, et se sont retrouvés dans l’obligation de suivre et de peser là où ils excellaient. Encore une fois, c’est la défense qui a perdu les pédales. Elle n’arrivait pas à asseoir son dispositif et au lieu de calmer le jeu, pour priver son adversaire du ballon, elle a contribué à l’affoler. Et comme pour donner raison à ceux qui pensent que les recommandations aux joueurs se font avant l’entame du jeu, ils ont pris en main la rencontre et ont imposé ces chevauchées à bride abattue. Nous avons vu le sélectionneur leur demander de retenir la balle et de jouer en jeu placé, pour réduire le temps de possession du ballon des mains de leurs adversaires. Ils n’ont compris que lorsqu’on le leur a expliqué aux vestiaires, que cette façon de jouer servait les intérêts de leurs adversaires. Cet aspect de la question assimilé, nous avons assisté à une toute autre rencontre en seconde période. La défense s’est convertie en quatre-deux orienté, ce qui a énormément gêné les Egyptiens et l’attaque  a, en jouant placé, perdu moins de balles et gagné plus de temps qu’en essayant de partir systématiquement en contre attaques ratées. Cela revient à dire qu’avec Dermoul qui vaut au moins cinq buts et deux ou trois tournois dans les bras, cette finale avant la lettre aurait pris une toute autre tournure. Ce n’est point un raisonnement émis sur une terrasse de café. L’équipe que nous avions vue en seconde période maîtrisait parfaitement son sujet. Elle s’est convenablement comportée en défense avec une défense individuelle flottante dirigée sur le porteur du ballon et une recherche systématique d’un temps d’avance au niveau de la balle mortelle, celle que l’on sort pour finir le travail. Zein, l’organisateur égyptien, s’est retrouvé perdu dans cette stratégie appliquée par les tunisiens à leur retour des vestiaires. Les deux équipes ont marqué treize buts chacune en seconde période. Et n’étaient les cinq buts pris en première  mi-temps, avec une entame de match catastrophique, cela aurait été un tout autre match.

L’équipe égyptienne a fière allure

Soyons quand même logiques : l’équipe égyptienne a fière  allure. Elle est solide, bien en souffle, assez mûre tactiquement, mais tel que constaté lors du match livré aux Angolais, elle est en dette de variation du jeu. Elle répète les mêmes mouvements, emploie les mêmes points  de déclenchement de ses accélérations, compte surtout sur ses deux gardiens qui sont très bons et sûrs dans la relance et sur le poids physique de ses éléments. Et cela compte énormément en handball. Au terme de cette rencontre, nous avons eu la possibilité d’étalonner notre équipe. C’est à notre sens le plus important, car les conclusions se font à partir de la comparaison que l’on peut établir par rapport à un adversaire crédible et le «sept» égyptien l’est. Nous sommes en possession d’une formation d’avenir. Considérant sa moyenne d’âge, elle est en mesure d’aller loin. A la condition formelle de lui fournir les moyens pour participer à des tournois de qualité. Les protocoles signés avec la France notamment pourraient lui ouvrir les portes de ces compétitions de haut niveau, qui lui permettront d’aller fréquemment au charbon pour s’aguerrir et gagner en expérience. Mais pour tout cela, il ne faudrait pas faire des économies de bouts de chandelles. Il faut trouver des fonds, des adversaires crédibles et des joueurs disponibles. C’est une toute autre histoire.

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