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Gilles Martignac : le groupe Castel est extrêmement satisfait des résultats de la SFBT

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Gilles Martignac : le groupe Castel est extrmement satisfait des rsultats de la SFBT

 

Malgré une année 2022 délicate avec une hausse des cours et des pénuries de certaines matières premières qui ont causé même des arrêts de production de quelques jours, la SFBT a su tirer son épingle du jeu en réalisant de belles performances. La société compte poursuive sur cette lancée en 2023, même si cette situation perdure et que le fait d’avancer des prévisions demeure assez ardu.

 

C’est ce qui ressort de l’Assemblée générale ordinaire (AGO) de la Société de fabrication des boissons de Tunisie (SFBT) tenue, mardi 16 mai 2023 à l’Institut arabe des chefs d’entreprises, sous la houlette de son président du conseil d’administration Gilles Martignac et de son directeur général, Mustapha Abdelmoula.

 

 

Au début de cette assemblée, Gilles Martignac a tenu à rendre hommage à l’ancien président du conseil feu Hammadi Bousbia, décédé en décembre 2022, en obervant une minute de silence.

Mustapha Abdelmoula a, pour sa part, voulu aussi rendre hommage à sa façon au défunt avec lequel il a travaillé 42 ans et cela en rappelant ses accomplissements et les performances financières réalisées depuis que M. Bousbia avait pris les commandes du groupe. Ainsi, il a indiqué, dans ce cadre, que la capitalisation boursière était de 3,6 millions de dinars (MD) alors qu’elle se situe actuellement 3,22 milliards de dinars soit un multiplicateur de 894. Le résultat net a, quant à lui, grimpé de 400.000 dinars à 232 MD pour l’individuel et 271 MD pour le consolidé. Les emplois sont passés, pour leur part, de 400 à 6.000 en moyenne, grâce au développement de la société et de ces filiales.

 

S’agissant des performances 2022, comme à son accoutumée, la SFBT a réalisé globalement de bons résultats et ce, bien que la conjoncture soit de plus en plus difficile. Les actionnaires qui auront droit, cette année, à un dividende de 0,74 dinar par action mise en paiement à partir du 31 mai 2023. « En dépit d’un environnement délicat, les résultats de la SFBT sont en tout point exceptionnels pour l’année 2022 », a affirmé M. Martignac.

 

La société affiche ainsi un résultat net en hausse de 4,24% de 232,47 MD fin 2022 contre 223,02 MD fin 2021, malgré 33,22 MD d’impôt et 6,64 MD de contribution sociale solidaire.

Le DG a précisé que la sortie de la pandémie a été favorable aux activités de la société, grâce à la réouverture des restaurants, des bars, des hôtels et la reprise progressive de l’activité touristique. Il a aussi noté que les températures élevées du quatrième trimestre ont permis de rattraper les quantités perdues en été et d’enregistrer une progression pour les boissons gazeuses.

Ainsi, les revenus de la société ont atteint 813,13 MD, en hausse de 11,3%. Le plus gros du chiffre d’affaires est réalisé par la bière (554,92 MD, en hausse de 10,41%), suivi par les boissons gazeuses (165 MD, en hausse de 7,94%). Des performances accomplies malgré les pénuries de matières premières.

« Nous avons souffert, au cours de 2022, de la pénurie de sucre, notamment pendant la haute saison. De plus, nous avons subi une rupture de livraison de CO2 suite à la décision de l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap) de fermer à partir du 1er octobre le seul puits de CO2 en Tunisie pour des problèmes de maintenance. La société a donc été contrainte de réduire le nombre des équipes de production afin de s’adapter aux quantités de CO2 disponibles produites par les sociétés du groupe, en attendant le CO2 importé d’Algérie qui a commencé à être livré le 9 novembre 2022 et que nous continuerons à utiliser jusqu’au démarrage du puits de l’État qui était initialement prévu pour fin mars 2023 », a indiqué le DG. Et de spécifier que la société continue actuellement à importer de l’Algérie au double du prix pratiqué en Tunisie et qu’elle espère que le problème sera résolu d’ici fin juin comme annoncé.

 

 

Sur ce même volet, et en réponse sur une interrogation sur les tendances des cours des matières premières, Mustapha Abdelmoula a indiqué que le prix de certaines matière est en baisse, notamment pour le malt en 2023, aussi pour l’aluminium en légère baisse et la résine qui a enregistré une baisse intéressante.

Par contre, le prix du sucre a augmenté, depuis un mois et demi, a-t-il soutenu. Et de préciser dans ce cadre : « Nous avons répercuté immédiatement le prix du sucre, car c’est une matière qui pèse énormément, en particulier pour les boissons gazeuses ».

Gilles Martignac a renchéri : « À certains moments de l’année dernière, ne se posait pas la question de savoir à combien on allait acheter le malt, mais si la SFBT pourrait en avoir suffisamment. La guerre en Ukraine a provoqué un déséquilibre et des turbulences extraordinaires sur le marché de l’approvisionnement en matière première, sur le blé et sur d’autres intrants mais le malt a été terriblement déstabilisé.

On voit une tendance baissière mais clairement le cours du malt et des céréales en général ne reviendront pas à leurs niveaux initiaux. Nous garderons une inflation dans nos matières premières ».

Et d’ajouter : « Le problème n’est pas tellement le prix mais la disponibilité. On le voit encore sur le sucre : est-ce que nous avons suffisamment de sucre? La réponse est clairement non puisque nous avons eu des ruptures de sucre et de CO2 en 2022 et nous avons encore aujourd’hui, ce matin même, des problèmes d’approvisionnement en sucre. Nous sommes même prêts à payer un peu plus pour éviter des arrêts de nos usines ! ».

 

Toujours à ce propos, le DG a poursuivi : « On est en train d’essayer d’importer mais les prix internationaux sont très élevés et ça serait travailler à perte que d’acheter à ces prix-là. Nous sommes à la recherche de différentes sources d’approvisionnement. Nous avons appris une bonne nouvelle hier, c’est que la Société tunisienne de sucre a repris son activité. La raffinerie de Béja a redémarré au début de cette semaine et cela va contribuer à améliorer nos approvisionnements ». (À noter que quand l’État vend à la société un million de dinars de sucre, il perçoit entre trois et six millions de dinars de taxes, ndlr).

Il a confié à Business News en réponse à une question sur la constitution de stock de sucre et de CO2 que la société vit au jour le jour.

 

 

En réponse à une interrogation de Business News sur la répercussion des hausses des matières premières sur leurs prix de vente, M. Abdelmoula a rappelé qu’il y a une très forte inflation en Tunisie et que le pouvoir d’achat est très touché.

« Nous avons un grand problème c’est que nos produits sont surtaxés : les boissons gazeuses subissent 48,5% de taxation. Et donc, cette taxation est répercutée sur chaque augmentation. Si nous répercutons tout, nos produits seraient non achetables par les consommateurs. Ce que nous essayons de faire, c’est d’être un peu inférieurs à l’inflation et un peu au niveau des augmentations de salaires du pays, pour maintenir notre produit à un niveau qui permet aux consommateurs d’y accéder », a-t-il expliqué.

S’agissant du stress hydrique et en réponse à une interrogation de Business News, le DG a indiqué que la société n’a pas subi de répercussion pour le moment.

« Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas manqué d’eau et nous n’avons pas souffert. La Sonede nous rassure en disant qu’elle va donner la priorité aux industriels à cause des postes d’emplois. Cela dit, nous avons augmenté nos capacités de stockage d’eau (des cuves tampon pour faire face à des coupures d’eau ne dépassant pas les quatre heures) », a-t-il indiqué.

 

En ce qui concerne les investissements, Mustapha Abdelmoula a indiqué que la société ne compte pas lancer de gros investissements pour le moment : « Pendant les dix dernières années, nous avons énormément investi à la SFBT tant au niveau brasserie que boissons gazeuses et nous n’envisageons pas d’investissements matériels pour les deux à trois années à venir : nous avons les capacités qu’il faut et les équipements qu’il faut. Nous avons terminé notre plan de rénovation entamé il y a une dizaine d’années et qui avaient donné lieu à ces fameuses augmentations de capital par incorporation des investissements exonérés en réserve de réinvestissement ».

S’agissant de l’application des normes IFRS, le DG a affirmé : « Nous avons fait l’exercice et nous sommes prêts à appliquer la norme IFRS. Elle n’aura pas beaucoup d’incidence sur le groupe : aucune incidence significative ».

Rappelons dans ce cadre que la société a annoncé, un an auparavant, qu’elle a fait le choix de ne pas réévaluer ses actifs immobilisés (terrains, bâtiments, matériels et fonds de commerce).

 

Interrogé sur le désengagent du groupe Castel avec Coca Cola, Gilles Martignac a répondu : « La SFBT a toujours été un cas spécifique dans l’environnement de Castel. Et vous noterez que si les filiales du groupe Castel ont rompu avec Coca Cola dans tous les autres pays (Algérie ou pays d’Afrique subsaharienne) il y a une exception qui est la SFBT qui a maintenu, consolidé et renouvelé son contrat d’embouteillage avec Coca Cola, pour de nombreuses années avenirs.

La stratégie sur le continent africain est basée sur un discernement des opportunités et des intérêts des parties prenantes. C’était intéressant de divorcer avec Coca Cola dans les autres pays. Ça serait une abréaction de le faire, tant pour Coca Cola, qui ne peut pas vivre sans la SFBT en Tunisie, que pour la SFBT tant ça serait dommage de la priver de ces marques internationales dans son portefeuille. Il n’est en aucun cas question de turbulences entre Coca Cola et la SFBT ».

S’agissant de l’eau, le président du conseil a précisé que la SFBT va poursuivre son développement au travers de son portefeuille actuel.

Et de souligner que la seule chose à retenir s’est que la société veut favoriser de plus en plus l’emballage en verre au détriment de l’emballage PET (polytéréphtalate d’éthylène, ndlr), difficilement collectable et plus difficilement recyclable, et qui sera toujours selon lui, une entreprise de longue haleine.

 

 

Interpellé sur la baisse du cours (le rendement ayant baissé de 22,29%, ndlr) et sur le dividende jugé insuffisant par certains actionnaires, Gilles Martignac a affirmé : « L’ensemble des efforts qui sont entrepris par le management de la SFBT permettra de tout faire pour que les cours des actions connaissent de nouveau une orientation haussière ».

Et de rappeler que tous les indicateurs sont au vert, avec des résultats exceptionnels de la part de la SFBT et que peut-être, il faut chercher les raisons de cette baisse du cours boursier du côté de l’extérieur, de la morosité, du fait que personne aujourd’hui n’est acheteur, sauf BGI.

Et de soutenir : « Il n’y a nul sentiment de panique à entretenir mais un peu de patience à avoir et nous restons résolument positifs et optimistes. C’est pour ça que la société BGI s’est portée acquéreur de 1,5% du capital de la SFBT ».

 

En ce qui concerne les demandes d’augmentation du dividende, le président du conseil a déclaré : « Je rêverai que la SFBT aille jusqu’au dinar de dividende par action. Mais, le management, c’est également de savoir avoir une attitude faite de vigilance et de raison.

Nous naviguons dans des eaux qui ne sont pas super calmes nous pensons que l’avenir sera plus serein mais nous volons être disposés à affronter les éventuelles turbulences économiques et sociales.

Ça n’empêche pas que nous pourrons faire un effort pour l’année prochaine si les résultats continuent sur cette lancée. Mais là aussi c’est 50/50, car on traverse un moment difficile et je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour de bonnes surprises ».

Il a rappelé que le payout de la société est de 80%. « Il y a moment où il faut savoir raison garder. Nous sommes dans un environnement qui est délicat à apercevoir. Nous sommes toujours optimistes mais l’avenir n’est pas clair ! », a-t-il martelé face à l’insistance de certains actionnaires

Et de poursuivre : « La SFBT a été généreuse, les ratios parlent pour elle. Les dividendes ont augmenté. Notre compétence s’est de se préparer à l’avenir et d’être paré à toute éventualité ».

 

 

En ce qui concerne les prévisions, Mustapha Abdelmoula a estimé : « C’est un jeu hasardeux aujourd’hui. C’est vrai qu’on n’arrive pas à faire de prévisions parce que nous sommes tributaires des livraisons de sucre et de CO2. Il est très difficile de faire des prévisions ».

Et d’ajouter : « Tout va dépendre de l’été et de la disponibilité du sucre et CO2. Nous faisons plus de 50% de nos activités pendant la saison estivale (les deux mois et demi de l’été). C’est l’été qui sera déterminant ! ».

 

Gilles Martignac a conclu en félicitant le management : « En tant qu’actionnaire majoritaire, le groupe Castel est extrêmement satisfait des résultats. On comprend la frustration des actionnaires que nous sommes. Mais, nous sommes quand même, en dépit d’un environnement délicat en Tunisie comme ailleurs dans le monde, extrêmement satisfaits des résultats. Nous nous réjouissons du Top management et de l’ensemble des collaborateurs de la SFBT. Nous avons pas mal de facteurs d’inquiétude, notamment l’augmentation des intrants, le choc avec la disparition de feu Hamadi Bousbia, le stress hydrique, des ruptures de production, des usines à l’arrêt pendant plusieurs jours parce que nous n’avons pas de sucre et de CO2, de l’inflation, de la baisse de pouvoir d’achat, des remous sociaux. En dépit de tout cela, la SFBT a été de nouveau au rendez-vous avec des résultats exceptionnels.

Au nom du groupe Castel, je tiens à féliciter le leadership de Mustapha Abdelmoula et de son équipe pour avoir mené cette barque de la SFBT dans les eaux parfois un peu tumultueuses et lui souhaite une très bonne chance pour 2023 sachant que je n’ai aucun doute quant au fait que l’année prochaine, nous aurons de bonnes nouvelles à partager avec vous.

Nous avons une équipe qui gagne, faites-lui confiance comme je le fais également ! ».

 

L’exercice 2022 a été compliquée pour la SFBT. Cela dit, et malgré les diverses problématiques liées surtout à l’approvisionnement en matière première, la société a non seulement su jongler pour maintenir sa production, mais elle surperformait ses résultats.

 

Imen NOUIRA

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