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Corruption au sein de l’OCT : Chèque dissimulé et comportement suspect de certains fonctionnaires

 

Les Tunisiens sont continuellement sanctionnés, ces derniers temps, par des pénuries récurrentes des produits de base. En effet, leur quotidien s’est transformé en déplacement d’une grande surface à un épicier pour tenter de trouver des produits qui manquent cruellement depuis de longs mois: café, lait ou sucre.

Encore une affaire de corruption dévoilée par le Président de la République. Déployé sur tous les fronts, depuis plusieurs mois, pour lutter contre la corruption qui gangrène des secteurs d’activité et établissements publics, mettant en péril, souvent, la sécurité alimentaire des Tunisiens, Kaïs Saïed s’est attaqué à l’Office du commerce où il s’était rendu jeudi après-midi, dans une visite inopinée.

Muni, fidèle à ses habitudes, d’un lourd dossier de corruption, le Chef de l’Etat s’est adressé, au siège dudit office, directement à deux responsables qui seraient liés à des abus, voire à des soupçons de corruption. Preuve à l’appui, Kaïs Saïed a fustigé deux responsables, dont l’une aurait dissimulé intentionnellement un chèque dans l’objectif d’entraver la conclusion d’un achat d’une cargaison de café, ce qui a causé des retards d’approvisionnement, et des pertes à l’Etat tunisien.

S’adressant, en effet, à une responsable à l’OCT dont le visage a été flouté, le Président de la République lui a montré un chèque en indiquant : «Vous avez une idée sur ce chèque, il a été dissimulé pour ne pas conclure le marché du café en juin 2022». Sous le choc, elle n’avait pas les mots pour se défendre.

Il faut appliquer la loi

Kaïs Saïed a également évoqué d’autres abus au sein de l’office, affirmant que des responsables et des employés sont liés à des affaires de contrebande, de monopole et de pots-de-vin.

«Tout responsable doit être au service du peuple tunisien et non d’une partie déterminée, de nombreux employés et responsables de l’Office du commerce sont impliqués dans des affaires de corruption, de contrebande, avec  des lobbys» a-t-il averti. Il a fini par appeler le directeur général de l’office, Haythem Zanned, à appliquer la loi contre tous et à présenter ces dossiers de corruption à la justice.

 Le dernier appel lancé par le Chef de l’Etat lors de cette visite est d’assainir cet établissement sensible pour les liens organiques qu’il a avec la sécurité alimentaire des Tunisiens. Son propos s’adressait notamment aux «employés et cadres qui s’y sont introduits illégalement et qui veulent porter préjudice à la sécurité des Tunisiens».

Ainsi, les lourds soupçons de corruption qui pèsent sur cette structure dévoilés par le Chef de l’Etat ne permettent pas à l’office de jouer son rôle de régulateur du marché et de préserver la souveraineté alimentaire nationale.

D’ailleurs, l’ancien ministre du Commerce, Mohamed Msselini, témoigne à La Presse que la corruption gangrène pratiquement toutes les structures publiques, appelant à appliquer la loi et les sanctions contre les responsables qui seraient coupables de dépassements et autres abus si les faits sont avérés.

L’Office du commerce n’y serait pas pour rien

«Quand j’étais ministre, j’ai essayé de changer la vocation de l’office et de lancer une entreprise publique des achats des produits de base, mais certains se sont opposés au projet. Si les accusations portées par le Chef de l’Etat se confirment, il faut poursuivre tous ceux qui ont entravé l’achat de ces produits de base, car cela relève de la sécurité nationale», a-t-il estimé.

Les Tunisiens sont continuellement sanctionnés, ces derniers temps, par des pénuries récurrentes des produits de base. En effet, leur quotidien s’est transformé en déplacement d’une grande surface à un épicier pour tenter de trouver des produits qui manquent cruellement depuis de longs mois: du café ou du lait ou encore du sucre. Si cette situation est imputée à la mauvaise gestion, à des opérations de spéculation d’envergure et à la contrebande, il paraît, selon cette affaire révélée par le Chef de l’Etat, que l’Office du commerce n’y serait pas pour rien.

L’OCT est un établissement public créé en vertu du décret-loi n° 1962-06 du 3 avril 1962. Il a pour mission principale l’approvisionnement du marché intérieur en produits de base et l’ajustement du marché à travers l’importation occasionnelle de certains produits manquant au niveau de l’offre. En effet, pour réguler le marché, il procède à l’importation du riz, du sucre, du café et du thé vert principalement.

L’office peut également importer des produits à titre conjoncturel, comme les fruits, les légumes et le lait essentiellement et ce sur ordre du ministère du Commerce, uniquement en cas de pénurie.

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