Culture

Chambre syndicale des producteurs de cinéma et de l’audiovisuel: L’état des lieux d’un secteur en déprime 

Lors d’une conférence de presse organisée par la Chambre nationale syndicale des producteurs du cinéma et de l’audiovisuel (Utica), Mahfoudh Ramsis (président) a commencé par rappeler le rôle de la chambre dont la création remonte à plus de 30 ans et d’enchaîner pour parler de la situation actuelle du secteur.

Le budget alloué aux subventions de production a été réduit à 4 millions de dinars en 2022 alors qu’il était de 5 millions de dinars en 2021 et qu’il devait atteindre 7 millions de dinars suivant un accord conclu avec le ministère en 2019.  Mahfoudh a insisté sur la nécessité pour le ministère de maintenir son engagement pour les 7 millions de dinars par an, car avec le budget actuel, seuls 25% des projets sont retenus, ce qui est bien en deça des capacités du secteur et sans impact aucun sur la promotion de la production et / ou de l’emploi dans le secteur.

Le secteur est menacé par des textes de lois caducs. Le code du cinéma date de 1960, le texte le plus récent date de 2001. On ne peut rien espérer dans ces conditions, nous sommes en total déphasage avec notre époque.

Mahfoudh déplore aussi que le financement du cinéma se limite uniquement aux fonds publics, le ministère refusant à ce jour d’adopter des lois incitatives pour encourager le secteur privé, pourtant motivé, à investir dans les œuvres cinématographiques. Cela augmentera les budgets disponibles, diversifiera les sources de financement, impactera positivement le mode de production et soulagera le budget de l’Etat.

Dans ce contexte de marasme budgétaire, le ministère trouve le moyen de renoncer à un fonds de coproduction bilatérale qui, en l’espace de 6 ans entre 2017 et 2022, a financé et produit 36 œuvres cinématographiques avec un apport de plus de 8 millions de dinars pour un budget total d’environ 18 millions de dinars.

Les autres accords de coproduction bilatérale avec des pays arabes et européens sont à l’arrêt, et le syndicat insiste pour qu’on reprenne le travail sur ces dossiers sans délai.

Moez Kammoun, quant à lui, a interpelé sur l’hésitation du ministère à mettre en place des lois, des mesures incitatives et un plan d’action pour promouvoir l’attractivité de la destination tunisienne pour le tournage des films étrangers. La Tunisie a perdu sa position au profit des pays comme la Jordanie et l’Arabie saoudite, ou d’autres comme le Maroc et l’Egypte. Le secteur en souffre, l’emploi et le tourisme aussi, et on enregistre une perte de revenus en devises pouvant dépasser 20 millions de dollars par an.

Concernant les journées cinématographiques de Carthage (JCC), il y a unanimité sur la nécessité de maintenir les JCC annuelles et de confirmer la session de 2023. Mohamed Frini (distributeur et exploitant) et Mahfoudh considèrent que ces journées sont une plateforme culturelle, commerciale, industrielle de financement et un outil de communication efficace au service de la Tunisie qui lui permettent de rayonner au niveau régional et international. Les JCC sont un lieu de rencontre pour les professionnels du cinéma et les cinéastes du monde entier, on ne peut pas nous en passer dans une circonstance où le reste des pays comme le Maroc, l’Egypte, l’Arabie saoudite et la Jordanie investissent dans les festivals et le cinéma pour se positionner et se démarquer sur la scène mondiale.

Ils ont également souligné la nécessité de mettre en place un cadre législatif et institutionnel permanent et indépendant qui permettrait la gestion et l’organisation des JCC et la réalisation des réformes qui s’imposent.

Ils ont exprimé leur solidarité absolue avec les exploitants de salles de cinéma suite aux récentes fermetures, et ont prévenu que la poursuite de la fermeture des salles conduira inévitablement à l’extinction du marché intérieur du cinéma tunisien, et de là à une crise culturelle, économique et sociale.  Il faut préserver le parc des salles et le développer sur tout le territoire par souci d’équité culturelle et par intérêt économique.

Mahfoudh a appelé le ministère à reprendre le dialogue et le travail concerté, pour achever les réformes déjà entamées et sur lesquelles le ministère et le Centre national du cinéma et de l’image ont déjà commencé à travailler. Mahfoudh a saisi aussi la ministre pour que soit renouvelée la composition du Conseil des orientations stratégiques et de la prospective, et pour renouveler la composition des membres du Conseil de l’établissement du Cnci, à cette fin, il a appelé le ministère à s’appuyer sur les structures représentatives du secteur, les plus sérieuses, qui ont prouvé au fil du temps leur stabilité, leur impartialité et leur productivité.

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