Economie tunisie

Walid Ben Salah, président de l’Oect: «L’année 2023 serait celle des dérapages dangereux…»

Face à la situation économique alarmante, le président de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie tire la sonnette d’alarme et appelle à unir les efforts pour éviter les risques qui pèsent sur l’économie et à entamer une réforme profonde et réelle dans les plus brefs délais.

«Le budget de l’Etat pour l’exercice 2023, qui atteindra un niveau record de 70 milliards de dinars, soit une hausse de 15% par rapport à 2022 (un taux supérieur au taux d’inflation qui sera de 11% selon les prévisions ) est un budget expansionniste et inflationniste », a affirmé Walid Ben Salah, président de l’Ordre des experts comptables de Tunisie (Oect), lors de son intervention à l’ouverture de la rencontre-débat qui a été organisée jeudi 12 janvier 2023 à Tunis, sous le thème «apports de la loi de finances 2023 et Impératif de relance».

Un lourd fardeau pour l’économie

En effet, selon l’expert comptable, le budget 2023 représente 43,5% du PIB dépassant ainsi les taux de référence adoptés à l’échelle internationale qui sont aux alentours de 30%. « En évolution constante, les dépenses de l’Etat sont devenues aujourd’hui un lourd fardeau pour l’économie nationale, surtout que 36% de ces dépenses sont destinées à la gestion, la consommation et l’aide sociale alors que le volume d’investissement public direct ne représente que 4,7 milliards de dinars soit 6,7% du budget total», a-t-il ajouté.

Etayant ses propos, Ben Salah a expliqué que la loi de finances 2023 comprend des mesures fiscales et non fiscales qui contribuent à l’augmentation du taux d’inflation. Il s’agit d’abord de la hausse des prix de plusieurs produits, notamment les hydrocarbures mais aussi l’augmentation des tarifs de l’eau et de l’électricité qui font partie intégrante des coûts de production et de la distribution de la quasi totalité des produits.

Pour l’expert comptable, la réduction des dépenses de subvention aura un impact négatif sur les prix de certains produits alimentaires de base. Il a estimé que, côté impôt, l’instauration de nouvelles mesures fiscales va alourdir le fardeau des entreprises, des citoyens, et des professionnels et contribuera à l’augmentation du taux de la pression fiscale et du taux des prélèvements obligatoires qui va dépasser, selon les estimations, les 33% en 2023.

Mesures pour les PME !

Il a cité, en ce sens, l’augmentation de la cotisation sociale, mais aussi de la TVA, l’instauration de l’impôt foncier… Ces mesures vont avoir un impact concret sur le taux d’inflation en 2023.

«A l’exception de quelques mesures qui ont été prolongées en vue d’aider les PME à surmonter les difficultés financières, la LF 2023 ne comporte pas de nouvelles dispositions pour encourager l’investissement, l’exportation et la création d’emplois.

Les prévisions de croissance en Tunisie sont faibles et ne dépassent pas les 1,8%, le taux de chômage demeure élevé. Il est estimé à 15,3%, tandis que le taux de pauvreté a dépassé le seuil des 20%. Aussi, les réserves en devises continue de baisser pour se situer à moins de 100 jours d’importation, la compétitivité des entreprises exportatrices de se détériorer et le service de la dette extérieure d’augmenter», a averti Ben Salah.

Il a ajouté que même si la LF 2023 comporte des mesures visant à améliorer les ressources supplémentaires de l’Etat et à maîtriser les dépenses de subvention, les hypothèses qui soustendent cette loi sont fragiles.

A cet égard, le président de l’Oect a indiqué que « le financement du budget est tributaire de la conclusion d’un accord avec le FMI, une condition sine qua non pour accéder aux financements extérieurs qui s’élèvent à 15 milliards dinars, dont 4,7 milliards de dinars n’ont pas encore fait l’objet d’approbation. Cela constitue une grave menace pour le financement des dépenses de l’année prochaine», a-t-il affirmé.

Grandes orientations stratégiques

L’expert comptable a mis en garde contre les inquiétudes qui planent sur l’année 2023 qui serait, selon lui, l’année des dangereux dérapages économiques, financiers et sociaux du pays. «Il faut unir les efforts pour éviter ces risques et entamer une réforme profonde et réelle dans les plus brefs délais. Il s’agit de la réforme des finances publiques, de l’assainissement de l’environnement des affaires, le sauvetage des entreprises publiques et le rétablissement de l’équité fiscale», a-t-il enchaîné.

Et de conclure, « ces objectifs ne peuvent être atteints qu’à travers le rétablissement de la confiance entre les divers acteurs et parties prenantes, la consécration du principe de participation, mais aussi à travers le dialogue constructif et responsable autour des grandes orientations stratégiques qui concerne l’avenir du pays et des générations futures”.

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