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Un point de gagné ou deux de perdus devant le Danemark ? : Il fallait y croire jusqu’au bout…


 
Les Aigles de Carthage se sont lâchés et ont séduit par leur collectif et leur générosité face aux Danois sans couronner toutefois cette belle prestation par un succès.

On aurait pu faire mieux et on est passé à côté d’une victoire historique en ce match d’ouverture contre une grande équipe et un favori en puissance pour jouer les premiers rôles dans cette Coupe du monde. C’est le sentiment général partagé par tous les fans de l’équipe de Tunisie présents au stade ou ayant suivi le match devant les écrans de télévision. Bref, un amer goût d’inachevé. On aurait tant aimé faire comme le onze saoudien qui a réussi l’impensable exploit de terrasser et de mettre à genoux Lionel Messi et les siens, mais il nous a manqué ces petits détails qui font la différence dans le temps fort de la partie. Après tout, un point face à ces coriaces diables «Rouge et Blanc» que toutes les équipes craignent, à commencer par la France qui n’a fait qu’une bouchée de la modeste Australie, ce point,  même s’il peut s’avérer insuffisant après, est très bon et assez bénéfique pour le moral et met la bande de Jalel Kadri sur orbite.

Une première mi-temps de qualité

Le premier devoir de Jalel Kadri était de ne pas se tromper de combat et de choisir la meilleure approche de ce match piège. Il avait deux options et deux solutions: adopter une position attentiste durant toute la première période, user physiquement son adversaire en lui laissant le monopole du jeu avec toute la débauche d’énergie que cela nécessite et laisser le principal de ses forces, les meilleurs de ses atouts d’attaque et le bon coup à jouer après la pause ou choisir l’effet surprise, emballer le match dès le départ et aller chercher et neutraliser cette «Dynamique danoise», dont tout le monde a peur, dans sa zone. Il a tranché finalement pour la première option et cette carte jouée a été gagnante. Les Tunisiens ont été les premiers à montrer les crocs, à être présents sur tous les ballons et à gagner tous les duels surtout dans la zone-clé qu’est le milieu de terrain. A l’image du vaillant Issa Laidouni qui a fait un match plein dans son rôle de ratisseur qui bouche tous les espaces et ferme toutes les issues, d’homme de renfort pour l’axe central de la défense en phase de repli et d’élément moteur de soutien pour le compartiment offensif en phase de transition rapide défense-attaque. Une grande prestation qui lui a permis de décrocher, à juste titre, le trophée de l’homme du match. En remportant la bataille du milieu qui faisait rage, les Tunisiens ont réussi à tempérer les ardeurs des Danois jusqu’à les intimider et les pousser à rester recroquevillés derrière.

Les Aigles de Carthage ont pu ainsi être maîtres du terrain, avec un jeu en bloc très fluide et un dispositif bien huilé, avec des actions bien pensées et bien construites auxquelles il a manqué toutefois l’essentiel pour traduire une domination même légère : l’efficacité dans la surface de l’adversaire, les buts. Car les belles opportunités de marquer étaient tunisiennes (Drager 11’ et 32’, Laidouni 38’ et surtout celle de Jebali 42’). Sur la dernière occasion dans un temps idéal avant le retour aux vestiaires, Issam, qui a fait un bon match dans le jeu sans ballon et les courses sur tout le front de l’attaque, a cherché le joli lob plutôt que la simplicité et le réalisme de placer le ballon de l’intérieur du pied sous le ventre du gardien sorti en catastrophe et déséquilibré pour pouvoir se coucher à terre et capter le cuir.

C’est ce petit détail qui a fait qu’on termine la première mi-temps sur un nul blanc injuste et qui a permis aux Danois de respirer et de revenir dans le match dans la deuxième période qu’ils vont pratiquement prendre la plupart du temps en main avec cette fois des occasions de but plus nettes pour eux. Heureusement que le gardien Aymen Dahmen, pour son premier match de Coupe du monde, a réussi trois belles parades cruciales (68’ 90+2 et 90+6) qui nous ont évité la perte injuste d’un match que nous aurions pu gagner haut la main. Pour remporter un match, il faut être efficace dans les deux surfaces. Autant nous avons été très bons dans la défense de notre zone de vérité et de notre but sur balles arrêtées ou sur percées suite à des actions en mouvement même sporadiques autant nous avons péché par manque d’efficacité, de sens et de flair du but même sur des demi-occasions dans la surface adverse.

Et puis Jalel Kadri n’a pas cru qu’il peut sortir victorieux de ce débat et prendre les trois points du bonheur. En fin de match, il a revu son objectif à la baisse et cherché à préserver le nul par des changements tous azimuts qui ont coupé les ailes de l’équipe et fortement amoindri son potentiel offensif. Autant il a été libéré de tout réflexe ultra-défensif en première mi-temps et a bien joué son coup autant il a fait preuve d’une prudence et d’un réalisme un peu trop précipités et trop excessifs en fin de match. Pour n’avoir pas été audacieux jusqu’au bout, la chance de remporter le match de sa vie qui l’aurait fait entrer dans l’histoire ne lui a pas souri à la fin. Mais ce n’est pas grave.

crédit photo : © Mokhtar HMIMA

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