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Un juge répond à Kaïs Saïed à propos du putsch

 

Le juge Hammadi Rahmani a publié, ce jeudi 6 janvier 2022, un long statut pour répondre au dernier discours du président de la République, Kaïs Saïed, qui avait indiqué qu’un juge n’avait pas à s’exprimer à propos du putsch et qu’il devait s’en tenir au silence, tenant compte du droit de réserve. 

« Pourquoi se mêlerait-on des affaires internes des putschs ?! Imaginez ! Pourquoi un citoyen se mêlerait des putschs !! Les putschs qui le privent de sa liberté, détruisent son quotidien et éternisent sa pauvreté ! Imaginez! Un homme de droit et magistrat ayant étudié les droits et les libertés générales, le droit constitutionnel, les régimes politiques, les politiques publiques, les principes de la démocratie dans l’Etat … qui prend en charge, depuis 22 ans,  des affaires liées au droit pénal, aux libertés des gens… qu’est ce qui le même aux putschs qui emportent les libertés», indique Hammadi Ramani sur un ton ironique. 

Le juge a rappelé toutes les injustices vécues durant les 23 ans du règne de l’ancien président Ben Ali, notamment, l’évincement du bureau de l’association des magistrats tunisiens (AMT) en 2005 .  

« Réellement, est ce qu’on s’est mêlé des affaires internes du putsch? Jamais ! C’est le putsch qui est venu vers nous. C’est le putsch qui s’est mêlé de nos libertés, de notre Parlement élu, de la Constitution, des lois que nous appliquons, de notre justice indépendante, de notre Conseil supérieur de la magistrature, de l’avenir de notre pays […] On s’interroge comme si on ne sait pas ce que c’est que le putsch, ce qu’il a fait des nations et des gens […] Et après ils veulent qu’on fasse abstraction… A bas le putsch ! ». 

Kaïs Saïed avait indiqué en substance lors de son discours prononcé en marge du conseil des ministres tenu, aujourd’hui-même : « Que tout le monde le sache, l’État des juges n’existe pas. Ce sont les juges de l’Etat. Ce que j’entends, ce que je lis, ce que je méprise (!) est que des juges parlent de coup d’Etat », a asséné le Président. Énervé et visiblement en colère contre certains juges, Saïed estime que ces histoires ne les regardent absolument pas. « Le devoir de réserve et d’impartialité exigent d’eux de se taire et d’appliquer la loi en toute intégrité ». Et de renchérir : « Personne ne peut dire, je n’applique pas la loi ou c’est moi qui en ai à l’origine. Il y a un seul législateur et non pas des milliers ».

S.H


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