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Tunisie – Une inévitable nouvelle hausse des prix des carburants


Malgré le manque de chiffres sur la situation en Tunisie, il y a certaines certitudes qui demeurent, dont notamment la hausse des prix de plusieurs denrées et produits comme le carburant.

 

En effet, la loi de Finances 2022 a été bâtie sur l’hypothèse que la moyenne de prix du baril ne dépassera pas les 75 dollars le baril de Brent. Or, aujourd’hui, la moyenne de prix a dépassé les 100 dollars le baril. Le prix avait frôlé les 130 dollars en mars 2022.

Or, et vu la baisse des activités d’exploration et de recherche pétrolières au cours de la dernière décennie, aujourd’hui la Tunisie ne peut satisfaire qu’environ la moitié de ses besoins.

Sachant qu’un dollar supplémentaire dans le prix du baril représente 140 millions de dinars (MD) de dépenses en plus pour l’Etat tunisien alors que pour le glissement du dinar, chaque 0,01 dinar de moins par rapport au dollar se répercute par 40 millions de dinars (MD). En prenant en compte ce nouveau prix, il faudra débourser 8,2 milliards de dinars de compensation en 2022 (plus du budget réservé à l’investissement), alors que les prévisions étaient de 2,9 milliards de dinars (des besoins qui ont presque triplé).

Nos besoins de financement en produits pétroliers (carburant, gaz, électricité) ont grimpé à 10,2 milliards de dinars avec la flambée des prix lorsqu’ils étaient de 5,2 milliards de dinars.

Notons dans ce cadre que la priorité, quant à la compensation, a été donnée à l’importation de céréales et en particulier à l’importation de blé.

 

Ainsi, en prenant en compte tout ce qui précède ainsi que les pressions sur la demande, tout le monde se rappelle encore les longues files d’attente devant les stations-service, les prix des carburants vont augmenter. Chose que nous a été confirmée par une source proche du ministère de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines.

Il faut rappeler dans ce cadre que depuis 2016 une formule d’ajustement automatique du prix a été mise en place : c’est à dire lorsque le prix du baril change, le prix à la pompe change en conséquence, ce qui a permis ces dernières années à bénéficier de certaines baisses de prix.

Or, avec l’envolée importante des cours de pétrole, l’actuel prix du carburant pratiqué en Tunisie ne reflète en aucun cas, le prix réel. En effet, le mécanisme de régularisation a été plafonné à 3%, donc jusqu’à cette heure, on est loin du prix réel et malgré les hausses successives pratiquées depuis le début de 2022, le prix actuel demeure loin du prix réel. Ceci augure d’autres augmentations dans le futur afin de résorber le gap, diminuer la compensation dédiée et atteindre le prix réel.

Concrètement, la conjoncture nécessitera une révision des prix des carburants, qui sera annoncée bientôt.

 

Ainsi et pour faire face à cet état de fait, les autorités et à leur tête le ministère de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines œuvrent à baisser le déficit énergétique en optant pour la rationalisation de la consommation de l’énergie à tous les niveaux, notamment en se dirigeant vers l’usage d’énergie renouvelable.

Outre la poursuite des campagnes de sensibilisation, le ministère a mis en place certaines mesures dont la promotion du projet Prosol-elec, pour soutenir les familles notamment les plus vulnérables à bénéficier des avantages de ce programme socio-économique notamment l’usage de chauffe-eau solaires et le renforcement de l’isolation des toits des logements, la distribution de lampes économiques (quatre par famille).

Autres mesures, la simplification des procédures et l’accélération de la mise en œuvre de projets d’autoproduction d’électricité à partir d’énergies renouvelables, de programmes spéciaux pour des secteurs spécifiques tels que l’agriculture, la pêche et le tourisme, la rationalisation de la consommation notamment à travers l’entretien de la flotte de transport et l’usage des nouvelles technologies de communication, encourager la conduite économique et contrôler l’utilisation du carburant dans le secteur public.

En outre, des encouragements ont été accordés pour l’acquisition de véhicules électriques via une exonération des droits de douane et une subvention de 10.000 dinars pour le remplacement d’un véhicule thermique. En plus, du support offert aux entreprises à travers des audits énergétiques gratuits et la promotion de la production combinée d’énergie, la simplification des procédures et des délais pour bénéficier des interventions du Fonds pour la Transition énergétique.

 

La situation des finances publiques est assez préoccupante et avec l’envolée des cours des produits de base, le gouvernement ne trouve d’autre choix que d’augmenter les prix de certaines denrées, dont le carburant, afin de limiter les dégâts et pouvoir faire face à toutes les dépenses de l’État.

 

Imen Nouira

 

 


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