Culture

Trois questions à Moez Majed, poète et écrivain : «Les jeunes ont la volonté d’appréhender la poésie autrement»


Poète, écrivain, traducteur, Moez Majed est aussi le fondateur et le président du Festival international de la poésie, qui se tient chaque année à Sidi Bou Saïd.

Récemment s’est tenue la 8e édition du Festival international de la poésie à Sidi Bou Saïd. Il y avait un côté particulièrement respirable et glamour par rapport aux autres rencontres.

L’idée a démarré en 2013. Elle est née d’une frustration. En fait, j’ai toujours trouvé que le format et la manière avec laquelle la poésie a été présentée sont toujours décevants… Des salles sombres avec un public clairsemé et la sempiternelle estrade avec les interminables poèmes. C’était un peu vieillot et glauque. Moi-même amoureux de la poésie, je n’aime pas me retrouver dans ces ambiances. Un jour, j’ai organisé une lecture qui correspond à ma manière de voir les choses. C’était une rencontre où la poésie était accompagnée par le jazz et dans un endroit très original, de surcroît. C’était au Palais Ennejma Ezzahra. Et ce furent les premiers pas du festival.

Peut-on parler aujourd’hui d’un marché de la poésie ?

Il n’y a pas particulièrement un marché de la poésie et pas seulement en Tunisie. Ce n’est pas en termes de marché, de vente ou de grand public qu’on appréhende la poésie. Mais peut-on se passer de poésie aujourd’hui ? C’est en ces termes que je vois les choses. Peut-on vivre sans poésie ? Je ne parle pas de la poésie uniquement dans sa forme littéraire. La poésie est aussi dans le cinéma, dans la photo, dans les romans, elle est dans les chansons qu’on consomme tous les jours. Elle est présente dans tout ce qui se rapporte de près ou de loin à la beauté.

Quel est le rapport des jeunes à la poésie aujourd’hui ?

Contrairement à beaucoup de poètes, je ne considère pas le slam par exemple comme une expression sans poésie. C’est une forme d’approcher un idéal ou une aspiration poétique. Je ne dis pas que le slam, c’est de la poésie ou encore moins le rap. Ce qui est certain, c’est que ces formes utilisées par les jeunes ont une ambition poétique. Un mouvement comme le hip-hop en 1977 dans le Bronx est une révolution poétique. En réalité, je ne dis pas que les jeunes n’ont pas de rapport à la poésie, mais ils ont une volonté à la trouver ailleurs et à l’approcher autrement. Cela est tout à fait légitime et c’est le propre de toute modernisation du fait poétique.

Salem Trabelsi

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