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Syndicats, défenseurs des droits humains, avocats… : Levée de boucliers contre toute ingérence étrangère


La Tunisie fait face à une vague de réactions étrangères parfois hostiles, et ce, après le dévoilement des résultats du référendum du 25 juillet dernier. Si la diplomatie tunisienne a riposté pour défendre la souveraineté nationale, la société civile monte à son tour au créneau.

Samedi dernier, une manifestation a eu lieu près de l’ambassade américaine à Tunis, pour dénoncer ce qu’on appelle l’ingérence dans les affaires internes du pays. En effet, les manifestants représentant des organisations de la société civile et des partis politiques ont réfuté toute forme d’ingérence en Tunisie, appelant les occidentaux à «ne pas prendre la Tunisie pour un pays faible et sans souveraineté».

Ces réactions interviennent après que plusieurs pays et parties étrangers ont exprimé des positions quant aux derniers rebondissements politiques en Tunisie. Si pour certaines parties, les positions étaient plus ou moins flexibles, pour d’autres ce n’était pas le cas. Au fait, c’est la position de l’administration américaine qui est passée mal, très mal en Tunisie. Le futur ambassadeur américain à Tunis a même profité de cette situation pour rappeler l’importance de normaliser les relations avec l’Etat sioniste.

Pour sa part, le secrétaire d’Etat américain aux Affaires étrangères, Anthony Blinken, a pressé les autorités tunisiennes à adopter une loi électorale «inclusive» qui soit en mesure de garantir une «participation élargie» aux élections législatives prévues en décembre prochain.

Face à ces agissements, plusieurs organisations de la société civile ont haussé le ton. En effet, le bureau exécutif national de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) a exprimé son refus catégorique de l’ingérence étrangère dans les affaires internes du pays dénonçant fermement «les déclarations successives de responsables étrangers, notamment américains et européens, sur la situation en Tunisie».

Dans un communiqué publié sur sa page officielle, l’Ugtt a dénoncé les dernières déclarations du secrétaire d’Etat américain et du nouvel ambassadeur des Etats-Unis attendu en Tunisie et qui ont, selon l’organisation, illustré «une ingérence flagrante dans les affaires internes dévoilant une mentalité coloniale».

L’Ugtt a même appelé les autorités à avoir une position forte et ferme et à suspendre, s’il le faut, l’accréditation du nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie. L’Ugtt pense que l’ingérence étrangère ne s’est pas limitée aux déclarations, mais elle s’est également manifestée par le déplacement libre des ambassadeurs et des chargés d’affaires dans toutes les régions du pays.

La Ltdh dénonce

Sur la même longueur d’onde, la Ligue tunisienne des droits de l’homme (Ltdh) a condamné l’ingérence de toute partie étrangère dans les affaires internes de la Tunisie tout en s’attachant au principe du droit des peuples à disposer d’eux mêmes. Qualifiant les déclarations du secrétaire d’Etat américain d’incendiaires, les membres de la Ltdh ont appelé le Président de la République, Kaïs Saïed, à ne pas approuver la nomination du nouvel ambassadeur considérant que ces déclarations poussent vers la normalisation avec l’entité sioniste.

Le Conseil national de l’Ordre des avocats a également dénoncé le communiqué du département d’Etat américain et les déclarations du futur ambassadeur américain à Tunis, et les considère comme «une ingérence manifeste dans les affaires nationales intérieures tunisiennes et une violation de la souveraineté nationale». Une telle ingérence «s’oppose aux usages diplomatiques et viole les dispositions de l’article 3 de la Convention de Vienne régissant les relations diplomatiques, au sujet des attributions des missions diplomatiques, ainsi que l’article 41 qui proscrit au représentant diplomatique de s’immiscer dans les affaires intérieures des pays».

L’Algérie répond

De même, plusieurs partis politiques ont dénoncé vigoureusement ces agissements, estimant même que la souveraineté nationale est en péril.

Mais c’est notamment la position du parti Ennahdha qui a fait parler les observateurs de la scène nationale. Son président Rached Ghannouchi, qui a fait de l’implication des parties étrangères une politique pour sortir de sa crise, n’a émis, jusqu’à la rédaction de ces lignes, aucun commentaire pour réfuter ces ingérences.

C’est aussi dans ce contexte de tension que l’Algérie a brisé le silence pour rappeler à la communauté internationale que la Tunisie est un pays souverain. Dans une déclaration accordée aux médias locaux, le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que «l’Algérie a été et sera toujours un soutien indéfectible pour la Tunisie, ce qu’impose son devoir historique». Il a d’autre part insisté sur le fait que les affaires intérieures de la Tunisie ne peuvent être résolues que par les Tunisiens et qu’il ne se permettrait jamais de s’immiscer dans les affaires intérieures de la Tunisie et que l’Algérie soutiendra économiquement avec force ce pays voisin.

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