Economie tunisie

Stratégie énergétique : La Tunisie se projette à l’horizon 2035

 

Depuis plus d’une décennie, le paysage énergétique tunisien a subi une transformation majeure marquée par le déclin des ressources, la dépendance accrue du mix énergétique aux énergies fossiles et l’augmentation des importations des produits pétroliers et du gaz naturel. En 2020, le déséquilibre croissant entre les ressources et la consommation a atteint 57% de la demande d’énergie primaire, ce qui a impacté négativement les équilibres financiers.

En effet, les subventions énergétiques ont représenté 5% du budget de l’Etat et les importations des produits pétroliers et du gaz naturel ont dépassé 50% du déficit de la balance commerciale.

Pour relever ces défis, il devient de plus en plus urgent de repenser le système énergétique tunisien et entreprendre un ensemble de mesures et réformes favorables à l’accélération de la transition énergétique. L’impératif du renforcement de la transition énergétique exige la mise en place des infrastructures nécessaires et le recours à un ensemble de mesures et dispositifs réglementaires, organisationnels et financiers permettant de garantir la sécurité d’approvisionnement énergétique au moindre coût. L’atteinte des objectifs de la politique de transition énergétique nécessite aussi d’asseoir une feuille de route permettant d’appuyer grandement le rôle de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables pour améliorer l’indépendance énergétique, diversifier le mix énergétique, réduire l’importation des hydrocarbures et atténuer les émissions de GES dues à l’énergie.

Processus d’une nouveau modèle énergétique

Dans ce contexte, l’élaboration d’une stratégie énergétique représente pour la Tunisie une véritable opportunité permettant d’amorcer le processus d’un nouveau modèle énergétique visant le renforcement de l’indépendance énergétique et la contribution à la relance du développement socioéconomique du pays. Cette stratégie doit s’appuyer en grande partie sur la synthèse et la mise à jour des travaux de prospective énergétique et climatique menés récemment en Tunisie.

Une stratégie énergétique à l’horizon 2035 est en cours de réalisation visant à sécuriser et garantir l’approvisionnement énergétique du pays au moindre coût et engager l’économie tunisienne dans une transition bas-carbone. Le ministère de tutelle a, en effet, élaboré une feuille de route sur la période 2022-2025 qui repose sur une programmation pluriannuelle des réformes structurelles à opérer et des leviers d’actions à mobiliser pour conduire une politique cohérente de transition énergétique. L’élaboration de ladite stratégie repose sur plusieurs axes dont l’implication des parties prenantes et la concertation avec tous les acteurs (pouvoirs publics, secteur privé, institutions financières, université, société civile…), la prise en considération des priorités nationales notamment le plan de relance économique prévu sur la période 2022-2025, l’articulation entre les politiques énergétiques et climatiques, l’intégration de la stratégie énergétique dans une vision globale de long terme qui intègre à la fois les dimensions énergétiques, climatiques, économiques et sociales et la prise en considération de l’impact de la crise sanitaire (Covid-19) sur le secteur de l’énergie.

Leçons à tirer

Sur la base de l’analyse de l’évolution du secteur énergétique, le prestataire est appelé à évaluer le bilan des réalisations de la politique énergétique au niveau des progrès réalisés et des contraintes subies notamment pour l’approvisionnement énergétique, la maîtrise de la demande d’énergie, le développement des énergies renouvelables,… Cette évaluation portera aussi sur les contraintes relatives aux mesures d’accompagnement de la politique de transition énergétique : fiscalité énergétique, gouvernance, financement, dispositifs réglementaires…

Faut-il aussi tirer les leçons relatives à l’efficience de la politique adoptée durant la dernière décennie et proposer les principales orientations concernant les réformes structurelles et les leviers à mettre en place pour accélérer la politique de transition énergétique.

Définition d’une nouvelle vision

Face à l’augmentation des prix de l’énergie et la baisse de la production des hydrocarbures, la dernière décennie a été distinguée par la croissance de la dépendance à l’égard de l’importation des énergies fossiles et l’augmentation de la part de la facture énergétique dans le déficit de la balance commerciale. L’impératif de la sécurité énergétique exige la définition d’une nouvelle vision et l’élaboration d’une stratégie énergétique de long terme énergétique permettant d’assurer d’une manière continue la satisfaction des besoins énergétiques des consommateurs finaux au moindre coût.

D’après le ministère de l’Industrie, «les enjeux de sécurité énergétique durant les prochaines décennies concernent particulièrement la satisfaction de la demande par une forme d’énergie au moindre coût : produits pétroliers, gaz naturel et électricité. Le prestataire est appelé à fixer les objectifs de cette stratégie, particulièrement en termes de réduction de la demande d’énergie et de développement des énergies renouvelables, programmer les infrastructures nécessaires pour assurer l’approvisionnement énergétique du pays (réseaux de transport, gazoduc, pipeline, capacité de stockage,…), évaluer les impacts de la mise en œuvre de la stratégie (coût d’investissement, enjeux énergétiques, sociaux, climatiques et économiques…)».

Développement des énergies renouvelables

En Tunisie, les énergies renouvelables représentent un pilier structurant de la politique de transition énergétique qui devrait permettre d’améliorer grandement la sécurité d’approvisionnement énergétique et réduire les émissions de GES dues à l’énergie. A l’horizon 2030, la Tunisie envisage de multiplier par dix la capacité à installer pour produire l’électricité à partir des énergies renouvelables. «L’atteinte de cet objectif nécessite de renforcer la politique de développement des énergies renouvelables et de mobiliser les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif».

Par rapport aux énergies conventionnelles, les énergies renouvelables sont de plus en plus compétitives.

Au regard des enjeux climatiques et de la transition énergétique, le développement de l’hydrogène vert suscite aussi un intérêt accru pour diversifier le mix énergétique à long terme.

Enjeux de sécurité énergétique pour les énergies fossiles

La baisse des ressources énergétiques a contribué à l’augmentation des importations énergétiques pour assurer l’approvisionnement énergétique du pays. Les enjeux de sécurité énergétique relatifs aux énergies fossiles concernent la satisfaction de la demande des produits pétroliers et du gaz naturel. Concernant les produits pétroliers, ils représentent 48% de la consommation d’énergie primaire et occupent une part très importante dans les importations énergétiques de la Tunisie. «La sécurité d’approvisionnement des produits pétroliers doit prendre en considération la programmation des infrastructures nécessaires à mettre en place pour satisfaire la demande. Il s’agit de proposer les actions à entreprendre pour assurer la disponibilité de l’infrastructure portuaire, la capacité de raffinage, le stockage stratégique, le transport (pipeline) et la distribution des produits pétroliers».

Quant au gaz naturel, il représente plus de 51% de la demande d’énergie primaire et 97% de la consommation des combustibles pour la production d’électricité. Les importations de gaz naturel auprès de l’Algérie représentent plus de 50% des besoins en gaz naturel du pays. Pour satisfaire la demande de gaz naturel, les enjeux de sécurité d’approvisionnement énergétique reposent sur la programmation des actions à entreprendre pour la diversification des sources d’approvisionnement, la construction des gazoducs pour le transport et la distribution du gaz naturel, etc.

Nouvelles opportunités d’investissement

Les changements structurels attendus du système énergétique dans ses différentes composantes devraient créer de nouvelles opportunités d’investissement et avoir un impact significatif sur la structure de financement de la politique de transition énergétique durant les quinze prochaines années. L’évaluation des investissements doit porter principalement sur trois composantes, à savoir : les infrastructures de l’approvisionnement énergétique (électricité, produits pétroliers, gaz naturel), le programme ambitieux de maîtrise de la demande d’énergie et le programme de développement des énergies renouvelables.

Des réformes structurelles et des leviers d’action doivent être conçus, permettant d’atteindre les objectifs de la stratégie. Sur la période 2022-2025, la programmation annuelle des actions à entreprendre et des choix structurants à opérer concernent notamment la gouvernance et la réorganisation du secteur de l’énergie, le cadre réglementaire adéquat (organe de régulation, code des hydrocarbures, code des énergies renouvelables…), la fiscalité énergétique appropriée pour la mise en œuvre de la stratégie, et la levée progressive des subventions énergétiques.

Une attention particulière doit être accordée à la restructuration du Fonds de transition énergétique (FTE) pour jouer un rôle déterminant dans le financement de la transition énergétique.

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