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Réserves en devises — Craintes d’une nouvelle année touristique en berne: Les expatriés pour sauver la donne ?

Alors que le tourisme ne peut plus répondre, à lui seul, aux besoins de la Tunisie en matière de devises et de développement, la Tunisie peut, pour le moment, compter sur ses expatriés. Pour la première fois, les revenus des transactions des Tunisiens résidant à l’étranger ont dépassé trois fois plus les revenus touristiques.

Le tourisme, un des secteurs les plus impactés par la crise pandémique, est toujours exposé à une période vulnérable. Si la dernière saison a enregistré une légère amélioration, notamment grâce au tourisme local, le secteur espère le mieux pour la prochaine saison estivale, sauf que la crise pandémique est loin d’être enrayée surtout avec l’apparition du très contagieux variant Omicron.

Les pertes sont colossales pour les hôteliers comme pour les différents acteurs du secteur qui commencent réellement à s’inquiéter pour leurs investissements. La crise dure depuis presque deux ans, une autre année sabbatique serait fatale pour le tourisme tunisien, s’alarment les spécialistes.

Il n’en demeure pas moins que les aides octroyées par l’Etat ont amorti le choc, sauf que le danger est toujours là et le sort de centaines de milliers de travailleurs et de familles entières reste suspendu.

Cette année, les recettes touristiques sont en légère hausse. Selon les données de la Banque centrale de Tunisie (BCT), elles s’établissent à 1,9 milliard de dinars pour les dix premiers mois de 2021. Elles enregistrent ainsi une légère hausse de 6% par rapport à la même période de l’année dernière d’après les indicateurs financiers et monétaires.

Le nombre global des arrivées aux frontières tunisiennes, durant les dix premiers mois de l’année, a dépassé 1 million et 940 mille personnes, soit une hausse de 7,2%, par rapport à la même période de l’année dernière. Cette hausse a été favorisée, essentiellement, par l’augmentation des entrées des tunisiens résidant à l’étranger de 40%, à plus de 700 mille personnes et aussi par l’accroissement des arrivées de touristes européens de 30%, à environ 506 mille personnes.

Ces indicateurs en légère hausse ne reflètent malheureusement pas la réalité du secteur et restent tributaires de la situation épidémiologique. Car, en effet, la vulnérabilité du secteur provoquée déjà par une série d’attentats en Tunisie a été accentuée au mauvais moment par la crise pandémique.

Il suffit de rappeler que le tourisme tunisien a enregistré des pertes de l’ordre de cinq milliards de dinars à cause de la pandémie du Covid-19 et les conséquences sont désastreuses pour de nombreuses entreprises, contraintes de mettre la clé sous la porte.

Omicron, quelles conséquences ?

Si pour certains il est un peu tôt d’estimer les conséquences de l’apparition d’un nouveau variant sur le secteur touristique et sur les flux touristiques mondiaux, il faut rappeler que, pour la Tunisie, la saison estivale et les négociations avec les tour-opérateurs démarrent dès janvier – février. Alors que les scientifiques poursuivent leurs recherches sur le variant Omicron du Covid-19, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exhorté les pays à ne pas paniquer et à ne pas imposer de nouvelles restrictions de voyage mais à se préparer à sa probable propagation. Sauf que dans certains pays on envisage déjà le pire. Le Maroc, par exemple, est allé jusqu’à suspendre tous les vols pour une période d’un mois. Vacances avancées, activités extérieures interdites pour les personnes non vaccinées, vols suspendus avec certains pays… En Europe, des mesures supplémentaires ont été mises en œuvre pour lutter contre la progression du variant Omicron.

Le secteur touristique mondial devrait encore perdre 2.000 milliards de dollars cette année sous l’effet des restrictions liées à la pandémie de Covid-19, a annoncé, dans ce sens, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT).

« La reprise de l’activité est lente et fragile. Cette estimation, similaire aux pertes essuyées en 2020, survient alors que de nouvelles restrictions ont été prises, en particulier en Europe, pour faire face à une nouvelle vague de l’épidémie et que le variant Omicron, détecté pour la première fois en Afrique du Sud, ne se propage dans le monde entier. Ces dernières évolutions montrent que la situation est totalement imprévisible et que le secteur touristique n’est pas à l’abri d’aléas susceptibles de provoquer d’énormes dégâts économiques », a reconnu le secrétaire général de l’OMT, Zurab Pololikashvili, auprès de l’Agence France-Presse.

En Tunisie, avec l’apparition d’un premier cas de ce nouveau variant, les autorités ont serré la vis, notamment au niveau du contrôle dans les passages frontaliers.

Cette situation va-t-elle impacter les flux touristiques ? Pour les professionnels du secteur, il faut, en effet, s’attendre à de nouvelles restrictions, notamment pendant le pic de la propagation de ce variant prévu pendant le printemps. Le seul espoir, c’est de promouvoir le tourisme local et rebooster les marchés algérien et libyen.

Alors que le tourisme ne peut plus répondre, à lui seul, aux besoins de la Tunisie en matière de devises et de développement, la Tunisie peut, pour le moment, compter sur ses expatriés. Pour la première fois, les revenus des transactions des Tunisiens résidant à l’étranger ont dépassé cette année trois fois plus, les revenus touristiques. En effet, jusqu’au mois de novembre, les transactions des Tunisiens résidant à l’étranger ont été estimées à 6,8 milliards de dinars après conversion, contre 1,9 milliard de dinars comme recettes touristiques pendant les dix premiers mois de l’année.

Selon une source auprès de la Banque Centrale, ces transactions ont contribué à arrêter l’hémorragie de la fuite des devises et à combler leur baisse provoquée par la nette régression de l’activité touristique.

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