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Report des matches du championnat : Le feu est à l’orange


Le chambardement du calendrier de notre championnat continue de plus belle. Les répercussions néfastes de ce désordre commencent à faire surface. Ça ne peut être que de mauvais augure.

La première sortie africaine de nos clubs qui participent à la Ligue des champions et à la Coupe de la CAF a tiré une véritable sonnette d’alarme. Nos clubs ténors qui sont la vitrine de notre championnat ne sont pas au top sur tous les plans. Surtout au niveau de la fraîcheur physique et de la compétitivité. L’Espérance Sportive de Tunis, qui n’a pas l’habitude de souffrir durant les tours éliminatoires et qui obtenait facilement son billet pour la phase des poules, a éprouvé toutes les peines du monde pour se qualifier aux dépens de Plateau United. Un défaire au match aller par 2 à 1 et une petite victoire au Stade de Radès par 1 à 0 sur penalty de Ben Romdhane à 7 minutes de la fin. L’Union Sportive Monastirienne n’a pas pesé lourd face à El Ahly et s’est fait battre à l’aller comme au retour avec 4 buts encaissés et zéro but marqué. En Coupe de la CAF, le Club Sportif Sfaxien n’a pas étrillé la modeste équipe éthiopienne du Fasil Kenema et n’en a pas fait une bouchée comme la logique et le rapport de force sur le papier le faisaient prévoir. Un match nul à Bahir Dar et un petit succès par un but au Stade Taieb Mhiri. Le Club Africain n’a pas réussi à rentrer avec la victoire loin des bases et n’a fait étalage de sa supériorité manifeste qu’à Tunis avec un festival de 7 buts devant une équipe de Kebanga très moyenne pour ne pas dire facilement prenable. Parmi les raisons de ces prestations pas très glorieuses malgré la qualification de trois clubs sur quatre, il y en a une qui crève les yeux : les joueurs n’ont pas assez de matches officiels dans les jambes et les équipes ne sont pas encore bien rodées et ont un manque flagrant de compétition et de compétitivité.

Vers un cercle vicieux  et un engrenage sans fin

À qui incombent la faute et la responsabilité de ce retard à l’allumage et de tous ces mois perdus dans des conflits et des bras de fer inutiles ? À tout le monde sans doute et aucune partie ne peut se sentir exempte de tout reproche et ne peut avoir la conscience tranquille. Fédération, certains clubs qui se croient au-dessus des lois et ministère de tutelle se partagent, à des degrés divers, la responsabilité de cet immense gâchis. La Fédération n’a pas anticipé les répercussions de son litige avec le CSChebba qu’elle a fait durer dans l’espoir pourtant mince de finir par obtenir gain de cause. Elle a beaucoup tablé sur l’enlisement de ce conflit et le TAS l’a fait descendre sur terre par un verdict assommant la veille de la première date du coup d’envoi prévu le 30 septembre. Le Croissant Sportif Chebbien, fort de cette victoire pourtant temporaire dans l’attente d’une décision sur le fond, a cru le moment propice pour donner le coup de grâce pour ce bureau fédéral qu’il continue, seul contre tous, à fustiger et à vouloir mettre à genoux, en inventant une autre affaire dans l’affaire, celle du refus de figurer dans la poule 1 avant d’abdiquer et de se forcer à accepter. Devant cette tension alimentée et ce climat délétère, le ministère a opté pour la prudence et a ordonné un second report dans l’attente que les choses s’éclaircissent et que la température baisse dans un paysage sportif bouillonnant. Plus de peur que de mal puisque le coup d’envoi, qui a fini par avoir lieu, s’est déroulé dans une atmosphère globalement satisfaisante. Le problème est que suite à ces deux reports, toutes les cartes ont été brouillées et que le calendrier a connu de fortes perturbations avec les matches de la Ligue des champions et de la Coupe de la CAF. Résultat: deux premières journées hachées avec des matches retard à la pelle. Le pire, c’est que le problème ne va pas s’arrêter là et la fédération va se trouver contrainte de reporter encore les matches reportés puisqu’ils coïncident avec les engagements de l’équipe nationale olympique. Le CSS a ainsi demandé, à juste titre d’ailleurs, le report de son match de la première journée contre l’Espérance déjà ajourné pour une date ultérieure, vu l’engagement de plus de trois de ses joueurs avec les Olympiques. La fédération, qui ne pouvait refuser une telle demande, a donné une suite favorable à cette requête et le classico est renvoyé pour une date encore inconnue. Jusqu’où va-t-on s’engouffrer dans cet engrenage sans fin ? Sait- on tout le mal qu’on est en train de faire subir à notre football ? Est-on toujours conscient qu’on est presque à un mois de la Coupe du monde et qu’avec un telle feuille de route changée sans cesse et corrigée à l’aveuglette, dans la précipitation et l’improvisation, on ne met pas l’équipe de Tunisie dans des conditions normales à défaut d’être idéales pour être prête le jour J à ce prestigieux rendez-vous mondial, faire bonne prestation et bonne figure et aspirer à l’exploit de passer au second tour ? Jusqu’à maintenant, on est persuadé du contraire. C’est malheureux, mais c’est comme ça. Le feu qui est à l’orange risque de virer au rouge. Le vert, on n’y croit plus déjà.

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