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Règlement judiciaire de Shems FM et Dar Assabah : le SNJT appelle Saïed à intervenir


 

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), a adressé, ce vendredi 14 octobre 2022, une lettre au président de la République, Kaïs Saïed, pour l’exhorter à intervenir afin de suspendre le règlement judiciaire de Shems FM et de Dar Assabah.

 

Le syndicat a appelé le chef de l’Etat à intervenir dans l’immédiat pour suspendre le règlement judiciaire des affaires de Shems FM et de Dar Assabah, qu’il dit hâtif et révélateur d’une faiblesse dans la gestion d’une crise « fabriquée ». « Nous avions proposé des solutions alternatives qui pourraient éviter à notre pays une crise sociale sans précédent. Nous vous appelons à lancer un dialogue sérieux sur toutes les problématiques du secteur des médias, dirigé par la présidence du gouvernement collectivement avec les parties prenantes et le ministère des Affaires sociales » a ajouté le SNJT.

Il a enfin souligné que toutes les parties concernées doivent œuvrer de concert pour aboutir à la réussite du dialogue visant à éviter au pays la crise sociale la plus grave pour le secteur des médias, qui conduirait, pour la première fois, à la fermeture de sept institutions médiatiques.

 

On rappellera que la Commission nationale de gestion des avoirs et des biens objet de confiscation ou de récupération en faveur de l’Etat a décidé de soumettre « Dar Assabah » et la radio Shems Fm à un règlement judiciaire. La décision a été transmise à la présidence du gouvernement pour validation. Ni la présidence de la République, ni la présidence du gouvernement, ni le ministère des Finances n’ont répondu aux demandes de rencontres du SNJT.

Dans une déclaration accordée à Shems Fm à la date du 5 octobre 2022, Amira Mohamed, vice-présidente du syndicat, a indiqué que le SNJT demandait une rencontre en urgence avec le président de la République Kaïs Saïed et la cheffe du gouvernement Najla Bouden. Le secrétaire général de la Fédération générale des médias, Mohamed Saïdi a affirmé au micro du même média que les syndicalistes étaient prêts pour la confrontation et que ceci pouvait signifier le boycott des élections législatives.

Lors d’une conférence de presse tenue à la même date aux locaux du SNJT, Amira Mohamed a estimé que le gouvernement fuit ses responsabilités. Le pouvoir exécutif et Al Karama Holding sont, selon elle, responsables de la dégradation de la situation de ces établissements. Al Karama Holding avait été chargée de nommer des administrateurs judiciaires à leur tête et de suivre la gestion des établissements. « Le rapport réalisé par l’instance de contrôle au sein du ministère des Finances révèle l’existence des dépassements au sujet de la cession de Shems Fm… Pourquoi n’a-t-on pas poursuivi les auteurs de ces dépassements ? Le chef du gouvernement ayant pris cette décision, Hichem Mechichi, se trouve au Qatar… Le règlement judiciaire peut inclure un programme de sauvetage sauf que le pouvoir a décidé de ne pas le faire et de ne pas octroyer de fonds permettant cela… Les institutions étatiques font pression sur Shems Fm, Assabah et La Presse (…) L’Office national de la Télédiffusion et la CNSS sont les premiers à le faire… Il n’y a pas de volonté politique de préserver les entreprises, les emplois et la diversité du paysage… On cherche à faire taire les médias », a-t-elle ajouté.

 

S’exprimant par la suite, le secrétaire général de la Fédération générale des médias, Mohamed Saïdi a mis l’accent sur la dangerosité de la situation. Il a déploré l’attitude du ministre des Technologies de la communication, Nizar Ben Néji en affirmant que ce dernier bloquait la mise en place d’une plateforme dédiée à la publicité et pouvant garantir d’importants revenus aux médias. Il a affirmé que le pouvoir en place avait adopté une politique cherchant à porter atteinte aux médias et à mettre fin à la diversité au sein de ce secteur. Il a considéré que les établissements publics procédaient volontairement et sans raison à l’annulation des abonnements. « Une déviation peut être remarquée depuis le 25 juillet… Il y a des solutions… Nous demandons à être écoutés… Il y a plus de 600 personnes concernées… Nous voulons préserver les emplois », a-t-il dit.

 

M.B.Z

 

 


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