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Rapport 2020 sur la lutte contre la traite des personnes: L’Inltp tire la sonnette d’alarme !

L’exploitation des femmes et des enfants et la vente des nourrissons ont pris de l’ampleur et gagné du terrain.

Quatre ministres, à savoir de la Justice, des Affaires étrangères, de l’Intérieur, ainsi que de la Femme, ont officiellement assisté, hier à Tunis, à la présentation du rapport national 2020 sur la lutte contre la traite des personnes, phénomène dont la crise sanitaire causée par la pandémie du Covid-19 avait de plus en plus aggravé et multiplié ses victimes. Mais elle a aussi tout changé, impactant ainsi le profil des criminels et l’aspect intrinsèque du trafic des êtres humains.

2020, une année charnière

2020 était, pour Mme Raoudha Laâbidi, présidente de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes (Inltp), une année charnière, où la prévalence d’exploitation des femmes et des enfants et la vente des nourrissons avaient pris de l’ampleur et gagné du terrain. « L’on a enregistré, l’année dernière, 907 victimes contre 1.313 cas en 2019, soit une légère baisse constatée», révèle Mme Laâbidi, indiquant que son rapport est le résultat d’un recoupement des données et d’informations recueillies sur la base des sources croisées. Toutefois, en dépit d’un tel recul souligné à ce niveau, il n’est pas évident que le nombre des victimes a baissé d’un cran. Mais, cela est dû, en partie, aux diverses circonstances dictées par le Covid dont particulièrement l’état de confinement prolongé, le couvre-feu imposé et les interdictions de déplacement entre les régions. Ceci étant, les chiffres en disaient long sur la réalité du trafic des personnes : «Les deux tiers des victimes sont, malheureusement, des femmes et des enfants, avec plus de 40% qui sont des étrangers dont la majorité étant des migrants irréguliers», déplore-t-elle. Et d’ajouter, dans ce sens, que le rythme croissant d’exploitation sexuelle des enfants avait battu tous les records, dépassant les 180%. Un taux jamais atteint, depuis la création de l’Inltp en 2016. Idem, la vente des bébés a connu une évolution de plus de 62%. Autant d’indicateurs si alarmants, déduit-elle, qu’il faut agir plus vite pour déceler ce phénomène et en éradiquer les causes.

Une commission ad hoc envisagée

Qu’en est-il des lois et des stratégies de lutte ? L’exposé de ce rapport fait devant un parterre d’officiels semble avoir retenu l’attention des ministres présents. Mme Leila Jaffel, ministre de la Justice, vient d’annoncer une bonne nouvelle : création envisagée d’une commission ad hoc, chargée du suivi des outputs et recommandations issus dudit rapport.

Constituée sous sa tutelle, elle réunit les différents ministères concernés, des organisations nationales et internationales et des acteurs de la société civile tunisienne, actifs en matière de lutte contre la traite des personnes.

Cette décision intervient en réponse à l’appel maintes fois réitéré par l’Inltp. De quoi réjouir sa présidente, Mme Laâbidi, qui n’a pas manqué de faire valoir un tel engagement de l’Etat. Par ailleurs, Mme Jaffel a saisi l’occasion pour mettre en avant les efforts déployés par le ministère et l’approche participative qu’il a adoptée en la matière.

Profession de foi

De même, le ministre des Affaires étrangères, Othmane Jerandi, a réitéré sa détermination à faire fonctionner les mécanismes de sa diplomatie, afin d’aider à contourner ce fléau transnational.

Il compte agir sur nos ambassades et consulats à l’étranger pour s’assurer que les Tunisiens embauchés par le biais des contrats ne font l’objet d’aucune forme d’exploitation.

De son côté, Mme Amel Moussa Bel Haj, ministre de la Femme, s’est montrée à la disposition de l’Inltp pour lui fournir l’assistance requise. D’ailleurs, les délégués de protection de l’enfance, relevant de son département, constituent pour l’Instance de Mme Laâbidi un partenaire stratégique dans la détection du phénomène.

De même pour le ministre de l’Intérieur, représenté à la conférence par son chef de cabinet.

Ce dernier a indiqué que son département œuvre d’arrache-pied, afin de soutenir les efforts de l’Inltp et faire de son mieux pour contourner ce crime. Une profession de foi qui devrait trouver son expression dans l’application des lois et des législations.


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