Economie tunisie

Proposition d’accroissement des droits de douane et craintes d’impact sur le pouvoir d’achat et le secteur extérieur

Des sources médiatiques, locale et internationale, viennent de relayer une proposition officielle pour augmenter les droits de douane sur un peu plus de 1300 produits de consommation courante, des matières premiers et des semi-produits entrant dans plusieurs processus industriels et ce, en relevant ces droits de 35% actuellement à 50%.

La liste des produits proposées pour augmenter les droits de douane comprend des denrées alimentaires prêtes à l’emploi et transformables, des fournitures ménagères, vêtements, meubles, ameublement, fournitures scolaires, ainsi que des matières premières utilisées par les secteurs exportateurs, et d’autres utilisées dans le secteur des services.

En outre, la proposition porte sur des produits de consommation de masse tels que les savons, les produits d’entretien et d’hygiène, les conserves, les jus, boissons, l’alcool et d’autres produits alimentaires consommés par de larges franges de la société tunisienne notamment au niveau des secteurs de restauration et de l’hôtellerie lourdement sinistrés depuis plusieurs années.

L’impact est double puisque l’accroissement proposé des droits de douane touchera directement les prix des importations mais surtout l’assiette de l’imposition qui comprend les droits de consommation et la taxe sur la valeur ajoutée appliqués d’une manière abusive sur le prix des biens importés auxquels on ajoute les droits de douane : une « technique » fiscale de double imposition hors normes internationales, typiquement tunisienne.

Tout sera supporté par le consommateur final au grand bonheur, certes, des contrebandiers offrant toujours des produis hors normes et des prix de moins en moins chères.

Les observateurs sont toujours unanimes que la rationalisation des importations ne doit pas se faire par le relèvement des droits de douanes déjà très élevés au risque de subir des sanctions par l’Organisation Mondiale de Commerce (OMC) pour entrave à la liberté du commerce, mais à travers l’interdiction des importations des produits hors normes techniques et sanitaires, de contrefaçon et autres qui inondent le marché tunisien dont principalement les produis turques (3 milliards de dinars à fin septembre dernier).

La proposition de relèvement des droits de douane s’inscrit semble-t-il dans le cadre d’un plan visant à freiner les importations et à limiter les sorties des devises très utiles pourtant pour l’achat des voitures administratives luxueuses, carburants et pièces nécessaires à leur fonctionnement pour 1 milliards de dinars par an.

Le Président de la République Kais Saied a appelé récemment, lors d’un Conseil des ministres, à réduire les importations d’articles de luxe et à s’appuyer davantage sur les ressources propres du pays pour sortir de la crise économique qui sévit au pays.

Saied a déclaré qu’une politique d’austérité devrait être mise en œuvre, que tous les intervenants doivent assumer leurs responsabilités, à cet effet, tout en indiquant que l’offre d’articles de luxe tels que les voitures de cette catégorie doit être réduite, faisant allusion à la possibilité de prendre des décisions, dans ce sens.

Cependant, l’augmentation des droits de douane telle que proposée entraînerait surement des hausses des prix de la plupart des articles de consommation sur les marchés de gros et de détail, tandis que les consommateurs supportent plusieurs charges fiscales lourdes en consommant dans les circuits formels.

L’augmentation des droits de douane constitue également un grand danger pour les exportations, car 40% des exportations tunisiennes nécessitent des matières premières importées de l’étranger pour leur fabrication vu le faible taux d’intégration de l’industrie nationale, ce qui est de nature à réduire la compétitivité des produits exportés.

La restriction des importations est une mesure qui été précédemment adoptée en 2018 pour freiner l’effondrement de la monnaie nationale, après que le dinar ait enregistré une baisse record de son cours par rapport au dollar, estimé à environ 27%.

En octobre 2018, la Banque centrale de Tunisie a décrété des mesures en demandant aux banques de cesser le financement des importations d’environ 220 produits de consommation et de resserrer les conditions à l’importation, d’une façon générale, dans le but de réduire le déficit commercial, après une précédente décision d’augmenter les droits de douane sur plusieurs biens de consommation. Cette démarche a été rapidement abandonnée sous la pression du patronat.

D’un autre côté, les Tunisiens subissent les répercussions des pressions inflationnistes sur leur vie quotidienne, craignant que la nouvelle loi de finances n’entraîne une augmentation des taxes sur les biens de consommation courante ou les revenus.

L’inflation a augmenté en octobre dernier à 6,3% en glissement annuel, et ce, sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires, notamment des volailles, dont les prix ont bondi de 27,3%, tandis que les prix des œufs ont augmenté de 14,4%, et ceux des produits frais de 13,7%.

Outre le groupe alimentaire, les autres groupes de produits inclus dans le panier de consommation des Tunisiens a enregistré une augmentation des prix d’après les dernières données de l’Institut National de la Statistique, notamment les produits pharmaceutiques (8,5%) et les matériaux de construction (12,4)%.


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