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Première rencontre Bouden-Taboubi: La préservation du pouvoir d’achat, une priorité absolue

Pour leur première réunion, l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) et la Cheffe du gouvernement, Najla Bouden, évoquent avec optimisme la nécessité de travailler la main dans la main pour dépasser l’actuelle crise. Si les défis sont énormes et les attentes des Tunisiens le sont encore plus, il n’y a pas de place pour une tension entre les deux parties, notamment dans ces circonstances que traverse le pays depuis plusieurs mois.

Après un premier appel téléphonique suite à la formation du gouvernement, Noureddine Taboubi, premier responsable de la Centrale syndicale, et Najla Bouden ont eu un entretien ayant porté sur les derniers rebondissements sur la scène politique mais aussi et certainement sur les dossiers conjoints entre les deux parties.

Si lors de cette rencontre, Bouden a souligné son engagement de respecter le dialogue social et de coopérer avec la centrale syndicale concernant le traitement des différentes questions portant sur l’intérêt général du pays, les deux responsables se sont mis d’accord sur la tenue de réunions lors de la prochaine période afin d’examiner les dossiers sectoriels.

En tout cas, Noureddine Taboubi a qualifié de positive cette première réunion entre les deux parties laissant savoir que les prochains jours, qui traceront les grandes orientations du gouvernement, déterminent les relations et la coopération entre la partie syndicale et l’Ugtt. Signalant «avoir perçu chez la Cheffe du gouvernement une volonté de réussite, de persévérance et de patriotisme», le chef de la centrale syndicale estime que «Bouden a confiance en la place de l’Ugtt et dans le dialogue positif».

Il explique, à cet effet, que «la Cheffe du gouvernement compte sur la Centrale syndicale en vue de sauver le pays de la situation difficile sur le double plan social et économique», car, selon ses déclarations, ces deux secteurs revêtent une «priorité absolue pour l’Ugtt», appelant «à laisser de côté les différends politiques et à s’occuper de l’intérêt du pays».

Dossiers urgents

Si pour l’Ugtt les dossiers sociaux et économiques acquièrent une priorité absolue, pour le gouvernement la chose économique préoccupe le plus. Car le constat est sans appel : selon l’expert-comptable Anis Wahabi, les besoins nets pour boucler le budget de l’année 2021 s’élèvent à 3 milliards de dinars, la mobilisation de cette somme doit se faire soit en recourant à un financement direct à travers la Banque centrale de Tunisie (BCT), soit via le mécanisme de coopération bilatérale pour s’assurer un appui budgétaire.

Pour répondre à ces pressions financières, l’Ugtt et le gouvernement tiennent à une parfaite coopération pour dépasser cette situation mais encore faut-il transformer les intentions en actions.

S’agissant des dossiers sociaux, la préservation du pouvoir d’achat des Tunisiens serait pour les deux parties à la tête des priorités. La classe moyenne, qui représente selon certaines estimations 80% de la population et composée essentiellement de salariés de la fonction publique, fait face à une nette dégradation de son pouvoir d’achat. Si le Chef de l’Etat avait à maintes reprises appelé à faire baisser les prix des produits de consommation et à resserrer l’étau autour du phénomène de monopole et de spéculation, les Tunisiens n’ont pas observé une amélioration de la situation. Pire encore, certains produits ont vu leurs prix s’envoler au cœur de cette crise politique, économique et sociale. En tout cas, dès le départ, la Cheffe du gouvernement avait promis d’instaurer un Etat fort et capable de faire face à tous les défis économiques. Tout cela passe, selon ses dires, par l’efficacité des entreprises publiques mais aussi par la concrétisation des principes d’équité et de lutte contre la corruption. Compte tenu de la situation économique, elle a mis l’accent sur la nécessité d’accélérer le circuit économique, encourager l’investissement et améliorer le pouvoir d’achat des citoyens. La gestion des affaires de l’Etat impose, a-t-elle dit, une opération d’évaluation, d’analyse et de réorganisation pour ordonner les priorités et œuvrer au rétablissement de la confiance en l’action gouvernementale, a-t-elle souligné.

En quête de stabilité politique et sociale

Sauf que tous ces programmes et projets gouvernementaux nécessitent une stabilité politique et sociale qui fait actuellement défaut. Hier à Sfax, l’Union régionale du travail relevant de l’Ugtt a décrété une grève générale rejetée par l’Utica. Les salariés de 174 entreprises ont été concernés par cette grève, leur principale demande est d’ouvrir des négociations sociales et d’augmenter les salaires, sachant que l’accord-cadre est en place depuis 2020 et que les négociations à ce sujet ont été reportées en raison de la pandémie. Hfayedh Hfayedh, secrétaire-général adjoint, est allé jusqu’à évoquer la grève générale si une telle situation sociale se poursuit. Appelant au dialogue avec le patronat, il a affirmé qu’en cas de «grève générale, Sfax sera le point de départ».

La situation politique est également tendue depuis les événements du 25 juillet. Si le Chef de l’Etat campe sur sa position rejetant tout retour au travail parlementaire, ses adversaires politiques ne cessent de faire pression même en exploitant leurs relations étrangères. D’ailleurs, entre Carthage et la Place Mohamed-Ali, ce ne sont pas les beaux jours, la tenue d’un dialogue national en est la cause. Certaines informations évoquent même une rupture entre les deux parties, d’autant plus que la dernière réunion entre Taboubi et Saïed remonte au 26 juillet.

Les canaux de communication sont-ils rompus entre la Présidence de la République et l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) ? Rien ne l’indique ni ne l’infirme ! Et pourtant, des rumeurs persistantes indiquent que rien ne va plus entre le Président Kaïs Saïed et la centrale syndicale. Sauf que cette dernière avait démenti de telles informations.


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