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Polémique autour des dédommagements et indemnisations des victimes de la dictature: Ennahdha paye le prix fort des faux pas de ses dirigeants !

Sur fond de polémique sur les dédommagements et indemnisations des victimes de la dictature, le parti Ennahdha est en train de payer cher le prix de ses politiques tout au long de ces dix dernières années.

Rached Ghannouchi est pour les Tunisiens, comme pour la base du mouvement islamiste, le principal responsable de la crise que connaît la Tunisie.

Sur fond de polémique sur les dédommagements et indemnisations des victimes de la dictature, le parti Ennahdha est en train de payer cher le prix de ses politiques tout au long de ces dix dernières années. Rached Ghannouchi est pour les Tunisiens, comme pour la base du mouvement islamiste, le principal responsable de la crise que connaît la Tunisie. La question des dédommagements des victimes de la dictature de Ben Ali conserve toujours ses secrets. Il n’existe jusqu’à aujourd’hui aucune donnée fiable sur la nature ni la valeur des dédommagements octroyés à certaines personnes après la révolution.

Si le parti Ennahdha rejette tout dédommagement reçu après le 14 janvier, il est toujours placé sur le banc des accusés d’avoir nui à l’économie nationale. Mais jusqu’à présent, on ne connaît pas la vérité, alors que les Tunisiens s’enfoncent de plus en plus dans une crise sociale et économique. Il faut certainement se rappeler les déclarations du leader d’Ennahdha Abdelkarim Harouni qui avait ouvertement appelé au dédommagement des victimes de la dictature, considérant cela comme étant un droit acquis. Des déclarations polémiques qui ont fini par une explosion sociale un certain 25 juillet, à l’issue duquel Kaïs Saïed a décidé de dissoudre le Parlement et d’opérer son coup de passage en force jusqu’à présent inachevé. L’ultimatum fixé au 25 juillet 2021 par le dirigeant nahdhaoui au gouvernement pour verser les dédommagements a été la goutte qui a fait déborder le vase, d’autant plus que la Tunisie s’enfonçait dans une crise économique sans précédent. Ces déclarations faites dans l’objectif de regagner la confiance des bases électorales du parti, ont fini par affaiblir considérablement Ennahdha et par l’écarter des cercles de prise de décision. Au fait, ce sujet fait l’objet de tiraillements même au sein du parti lui-même. Le témoignage du dirigeant démissionnaire d’Ennahdha et ancien ministre, Mohamed Ben Salem est révélateur. Il estime que Abdelkarim Harouni «doit se mordre les doigts d’avoir relancé le débat autour du Fonds de la dignité et des dédommagements qui devraient être accordés aux nahdhaouis ayant souffert sous le régime de Ben Ali». Pour lui, c’est une erreur fatale qui a entraîné le parti dans une situation critique. «Il aurait dû demander la permission des structures avant de lancer ce ultimatum» a-t-il poursuivi.

Le vrai du faux !

Indépendamment de ces déclarations qui sont à l’origine des événements du 25 juillet, la question des dédommagements des victimes de la dictature de Ben Ali et notamment des personnes appartenant au parti Ennahdha était toujours entourée de flou. Le parti et ses dirigeants ont-ils vraiment reçu de grandes sommes d’argent tout au long de ces dix dernières années sous forme d’indemnisation ? Selon l’article 41 de la loi sur la justice transitionnelle, l’Etat doit mettre en place un fonds dénommé «Fonds de dignité et de réhabilitation des victimes de la dictature» pour dédommager les victimes du despotisme. Les modalités d’organisation, de fonctionnement et de financement dudit fonds sont fixées par décret qui n’a pas été encore promulgué. Le président de l’Instance générale des résistants, des martyrs et blessés de la révolution, et président de la commission de gestion du fonds de la dignité et de réhabilitation des victimes du despotisme, Abderrazek Kilani, apporte plus d’explications à cet effet. Il affirme que le nombre de décisions de réparation s’élève à 29 950, laquelle réparation revêt plusieurs aspects : moral, matériel, poursuite du parcours professionnel, etc.

Selon ses estimations, trois milliards de dinars sont nécessaires pour dédommager l’ensemble des victimes, or, insiste-t-il, à part quelques cas urgents et la prise en charge des malades, aucun dédommagement n’a eu lieu jusqu’à présent. Donc, par les canaux officiels, l’Etat tunisien n’a dédommagé aucune victime de la dictature, y compris ceux d’Ennahdha. Mais pour certains partis politiques et activistes de la société civile, Ennahdha aurait accédé illégalement à de grandes sommes d’argent, alors qu’il monopolisait le pouvoir.

Le recrutement comme dédommagement ?

Aussi, le parti aurait également accès à d’autres privilèges, comme notamment, des postes d’emploi dans la fonction publique. L’ancien ministre des Finances du gouvernement de Hamadi Jebali, Houcine Dimassi, a reconnu dans ce sens qu’à l’époque, le mouvement Ennahdha a déjà indemnisé les “victimes de Ben Ali” via des recrutements massifs au sein de la fonction publique.

«La fonction publique est devenue insignifiante car plusieurs affectations n’étaient pas nécessaires. Certains analphabètes ont été affectés à des postes directifs. Après ma démission en 2012, la fonction publique a enregistré près de 50 mille affectations supplémentaires ! En 2013, près de 40 mille ! C’est inadmissible », dénonce-t-il.

La masse salariale a carrément explosé après la révolution à cause des recrutements jugés abusifs et non étudiés dans la fonction publique constituant un enjeu majeur pour les différents gouvernements postrévolution. Seulement durant les trois premières années après la révolution, quelque 67.000 demandeurs d’emploi, dont plus de 9.000 blessés de la Révolution ont été recrutés, selon des chiffres officiels. Avant la révolution, en 2010, l’Etat embauchait 404.000 salariés dans la fonction publique. Ce chiffre a presque doublé en l’espace de moins de 9 ans, laissent savoir, en revanche, d’autres statistiques issues notamment de la société civile.

Ghannouchi sur le banc des accusés

Indépendamment de cette polémique sur les dédommagements et indemnisations, le parti Ennahdha est en train de payer cher le prix de ses politiques tout au long de ces dix dernières années. Rached Ghannouchi se présente pour les Tunisiens comme pour les bases d’Ennahdha comme le principal responsable de la crise que connaît la Tunisie. Récemment, le fondateur du parti islamiste s’est dit prêt à démissionner de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) suspendue, « en cas de retour à la normale et à la vie parlementaire ». Une telle concession que certains observateurs de la scène nationale jugent tardive dans la mesure où le Président de la République, Kaïs Saïed, semble aller jusqu’au bout dans sa manœuvre politique

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