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Pénurie d'huile végétale : à cause des impayés de l'Etat, des usines sont en péril


 

L’huile est manquante sur le marché, ont affirmé les professionnels du secteur. Non seulement les quantités importées ne sont pas suffisantes mais aussi la dernière cargaison qui est entrée au pays date de mi-août. Pire, certains prestataires n’ont pas été payés, plusieurs usines sont fermées et risquent de ne plus ouvrir outre le fait que d’autres fermetures pourraient intervenir, si la situation perdure.

 

Au micro de Jihène Miled dans son émission Sbeh Enness sur Mosaïque FM, le président de la Chambre d’embouteillage des huiles végétales, Mokhtar Ben Achour, a affirmé, jeudi 15 septembre 2022, qu’il y a un manque flagrant d’huile dans le pays depuis un an et demi à deux ans.

« L’approvisionnement et les quantités importés ne sont pas suffisants : pour répondre aux besoins du pays. Il nous faut 170.000 tonnes par an, alors qu’aujourd’hui, l’Office de l’huile n’a importé que 30 à 40% de la quantité nécessaire pour couvrir nos besoins », a-t-il expliqué.

Et de préciser que les professionnels d’embouteillage n’ont pas été approvisionnés depuis un mois, plus précisément depuis mi-août 2022. Ainsi, les usines, qui assurent 9.000 emplois directs et indirects, sont à l’arrêt. Et les salariés ne sont pas payés et sont souvent payés un mois sur deux, selon le rythme de travail. Pour cette rentrée scolaire, ils sont sans revenus, n’ayant pas travaillé.

Et de spécifier que l’entrée sur le marché de consommation de la dernière cargaison d’huile date du 15 août dernier.

 

 

 

Interrogé sur la date d’arrivée de la prochaine cargaison d’huile, le président de la Chambre d’embouteillage des huiles végétales, Mokhtar Ben Achour pense qu’elle sera en octobre.

S’agissant des demandes d’augmentation de prix de l’huile, il a expliqué qu’en tant qu’usines d’embouteillage d’huile, la fixation des tarifications ne fait pas partie de leur prérogative et que les marges bénéficiaires sont fixées par le ministère du Commerce.

Et de noter que si on supprime la compensation, le prix du litre sera situé au minimum entre cinq et six dinars.

 

En réponse à une interrogation de l’animatrice, M. Ben Achour a souligné que des usines sont en train de fermer. Selon lui, sur les 43 unités, une a déposé le bilan, vingt sont en difficultés et en péril. Ainsi et toujours selon ses dires, 80% du secteur est en faillite.

 

Pour sa part, le président de la Chambre des raffineurs d’huiles végétales Slim Ben Aissa a affirmé que les raffineurs d’huiles n’ont pas été payés depuis mai 2021, donc depuis un an et demi.

Il a aussi mis en relief la baisse flagrante de leurs activités, qui a aussi eu des répercussions sur leur rentabilité.

En effet, les besoins du pays sont de 170.000 tonnes. Or, l’Office des huiles a importé 100.000 tonnes en 2021 et jusqu’à mi-septembre il n’a importé que 55.000 tonnes sur les 120.000 tonnes prévues

« Nous sommes à l’arrêt et nous n’avons pas été payés ! Nous sommes devenus dans l’incapacité de payer nos employés, la Steg et tous les intervenants. Même les banques ont arrêté de nous financer », a-t-il martelé. Et de spécifier que deux usines situées à Sousse et à Sfax ont fermé leurs portes alors que les autres sont en difficulté et sont menacés également de fermeture.

 

I.N


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