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Négociations gouvernement – UGTT : A quand le bout du tunnel ?


Les relations entre le gouvernement et la centrale syndicale sont toujours tendues. Si à un certain moment, les Tunisiens ont cru au dénouement de la crise, actuellement les négociations entre les deux parties n’avancent pas comme prévu, alors que le climat social ne peut plus supporter d’autres tensions.

Le gouvernement et l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) se sont engagés dans un processus de négociations sur plusieurs niveaux à l’issue de la signature d’un pacte social. Négociations sociales, circulaire numéro 20, réformes socioéconomiques, entreprises publiques et autres, tout est mis sur la table des négociations.

Jusqu’à la rédaction de ces lignes, aucun accord n’a été trouvé entre les deux parties, notamment au sujet des négociations sociales. Pour certains, on compare la situation à un dialogue de sourds, pour d’autres, les partenaires sociaux sont toujours dans l’impasse puisqu’on ne peut plus faire de concessions. En tout cas, selon les dernières informations, les pourparlers entre les représentants du gouvernement et ceux de la centrale syndicale vont se poursuivre cette semaine.

C’est dans ce sens que le secrétaire général de l’Ugtt, Noureddine Taboubi, a estimé que la réunion au sein de la centrale syndicale est destinée à étudier les dernières propositions du gouvernement. «L’instance administrative de l’Ugtt étudie les propositions du gouvernement», a fait savoir Noureddine Taboubi.

Il a également déclaré que l’Union s’emploie à trouver des solutions rationnelles au sujet des négociations sociales.

Ajoutant que les négociations progressent et qu’une mobilisation générale est nécessaire en faveur du développement et de la création de richesses réelles.

Pour sa part, le secrétaire général adjoint de l’Ugtt, Sami Tahri, a assuré, hier,  qu’il existait des progrès dans les négociations avec le gouvernement.

«Il reste certains points importants à clarifier avec le gouvernement et qui concernent plusieurs sujets» a-t-il ajouté.

Les négociations sociales en suspens

Au fait, tout tourne autour des négociations sociales au titre 2021/2022/2023.

Si l’Ugtt exige des augmentations considérables à la lumière de la nette augmentation du taux d’inflation et de la détérioration du pouvoir d’achat des citoyens, le gouvernement veut retarder ces augmentations à partir de 2024.

En effet, les négociations axées sur des questions à caractère social sont entravées par la divergence des points de vue entre les deux parties.

Vendredi dernier, on a assisté à un nouveau round crucial des négociations. Pourtant aucun accord n’a été trouvé et cela ne sera pas sans conséquence sur le climat social.

On notera que le secrétaire général adjoint de l’Ugtt, Slaheddine Selmi, a indiqué que l’Union et le gouvernement ont échoué à trouver un terrain d’entente sur les questions abordées lors de ladite réunion de négociation.

Selmi a précisé qu’aucun accord n’avait été trouvé sur l’un des dossiers présentés lors de la réunion, y compris la question de l’augmentation des salaires, ajoutant que le gouvernement a soumis deux propositions sur la question mais qu’elles étaient très éloignées des propositions du syndicat.

Sur fond de crise

Ce qui complique davantage ces négociations, c’est aussi cette crise sociale qui est bien partie pour s’installer en Tunisie, malheureusement.

Du côté du gouvernement, on ne bénéficie plus d’une marge de manœuvre assez large dans la mesure où il est soumis à des pressions budgétaires énormes, mais aussi aux pressions du Fonds monétaire international (FMI).

Alors qu’aucun accord sur une nouvelle ligne de crédit n’a été trouvé, le FMI exige toujours des réformes douloureuses.

Cela approfondira certainement la crise en Tunisie du fait que les réformes prévues toucheront directement les familles tunisiennes et leur pouvoir d’achat.

En résumé, ces réformes toucheront l’équité fiscale, l’élargissement de la portée des filets de protection sociale et l’augmentation des transferts monétaires, outre le redressement des entreprises publiques déficitaires et surtout la limitation des dépenses publiques courantes.

Aussi, avant de débloquer ces fonds, le FMI veut-il s’assurer du climat social en Tunisie. Une entente entre le gouvernement et la centrale syndicale s’annonce donc cruciale à cet effet.

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