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Mohamed Skander Naija confiant pour l’avenir d’Ami Assurances

La compagnie d’assurances Ami Assurances est résolument tournée vers l’avenir. La société vient de clôturer avec succès, une semaine avant la fin des délais, une augmentation de capital assez conséquente de près de 93 MD. En outre, la société a entamé la deuxième phase de son plan de développement stratégique axé sur la diversification de ses produits qui commence à porter ses fruits, mettant fin à quelques années difficiles.

 

Pour plus de précisions, Business News a rencontré le DG Mohamed Skander Naija qui est revenu sur la situation de la société, mais surtout ses perspectives.

 

Succès de l’augmentation de capital

Ami Assurances (Assurances Multirisques Ittihad) est une compagnie d’assurance qui a 28 années d’existence, 700 agents entre salariés, agents généraux et collaborateurs au service de près de 500.000 clients. La société ambitionne de devenir un acteur de référence sur le marché et s’est donné les moyens de le faire.

Mohamed Skander Naija a annoncé à Business News la clôture avec succès de l’augmentation de capital décidée par la société.

« L’augmentation de capital, lancée le 22 septembre dernier, est clôturée, une semaine en avance et sans faire appel au public comme initialement prévu. Elle avait pour objectif de renforcer nos fonds propres, de rétablir nos ratios réglementaires mais surtout de financer la deuxième partie du plan stratégique, qui prévoit de la diversification et nécessite donc des fonds propres complémentaires, notamment pour l’assurance vie.

Cette augmentation est conséquente de près de 93 MD, ce qui en fait une des principales opérations d’augmentation de capital en Tunisie. Elle a d’ores et déjà été clôturée : on a même dépassé les 100%, une semaine à l’avance », a-t-il indiqué.

Cette levée de fonds en cette période de crise économique et de manque de liquidité prouve le potentiel de la compagnie. La souscription des actionnaires de référence (UGTT, le Groupe BNA et HBG Holding) à cette augmentation de capital et leur soutien est en soi un signe de confiance important. Aujourd’hui, la BNA détient 50,5% des participations de la société.

 

Trois années difficiles et une recapitalisation

Il faut dire que la société est passée par trois années difficiles (2017-2019), qui ont entrainé un déficit cumulé de 185 MD. C’est dans ce cadre que la société a mis en place son plan stratégique 2018-2025 visant à redresser la barre et se remettre sur les bons rails. La première phase s’est achevée avec succès, a assuré le DG, la société ayant renoué avec les bénéfices en 2020. Mieux, les chiffres de 2021 sont très prometteurs, a-t-il confié en soulignant que « l’hémorragie a été maîtrisée » et que le plan de recapitalisation vise à donner les moyens à la société pour mettre en place un plan ambitieux : hisser la société pour qu’elle devienne un leader et une référence du secteur.

 

A cet effet, un plan de recapitalisation a été décidé via quatre opérations :

En numéraire via l’actuelle augmentation de capital de près de 93 MD
Via une incorporation des réserves de près de 18 MD, effectuée en novembre 2020
Via des quasi-fonds propres en levant 35 MD de titres participatifs fin 2018 alors que 40 MD autres, validés par l’assemblée générale, seront levés fin de 2021.

 

S’agissant des raisons des difficultés passées de l’entreprise, M. Naija a estimé que l’hyperspécialisation de l’assurance en automobile lui a joué des tours avec une baisse des imports véhicules, une dévaluation du dinar qui se traduit par une explosion du coût de réparation et surtout un problème d’évaluation des sinistres et dans le provisionnement.

Pour exemple, le DG a précisé que lorsque le taux de change baisse de 20 à 30%, les coûts du sinistre augmentent de 30% alors que la prime est quasi-fixe (une bonne partie étant réglementée, l’autre régie par des conventions, et seule une petite partie variable). Ainsi, la société n’a pas pu répercuter ce surcoût, ce qui s’est traduit par des pertes.

C’est pour cette raison qu’un plan stratégique a été mis en place pour remédier à ces lacunes et propulser la société.

 

Plan stratégique 2018-2025

Le plan stratégique 2018-2025 visait en premier lieu à retrouver les équilibres de la compagnie et le management a surperformé le business plan.

« Selon ce plan stratégique, la société devait retrouver son équilibre financier et atteindre le bénéficie en 2022. Mais grâce aux efforts déployés, la société a été bénéficiaire dès 2020 », a affirmé Mohamed Skander Naija.

Et d’ajouter : « Le plan vise aussi à accompagner le développement de l’entreprise et notamment dans sa deuxième phase qui démarre en 2021 pour s’achever en 2025, avec un plan très ambitieux de diversification de son portefeuille qui était focalisé à plus de 90% sur l’automobile.

Depuis fin 2020, nous avons pris le virage vers un peu plus de diversification, notamment la banque assurance, avec la BNA Bank l’un des principaux actionnaires de la compagnie et en utilisant le réseau étendu d’agents généraux de la société pour proposer une panoplie de produits à l’ensemble des clients.

Ce plan devrait nous amener en 2025 à un développement encore plus rentable que par le passé. Et donc, Ami Assurances devrait être autour de 230 à 240 MD de chiffre d’affaires et un bénéfice de 20 à 25 MD ».

 

 

2020, un bon cru

Les efforts des équipes d’Ami Assurances commencent à porter ses fruits. En 2020 et malgré la baisse de l’activité à cause notamment de la pandémie Covid-19, la compagnie a renoué avec les bénéfices grâce à la baisse des charges de sinistres de 28%. Ce repli est imputable majoritairement aux travaux d’amélioration de la qualité du portefeuille initiée depuis 2018. La baisse des charges de sinistres en 2020 est expliquée aussi par celle de la branche automobile en raison partiellement du contexte du Covid-19 et son impact sur les restrictions des déplacements.

Pour sa part, le résultat des placements a lui atteint 13,1 millions de dinars (MD) en 2020, contre 10,6 MD en 2019, soit une croissance de 23%.

Malgré la baisse des primes, l’exercice 2020 a dégagé un résultat bénéficiaire de 0,6 MD contre un déficit de 29,9 MD en 2019.

 

Objectifs du plan de transformation

En ce qui concerne ses objectifs, la compagnie d’assurance veut rester une référence dans l’automobile et l’un des plus rentables, a expliqué le DG.

« Nous continuerons à nous développer sur l’automobile et à améliorer la qualité de service. En parallèle, Ami Assurances poursuivra l’innovation en lançant de nouvelles garanties, dont certaines inédites dans le secteur en Tunisie », a-t-il spécifié.

Et de détailler : « La compagnie dispose surtout de relai de croissance, notamment la banque assurance avec la BNA Bank (assurance voyage et assurance vie). Ce relai est en train de s’accélérer. 2021 qui va être une excellente année sur l’assurance vie pour nous, grâce principalement au réseau de la BNA. 2022 verra l’accélération de cette banque assurance, l’ensemble du réseau BNA proposant notre assurance vie avec les crédits de la banque. Mais surtout avec le lancement d’une nouvelle panoplie de produits imaginés et concoctés sur mesures par les équipes communes pour les 1,3 million de clients de la banques. Il y a tout un plan produit prévu sur les années 2022-2024 pour enrichir la gamme de produit proposée par la BNA sur l’assurance.

En outre, l’assurance travaille avec ses agents généraux sur un autre axe : la proposition d’une offre non-automobile aux clients. L’idée c’est de leur dire qu’il y a d’autres risques contre lesquels la compagnie peut les prémunir que cela soit pour l’habitation, la vie, la famille ou l’outil de travail.

Nous avons imaginé avec nos agents généraux une offre multirisque destinée aux professionnels, des commerçants, des professions libérales, des PME,… . Une offre très complète qui couvre toute l’activité des clients. Par ailleurs, bientôt, nous aurons une offre étoffée multirisque habitation ainsi qu’une offre accident corporel et nous allons étoffer encore plus l’offre assurance vie ».

 

Les Tunisiens demandeurs de produits d’assurance

Régissant à une interrogation sur le faible taux de pénétration des produits d’assurance et sur le fait que les Tunisiens se contentent des obligations légales en termes d’assurance, Mohamed Skander Naija a souligné : « Les clients ont évolué. Aujourd’hui, dans l’automobile, l’assurance responsabilité civile représente moins de 30% du chiffre d’affaires automobile. Le client achète jusqu’à trois fois plus de garanties facultatives que de garanties obligatoires ».

Il a poursuivi en spécifiant que « plus de la moitié du chiffre d’affaires vie n’est pas lié aux crédits, mais provient principalement de la capitalisation et de la préparation de projets (retraite, bourses d’étude pour enfants, …). D’ailleurs, nous avons des projets pour préparer la retraite complémentaire des clients BNA et de ceux de nos clients directs des agents généraux. Nous proposons aussi des assurances pour les risques d’incendie, de bris de machine, de perte d’exploitation, etc., des branches qui évolue chaque année avec un chiffre supérieur à l’automobile. La compagnie est en train de travailler sur la mise en place d’une assurance maladie individuelle.

La réalité est totalement autre aujourd’hui : Lorsqu’on explique à nos clients qu’ils peuvent couvrir leur habitation (incendie, dégâts des eaux, dommage électrique, …) pour 100 dinars par an et leur famille contre les accidents corporels pour même pas 40 dinars, le tout avec une simple déclaration et après la visite d’un expert pour constater et estimer le dommage ou présentation d’un certificat et les factures de soins, les Tunisiens achètent et n’hésitent pas.

Les entreprises font face aussi à tellement d’aléas : bris de machine, mini-incendie, rupture de chaine d’approvisionnement, vandalisme, émeutes. Tout ceci peut être couvert par l’assurance à un prix insignifiant par rapport à ce qu’elle pourra débourser en cas de sinistre.

Nous irons vers les besoins des Tunisiens en termes d’assurances ».

 

Bonnes perspectives d’avenir

Il faut dire que suite à tous ces changements d’envergure, le Top management se montre rassurant.

« On est très confiants en l’avenir et ceci pour plusieurs raisons. D’abord, on est optimistes de nature, mais surtout grâce à l’équipe en place, qui a réussi à relever les défis et réussir les challenges plus vite que prévu. Ce n’est pas juste un vœu pieux ou un optimisme béat, mais un optimisme basé sur une réalité : la première phase du plan mis en place en 2018 a été réussi haut la main par l’équipe, retrouvant l’équilibre en trois ans au lieu de cinq. Notre nouveau challenge c’est d’être en cinq ans parmi les premiers de l’assurance en Tunisie. 2021 est déjà de bon augure par rapport au plan établi », a soutenu le DG.

En effet, Ami Assurances table sur une croissance annuelle moyenne de 10% du chiffre d’affaires de la compagnie en passant de 144,1 MD en 2020 à 235,5 MD en 2025, selon le Business Plan 2020-2025 présenté.

Cette évolution sera accompagnée d’une baisse significative de la contribution de la branche Automobile. Son poids dans le chiffre d’affaires passera de 91% en 2020 à 71% en 2025.

Grâce à l’apport de l’augmentation de capital et celui des titres participatifs, la marge de solvabilité devrait être en conformité avec celle exigée par le CGA (Comité général des assurances) et ce, à partir de l’exercice 2024. L’apport de ces opérations permettra également de respecter le taux de couverture minimal des provisions techniques à partir de l’exercice 2022 pour s’établir à 102%.

Quant au résultat net, il devrait connaître une croissance annuelle moyenne de 113% en passant de 0,76 MD cette année à 27,2 MD en 2025.

 

Confiance dans le potentiel de la société

En ce qui concerne la distribution de dividendes, M. Naija pense que cela pourrait se faire à partir de 2027-2028. Et d’assurer : « Nos actionnaires soutiennent l’entreprise, croient en sa capacité à rembourser les titres participatifs dans les sept ans avenirs. Le plan stratégique a donné ses fruits les trois premières années et on a les moyens de nos ambitions : Nous sommes sûrs de nos capacités, de notre potentiel et de notre plan ».

Le DG a précisé que lorsque la société a entamé son plan, les difficultés économiques par lesquelles est passé le marché n’avaient pas été anticipées. « On avait prévu une croissance du secteur de 10% alors qu’elle est actuellement d’à peine 5 à 6%, une croissance du secteur automobile, une grande croissance dans l’assurance vie ainsi qu’une belle croissance du crédit, ce qui est loin d’être le cas. Et pourtant l’équipe a su s’adapter et ajuster le tir, malgré cette conjoncture », a-t-il noté.

Et d’ajouter : « Dans les cinq prochaines années, ce que je peux promettre c’est que quels que soient les aléas, on s’adaptera ».

 

Malgré la conjoncture économique difficile, Ami Assurances a su opérer les changements qui s’imposaient, en opérant un plan de transformation stratégique qui lui a permis de redresser la barre mais qui lui permettra surtout de prospérer, grâce à la diversification de son portefeuille. La compagnie d’assurance ambitionne aujourd’hui de devenir un acteur de référence et s’est donné les moyens de le faire. Affaire à suivre.

 

Imen NOUIRA

 


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