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L’ISIE ET LE RÉFÉRENDUM DU 25 JUILLET 2022: Sur fond de conflits et d’interminables palabres

• Les membres du comité directeur se liguent sous la conduite du président Farouk Bouasker pour exiger la révocation de leur collègue Sami Bouslama

• Les agents et cadres administratifs organisent un mouvement de protestation demandant la régularisation de leur situation

A une semaine de sa clôture officielle samedi prochain, 23 juillet, on se pose la question: comment les Tunisiens ont vécu les deux premières semaines (du 3 au 18 juillet) de la campagne  relative au référendum  programmé le lundi 25 juillet, jour au cours duquel les électeurs avaliseront ou rejetteront le projet de la nouvelle Constitution sur la base de laquelle sera édifiée la nouvelle République comme promis par le Chef de l’Etat?

La question puise également sa légitimité dans la situation où se trouve actuellement l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie), situation marquée par une tension qui va crescendo, de jour en jour, entre les membres de son comité directeur conduits par le président de l’Instance, Farouk Bouasker, d’une part, et,  d’autre part, Sami Bouslama, membre du même comité mais se comportant, dès le premier jour de sa nomination par le Président Kaïs Saïed au sein de l’Isie, en contestataire qui livre quotidiennement sur Facebook ou aux médias des déclarations et des positions généralement en contradiction avec les décisions prises par la direction de l’Isie dans  le cadre de sa gestion quotidienne du processus de l’organisation du référendum du 25 juillet.

Et la tension ou le conflit opposant Farouk Bouaskar et les membres de l’Isie à Sami Ben Slama de s’accentuer et devenir irrémédiable ou point de pousser Bouasker et ses alliés à livrer au Président Kaïs Saïed un dossier contenant «55 griefs, reproches ou accusations» à l’encontre de Ben Slama lui demandant de décider sa révocation du comité directeur de l’Instance. Décision que le Chef de l’Etat n’a pas encore prise et que Sami Ben Slama n’a pas hésité à considérer comme étant un geste de soutien de la part du Président à son égard.

Ainsi, Ben Slama continue-t-il à exercer ses fonctions au sein du comité directeur de l’Isie mais écarté des grandes décisions que Bouasker et ses alliés prennent sans le consulter et qu’il découvre comme tout le monde dans les médias.

Et parmi les décisions auxquelles Ben Slama n’a pas participé figure celle relative à la réouverture pendant deux jours de la campagne de participation au référendum face à ceux qui y ont déjà adhéré avant la parution de la copie amendée de la Constitution en date du 8 juillet, dans le but de confirmer leur premier choix (non ou oui) déjà publié par l’Isie.

On s’attendait à ce que les 151 participants déjà agréés par l’Isie (144 optant pour le oui et 7 ayant choisi de faire campagne pour le non) confirment ou revoient leurs choix initiaux, on a découvert, via un communiqué de l’Isie, qu’ils sont désormais 148 participants qui feront campagne pour le oui et 7 pour le non, ce qui veut dire que l’Isie a rouvert la campagne face à de nouveaux participants, une décision qu’elle n’a pas annoncée publiquement quand elle a décidé de rouvrir la campagne de participation au référendum, à la lumière des modification (46 au total entre corrections à caractère grammatical ou de lexique ou changements de contenu) qu’a comportées le texte de la Constitution publié le 8 juillet, soit la veille de l’Aïd El Kébir.

Des déclarations qui discréditent l’Isie

Et quand on essaye d’analyser ou même de comprendre les déclarations des différents membres du comité directeur de l’Isie, on découvre, malheureusement, qu’il n’existe pas une idée centrale ou une ligne directrice qui sous-tend le discours de l’Isie en cette période de référendum.

Il n’est pas très difficile d’observer la différence entre ce que professe Maher Jedidi, vice-président de l’Isie, et Mohamed Tlili Mansri, membre et ancien président de l’Instance. Il existe une différence de taille, voire une disparité totale de la mission qu’ils sont tous les deux appelés à accomplir.

Quand Maher Jedidi n’hésite pas à menacer publiquement de poursuites judiciaires ceux qui appelleront au boycott du référendum sans se soucier de préciser les lois sur lesquelles il se base pour lancer de telles menaces, Mohamed Tlili Mansri n’hésite pas, lui aussi, à insinuer ou à nous laisser comprendre que ceux qui appellent au boycott auront droit à la parole comme ceux qui ont déjà reçu l’autorisation de participer à la campagne.

Sauf que Tlili Mansri garde le silence quand l’Isie a rouvert la participation à la campagne mais n’a pas autorisé les partisans du boycott à y prendre part.

Enfin, faut-il relever le mouvement de contestation et de protestation organisé par les agents opérant au sein de l’Isie et des instances régionales qui dénoncent les mauvaises conditions dans lesquelles ils exercent et demandent la régularisation de leur situation auprès de la Cnrps.

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