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Les critères biaisés de la candidature du PDG de Tunisie Télécom

Nous ne sommes pas encore tout à fait dans une autocratie ou dans l’absolutisme théorisé par le philosophe anglais Thomas Hobbes, mais la Tunisie file droit vers ça, à marche forcée. Avec un chef d’Etat, Kais Saied, qui met la main sur tous les leviers du pouvoir, plus que de raison, flanqué de Nadia Akacha, son immense grise, celle qui souffle à l’oreille du président de la République, tous les ingrédients de l’autocratie sont réunis. Reste à savoir si au bout on aura le “despote éclairé” décrit par Hobbes ou si le projet inavoué de Saied va exploser en plein vol, sous les coups de boutoir des opposants et des partenaires étrangers. En attendant l’occupant du palais de Carthage s’occupe de tout, ou presque. Et même de la désignation directe du président directeur général (PDG) de la Société Nationale des Télécommunications (Tunisie Télécoms). Et encore s’il ne s’agissait que de ça on s’en accommoderait. Mais il y a les critères pour choisir les noms des trois perles rares – rarissimes même – qui finiront sur le bureau de Kais Saied. In fine un d’entre eux sera propulsé patron de Tunisie Télécoms…

Rien à dire sur le critère numéro 1 qui figure sur l’appel à candidatures émis par le ministère des Technologies de la communication : le département cherche des “personnalités de nationalité tunisienne reconnues par leur intégrité et leur compétence“. Imparable. Même l’intraitable Kais Saied n’a rien à dire sur cette première exigence qui relève du bon sens. Rien à dire également sur les autres critères qu’on peut qualifier de classiques et somme toute normaux pour piloter un des fleurons des entreprises publiques (même si la mariée a perdu de sa superbe), avec ses 6100 employés. Mais il y a ça : Ne pas être membre du Conseil d’administration d’une société, ne pas être un haut commis de l’état et n’avoir exercé aucune responsabilité politique.

On est à des années-lumière du bon sens

Si on barre tous les noms des membres de Conseils d’administration des entreprises du pays, on purge (un terme à la mode, pour le meilleur mais aussi pour le pire) l’appel à candidatures de personnalités de qualité, expérimentées et bien outillées pour relancer Tunisie Télécoms. Et Dieu sait que cette dernière a besoin de lumières en ce moment, comme d’ailleurs toutes les entreprises publiques publiques du pays. Jeter le doute – et le discrédit- sur tous les administrateurs des sociétés est un procédé illogique, dénué de tout fondement et contre-productif.

Que dire du fait d’évincer tous les hauts commis de l’état , au motif de tuer dans l’oeuf je ne sais quel risque. Là encore ça relève du doute généralisé sur des milliers – au bas mot – de talents, les mêmes qui ont tenu le pays en 2011 quand c’était la débandade généralisée suite au départ précipité de Ben Ali et quand il n’y avait en face aucun exécutif pour indiquer aux Tunisiens la direction.

Puis il y a un troisième critère, qui fait sursauter tous ceux qui ont voulu servir de bonne foi leur patrie – et oui il y en a – en prenant des responsabilités politiques, et dont certains ont même plaqué des postes juteux à l’étranger. A ces Messieurs/Dames et bien l’Etat leur dit qu’ils n’ont pas le droit de conduire aux destinées de Tunisie Télécoms. Et ce sera certainement valable dans les appels à candidatures à venir. A tous ces gens la patrie dit “Merci et au revoir !”…

Alors que si nous cherchons la réussite, les seuls critères à exiger sont simplement : Compétence, Mérite et Honnêteté  

Bouden est plus proche du Sarkozy de 2004 que de Chahed

C’est l’ancien chef du gouvernement Youssef Chahed qui avait exigé de choisir entre 3 CVS pour assainir le climat des affaires publiques. La nouvelle donne en Tunisie c’est que l’actuel occupant du palais de Carthage est à la manoeuvre pour la chose publique. Pour combien de temps encore ? Dieu seul le sait. Et pour ceux qui s’interrogent encore sur le rôle effectif de la cheffe du gouvernement, Najla Bouden, et bien je leur dirai que c’était cela le “deal” suite à l’activation du fameux article 80 de la Constitution : Kais Saied décide et Bouden exécute. Exactement comme l’avait asséné le défunt président français Jacques Chirac en 2004, pour calmer les ardeurs et l’appétit présidentiel grandissant de son Premier ministre de l’époque, Nicolas Sarkozy : “Je décide, il exécute“…

Première ministre, c’est exactement la désignation qui convient dans le cas de Najla Bouden, et pas cheffe du gouvernement. Reste à savoir combien de temps elle tiendra dans son périmètre très réduit, combien de chapeaux et couleuvres la locataire de la Kasbah devra avaler avant d’exploser littéralement.


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