Culture

«LeoMbri» de Ikbal Hamzaoui : Fusion et brassage


crédit photos : Karim KAMMOUN
Présenté vendredi dernier à Dar Gasem à la Rue du Pacha, «LeoMbri» se présente comme une rencontre… une fusion qui défie les distances et se place au centre d’une recherche scientifique qui n’a rien de fortuit.

Projet artistique, certes, qui tisse des liens et abolit les frontières à la recherche de points d’attache et des lieux d’ancrage dans une perspective où seule la musique se présente comme langage. «Ce projet musical est le résultat en musique de ma thèse de doctorat en musicologie soutenue en 2017, ayant porté sur les écoutes croisées entre le stambeli de Tunisie et le son jarocho du Mexique et ayant conclu à un fonctionnement musical similaire entre ces deux genres musicaux sur plusieurs aspects rythmiques, techniques de jeu et langage similaire entre deux instruments, à savoir le guembri tunisien et la leona mexicaine», c’est ainsi que présente Ikbal Hamzaoui son projet. De la recherche scientifique et universitaire au projet musical, tout un travail a été mis en place sur plusieurs phases dans la quête de voies possibles, de chemins à explorer, d’interactions qui semblent peu probables, mais ô combien évidentes. La démonstration présentée vendredi dernier en est la concrétisation qui se construit sur le dialogue et les rencontres entre plusieurs cultures musicales tunisiennes, mexicaines et espagnoles (avec le son jarocho) et la présence subtile des cultures musicales caribéennes à travers la contribution du pianiste espagnol d’origine cubaine Omar Sosa, le percussionniste vénézuélien Gustavo Ovalles et Pablo Hernandez Mejias à la guitare cuatro portoricaine.

crédit photos : Karim KAMMOUN

Le projet «LeoMbri» a réuni les musiciens de stambeli tunisiens avec le groupe mythique mexicain de son jarocho, Mono Blanco, dirigé par Gilberto Gutierrez Silva. La direction musicale et les arrangements ont été dirigés mutuellement par le pianiste espagnol d’origine cubaine, Omar Sosa et l’accordéoniste tunisien, Zouheir Gouja.

«LeoMbri» a été entamé à Tunis en 2014, avec la venue de Mono Blanco pour un concert et s’est transformé en rencontre avec les musiciens de stambeli, puis developpé en 2019 avec Omar Sosa à venir en Tunisie pour faire une première rencontre avec les musiciens de stambeli et avec Zouheir Gouja, explique Ikbal Hamzaoui. La réalisation de ce projet se présente en deux volets, à savoir un concert et un film documentaire, aboutissement musical et musicologique des liens musicaux et historiques entre la région de Veracruz au Mexique et le Maghreb avec pour fil conducteur le lien entre deux instruments tunisien et mexicain, à savoir le guembri et la leona et les arrangements des deux répertoires musicaux tunisiens et mexicains. Outre le concert, des master classes ont été réalisées à l’occasion dans les différents instituts supérieurs de musique de plusieurs régions de Tunisie, afin de permettre aux étudiants de connaître les instruments mexicains faisant partie du son jarocho et qui leur permettrait de voir les multiples ressemblances et techniques de jeu similaires du oud tunisien et de retrouver certaines figures rythmiques qui leur sont familières. La rencontre entre Omar Sosa et Zouheir Gouja a permis de choisir les noubas de stambeli qui y sont jouées et de réfléchir aux premières idées des arrangements musicaux qui ont été envoyés aux musiciens mexicains.

«LeoMbri» est une nouvelle tentative d’enrichissement mutuel, une rencontre mûrement réfléchie entre artistes et univers musicaux à la recherche de similitudes et de points d’attraction.

Une affinité si familière et si intense entre deux cultures, voire plus dont l’énergie et la dynamique ont résonné en plein cœur de la Médina de Tunis et probablement dans d’autres lieux encore.

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