Economie tunisie

L’entreprise autrement | L’impasse ?(*)

Stabilité, confiance, visibilté et transparence. Valeurs vitales pour toute vie économique épanouie, capable d’assurer le progrès dans toutes ses composantes et le bien-être social.Vitales et aussi interdépendantes. Valeurs qui,  chez nous aujourd’hui, brillent, hélas par leur absence, dans tous les domaines. Le politique et l’économique en premier.

Situation tragique, que nous avons déjà qualifiée de kafkaïenne à tous les points de vue (Voir notre chronique précédente) et qui rendra le sauvetage du pays quasi-impossible, le jour où ceux qui le gouvernent daigneront enfin penser le sauver.

Fruit de l’accumulation des problèmes dans notre pays, depuis son indépendance de façade en 1956, ladite situation, elle-même fruit de plusieurs années de tâtonnements, de graves erreurs, de conflits et de crimes contre le pays (2011-2019), risque de compromettre l’avenir de plusieurs générations, d’une manière irréversible.

Au lieu de favoriser la mobilisation des compétences, des énergies et des autres ressources, telles que le temps, l’image positive d’un pays qui se bat pour le progrès, l’état actuel du pays ne peut, en effet,  qu’exacerber conflits, gaspillages et autres fléaux responsables de la récession, de la régression et de la désintégration. 

D’où la nécessité de mettre fin à cette descente aux enfers qui  s’est déclenchée fin 2019 et qui s’est accélérée depuis le 25 juillet 2021, date du coup de force du locataire de Carthage. Acte accompagné de décisions en cascades qui ont eu le même effet que celui que produira un éléphant dans un magasin de porcelaine. 

Résultat, le pays, en dérive depuis des mois  est aujourd’hui  dans une impasse. Les législatives prévues le 17 décembre prochain ne feront qu’aggraver ladite situation. La «Constitition» du locataire de Carthage, qui incarne un pouvoir de fait, dépourvue de toute légalité, stipule en effet que c’est le chef de l’exécutif qui trace la politique générale qui servira de programme pour le pays.   

Or, le locataire de Carhage ne possède aucun programme ni aucune compétence pour diriger un pays. Pire il a été élu pour une mission qui se limite aux questions de défense et celles relatives aux affaires étrangères. Illégalité et illégitimité seront donc totales et omniprésentes.

Le soulèvement populaire de fin 2010- début 2011 a, certes, permis la décapitation d’un régime autocratique, pourri, mafieux et violent, mais il a échoué à faire changer les choses en profondeur. Pire, tous les conflits idéologiques, étouffés tant bien que mal depuis 1934, se sont exacerbés et rendu la vie publique infecte.

Un processus vicié a, hélas, été initié deux mois après la chute de Ben Ali. En abrogeant la Constitution et en dissolvant les deux chambres du Parlement, début mars 2011, le président par intérim de l’époque est devenu ainsi et, par voie de conséquence, illégal et aurait dû laisser la place à un conseil de la révolution. Instance provisoire législative et exécutive qui aurait rassemblé les représentants élus de toutes les formations politiques et sociales de l’époque, ainsi que les différents ordres des professions libérales et les conseils universitaires.      

Ledit conseil aurait pu gérer les affaires du pays jusqu’à ce que ce dernier se stabilise, reprenne son souffle et que les idées deviennent plus claires et que les formations politiques aient  le temps de concevoir des programmes bien ficelés. C’est, hélas, le contraire qui a eu lieu et qui a donné naissance à une décennie de gabegie.        

Il nous faudrait donc déclencher un processus sérieux capable de résoudre tous les problèmes qui traînent, comme déjà dit, depuis des décennies. Pour cela il nous faudrait organiser le plus tôt possible de vraies élections législatives et présidentielle (revoir la loi électorale). Le pouvoir de fait, du 25 juillet 2021, devant partir, car il a été un élément fondamental de la crise politique économique, sociale et morale qui s’est aggravée depuis début 2020, et avec lui sa «constitution». 

L’ensemble des forces vives de la nation dûment représentées pourraient calmement  tout revoir et concevoir de nouvelles politiques publiques. Nous devons créér un nouveau pouvoir, celui de la planification stratégique, le Congrès national. Pouvoir exécutif  et pouvoir législatif seront chargés eux  de traduire les politiques que ce pouvoir aura mis au point en programmes et plans d’action. Le tatônnement, le court terme, le rafistolage et les solutions imposées  doivent finir.

Ladite institution sera, ainsi chargée de tout remettre à l’ordre au niveau des grands choix du pays et des grandes réformes à  entreprendre. Elle commencera par élaborer un projet de réforme de la Constitution de 2014. Composée des représentants de tous les organismes nationaux élus, elle donnera au dialogue national une puissance délibératoire.   

Elle sera  chargée aussi de proposer dans les plus brefs délais un plan de sauvetage du pays, l’économie en premier lieu. L’organisation d’un congrès nationai puis son institutionnalisation sont ainsi devenues plus qu’urgentes, vitales même. (* ) III et fin 

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