Sport

Le football français cherche à attirer des fonds d’investissement

Le président de la Ligue de football professionnel et ancien président de l’Olympique de Marseille Vincent Labrune, à Paris en septembre 2020. FRANCK FIFE / AFP

Après le naufrage de Mediapro en 2020, et alors que la pandémie de Covid-19 n’en finit pas de faire des dégâts, le football français, au bord du gouffre, tente de se refaire une santé financière. Son idée : séduire un fonds d’investissement, qui à court terme injecterait des liquidités, et à plus long terme l’aiderait à trouver de nouvelles recettes.

La Ligue de football professionnel (LFP), assistée par deux banques, Centerview et Lazard, a lancé un appel d’offres auquel une dizaine de fonds a répondu. Finalement, elle en a retenu quatre. CVC, Oaktree, Silver Lake et Hellman & Friedman se sont dit prêts à investir 1,5 milliard d’euros. En échange, ils prendraient entre 12 % et 13,5 % d’une nouvelle société commerciale, contrôlée par la LFP. Ces offres valorisent le foot français entre 11 et 12,5 milliards d’euros.

Ces prochains jours, les quatre fonds vont avoir accès à la « data room », c’est-à-dire aux chiffres confidentiels de la LFP (données financières, contrats…). La LFP espère les voir présenter leurs projets aux clubs début mars. Avec le choix d’un partenaire dans la foulée, et une mise en route opérationnelle à la fin de la saison. En faisant appel à un fonds d’investissement, les clubs acceptent donc de se priver d’une partie de leurs recettes. Mais c’est le prix à payer pour éviter la faillite en fin de saison, alors que les clubs de Ligue 1 auront accumulé 1,86 milliard d’euros de pertes entre 2019 et 2022, selon une source proche de la LFP.

Les présidents de club espèrent qu’en échange, le nouveau partenaire développera les droits audiovisuels nationaux, mais surtout internationaux et numériques. « Les droits internationaux représentent 70 millions en France, contre 300 à 400 millions d’euros en Allemagne et en Italie, et 700 millions en Espagne », indique l’un des protagonistes chargé du projet. Dans le numérique, le foot français espère s’inspirer de Sorare, cette start-up qui commercialise des sortes de cartes Panini numériques de joueurs. « Sorare peut avoir des droits des joueurs individuellement, mais pas ensemble. Seule la Ligue les a. Il y a donc du potentiel », poursuit la même source.

La LFP emboîte le pas à d’autres ligues européennes, même si ce genre de projet n’est pas facile à faire émerger. En Espagne, quatre des 42 clubs de la Liga, dont le Real Madrid et le FC Barcelone, ont voté contre l’arrivée du fonds CVC. En Italie, la Ligue de football n’a pas réussi à convaincre les clubs, alors qu’un consortium de fonds, dont CVC et Advent, étaient prêts à valoriser le foot italien 15 milliards d’euros en injectant 1,5 milliard d’euros.

Il vous reste 42.51% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

lien sur site officiel

Source :

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page