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La Tunisie et l’ouverture de l’espace aérien Open Sky avec l’Union Européenne : Tout à gagner, rien à perdre


Les conditions actuelles semblent aujourd’hui plus favorables pour la conclusion de l’accord relatif au ciel ouvert. Un énième report aura de lourdes conséquences sur le secteur touristique, talon d’Achille de l’économie tunisienne.

D’une année  à l’autre, le ralentissement de l’économie du pays se fait de plus en plus ressentir en raison notamment du désistement et des tergiversations des décideurs et leur attentisme face à certaines opportunités en rapport avec le secteur touristique, dont particulièrement l’ouverture de l’espace aérien Open Sky avec l’Union européenne.

Un protocole d’accord a été élaboré depuis 2017 mais sa finalisation a dans le passé buté sur des obstacles de taille, à savoir le refus des syndicats de la compagnie aérienne nationale Tunisair et l’absence de volonté politique réelle. Aujourd’hui, la donne a vraisemblablement changé et la libéralisation de l’espace aérien n’est plus tributaire que de quelques questions procédurales.

La confirmation est tombée hier suite à la déclaration par le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Mohamed Moez Ben Hassine, à l’agence TAP en marge de la 44e édition du salon multicible du tourisme et des voyages «Iftm Top Resa»  qui se tient à Paris, du 20 au 22 septembre 2022. «Il n’existe aucun obstacle qui pourrait entraver la signature de l’accord relatif à l’ouverture de l’espace aérien Open Sky avec l’Union européenne», a-t-il fait savoir.

Le ministre s’est dit même «confiant» quant à la signature, dans les plus brefs délais, de cet accord qui consiste en l’ouverture de l’espace aérien tunisien ainsi que les autres aéroports (excepté celui de Tunis-Carthage), aux appareils des différentes compagnies aériennes européennes, notamment les «low cost» .

A cet effet, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Marcus Cornaro, a  encouragé, sur son compte Twitter, la Tunisie à ratifier l’accord relatif à l’Open Sky, en raison de son «impact positif immédiat sur les aéroports régionaux et dans la mesure où il leur permettra d’accueillir une clientèle additionnelle». Il a rappelé que l’accord en question prévoit «une exemption de l’aéroport de Tunis-Carthage (et donc de la compagnie Tunisair) de toute compétition tiers pour cinq ans», ce qui est de nature à dissiper les craintes des parties syndicales relevant de la compagnie nationale.

Pour sa part,  la présidente de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH), Dorra Miled, a insisté sur l’importance et l’urgence de ratifier cet accord, après le grand retard accusé. «Il faut saisir cette opportunité  et il est grand temps d’emboîter le pas à d’autres pays», explique-t-elle.

Pont aérien entre Tozeur et Paris?

Un pari gagnant-gagnant susceptible de booster le tourisme et le monde des affaires, notamment dans les régions du Sud du pays. A cet effet, la création d’un pont aérien entre Tozeur et Paris a été au centre d’une rencontre à Paris entre le ministre du Tourisme et le président du Syndicat des entreprises du Tour Operating, René-Marc Chikli, et le président des Entreprises du Voyages, Jean-Pierre Mass, ainsi que des représentants des professionnels du secteur du tourisme tunisien, rapporte la TAP.

A l’occasion de cette rencontre tenue en marge du salon précité, les participants ont estimé que le lancement de ce pont aérien permettra de promouvoir la région du Sud en tant que destination hivernale. Selon René-Marc Chikli, cette région tunisienne est peu connue des représentants des agences de voyages en France.

La compagnie aérienne française Transavia est même prédisposée à créer ce pont aérien, souligne le président de la Fédération tunisienne des agences de goyages et de tourisme (Ftav), Ahmed Bettaieb, ce qui est d’un grand apport pour le développement du marché français durant la saison touristique hivernale. Un marché qui a nettement régressé durant le règne de la Troïka, notamment en 2013 et qui observe actuellement une courbe ascendante au point que notre pays avait accueilli près de 604 mille touristes français, jusqu’au 10 septembre, soit une hausse de 235% par rapport à la même période de 2021.

Plus d’une trentaine de pays africains ont déjà signé depuis des années l’accord relatif à l’Open Sky, dont l’Egypte et le Maroc. Il n’est plus permis pour la Tunisie de remettre aux calendes grecques une telle décision  à même de  développer encore plus le secteur touristique mais ceci  dépend encore de cette volonté politique qui a fait défaut ces dernières années.

Les conditions actuelles semblent aujourd’hui plus favorables pour la conclusion de l’accord relatif au ciel ouvert. Un énième report aura de lourdes conséquences sur le secteur touristique, considéré comme le talon d’Achille de l’économie tunisienne.

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