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La Tunisie célèbre le 21ème anniversaire de la résolution 1325 de l'ONU « Femmes, paix et sécurité »


La Tunisie clbre le 21me anniversaire de la rsolution 1325 de lONU Femmes, paix et scurit

ONU Femmes en Tunisie et le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes Agées ont organisé, le 29 octobre 2021, une conférence sous le thème : « La résolution 1325 pour promouvoir le leadership féminin à l’échelle nationale et locale ».

Celle-ci s’inscrit dans le cadre de la célébration du 21ème anniversaire de la résolution 1325 de l’ONU « Femmes, paix et sécurité » et de son adoption en Tunisie.

Durant son allocution, la représentante d’ONU Femmes en Tunisie et en Libye, Begoña Lasagabaster a considéré que la résolution 1325 couronnait des années de lutte pour reconnaître aux femmes la place qui leur est dévolue dans la prise de décision, dans les moments de crise et de guerre, mais surtout dans la construction d’une paix durable bénéfique à toute la population et aux communautés.

 

 

« Le leadership féminin muni de moyens d’actions représente un gage de démocratie, de respect des droits humains et de développement durable… Au moment où toute l’humanité avait fait face à une crise incomparable due à la propagation du Coronavirus, les femmes ont brillé par leur présence dans les premières lignes. Elles représentent près de 70% du personnel de santé dans le monde et 82% en Tunisie. Malheureusement, les chiffres démontrent une faible représentation de la femme dans la prise de décision. Il s’agit d’un problème profond car nous manquons d’une approche basée sur le genre et répondant aux besoins spécifiques des femmes », a-t-elle affirmé.

Rappelant une étude menée par l’Union des femmes cheffes d’entreprises en Tunisie, Begoña Lasagabaster a expliqué que près de 80% des femmes cheffes d’entreprises étaient insatisfaites des mesures relatives à la lutte contre l’impact du Coronavirus sur le secteur privé.

« Partout dans le monde, les chiffres indiquent qu’il faut près de 135 années pour combler les disparités économiques, politiques, éducatives et sanitaires entre les sexes. Nous devrons attendre au moins trois générations pour atteindre cela. Répondre à tous ces défis est une responsabilité collective. La résolution 1325 offre une excellente plateforme et nous devons exploiter tout son potentiel », a-t-elle déclaré.

Interrogée par l’équipe de Business News sur les priorités du gouvernement en matière de lutte contre la disparité, Begoña Lasagabaster a estimé que l’équipe de Najla Bouden devrait se penchée sur l’application des lois relatives à la participation des femmes dans la prise de décision, à la protection sociale, à la formalisation du travail informel, à l’économie sociale et à la lutte contre la violence. « L’implémentation des lois doit viser une priorité économique et sociale. L’ONU Femme collabore avec les différents ministères afin de concrétiser cette approche… Nous travaillons, également, sur la question du budget sensible au genre. Il y a un travail à faire sur le long terme. Le changement de lois n’est pas suffisant. Nous devons avoir des financements, des services administratifs pour implémenter la loi, une connaissance des normes sociales et des stéréotypes. L’ONU Femme est en train d’élaborer une étude concernant les normes sociales en Tunisie. Elle nous présentera des explications sur l’inapplicabilité de certaines lois », a-t-elle expliqué.

De son côté, Amel Moussa Belhaj, ministre de la Femme, de l’Enfance et des Personnes Agées a souligné l’importance de s’engager dans un processus social complet afin de concrétiser les bonnes pratiques en matière de promotion du leadership féminin et du maintien de la paix et de la sécurité.

« La nomination de Najla Bouden et d’un gouvernement comportant huit femmes ministres reflète l’esprit de la résolution 1325. La Tunisie est l’un des pays les plus connus pour sa préservation et consécration des droits de la femme… Je tiens à rappeler que la Tunisie avait rejoint, en décembre 2020, la Coalition Internationale pour l’Égalité salariale et qu’elle avait adopté la loi organique n° 2017-58 du 11 août 2017, relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Les dispositions de cette loi convergent avec celles de la résolution 1325 puisqu’elle s’est penchée sur la protection et la prise en charge des femmes victimes de violences », a-t-elle déclaré.

 

 

La ministre a affirmé qu’une lecture approfondie de la résolution 1325 permet de faire évoluer la femme en passant de victime de guerre et de conflit à l’un des acteurs principaux du maintien de la paix et de la sécurité dans le monde. Ceci est possible à travers la mise en place de mécanismes sociaux, économiques et juridiques.

« La concrétisation des dispositions de la résolution 1325 nécessite une approche réformiste complète et d’une vision stratégique permettant à la femme de devenir l’un des preneurs de décisions…La république tunisienne a adopté un plan d’action national pour l’institutionnalisation et l’intégration du genre visant à habiliter la femme et à renforcer sa participation dans le maintien de la paix et à l’élimination de la discrimination. L’égalité et la non-discrimination basée sur le genre ont été transcris dans la Constitution de 2014 » a-t-elle ajouté.

Amel Moussa Belhaj a affirmé que la législation tunisienne avait pris des mesures importantes en matière de non-discrimination. Elle a estimé que ceci avait facilité la transition vers des pratiques sociales en rupture avec la domination masculine.

Dans une déclaration accordée à Business News, la ministre de la Femme a affirmé que l’égalité des salaires était appliquée en Tunisie dans les secteurs organisés. « Il s’agit d’une question importante au sein des secteurs non-organisés et marginalisés tels qu’au sein du secteur agricole. La femme rurale et agricole est sous-payée. Nous devons réglementer ces secteurs et mettre en place des programmes d’appui et de soutien économique. L’indépendance économique apportera des changements radicaux au sein des secteurs non-organisés. Il ne s’agit pas d’un problème majeur puisque l’égalité dans les salaires est concrétisée par la législation tunisienne », a-t-elle expliqué.

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Othman Jerandi, avait déclaré que plusieurs éléments de la résolution votée par le Parlement Européen ne s’appliquent pas en Tunisie, notamment en matière de droits de la femme et autres libertés. A ce sujet, Amel Moussa Belhaj a affirmé qu’elle était du même avis. « Nous avons, en Tunisie, une législation avant-gardiste et révolutionnaire. La volonté de l’Etat est forte concernant les droits de la femme. Bien évidemment, certaines pratiques sociales sont critiquables. Le changement de mentalités nécessite du temps », a-t-elle considéré.

 

 S.G

 


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