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La ministre veut bien être filmée plantant un arbre, mais motus sur les dossiers chauds

La ministre de l’Environnement, Leila Chikhaoui, avait convoqué la presse ce mardi 7 décembre 2021 pour les premiers pas du tri sélectif des déchets en Tunisie. C’était à l’école Mongi Selim, à la cité El Khadra. L’affaire est d’importance, dans ce concert mondial en faveur de l’environnement. Quatre grands médias privés parmi lesquels Tunisie Numérique et la Télévision nationale ont fait le déplacement. La règle du jeu dans ce type d’événement c’est que la presse sert un peu la soupe – mais pas trop quand même – en couvrant ce qu’il y a à couvrir, et en échange le ou la responsable se plie au rituel des questions sur quelques sujets importants du moment et qui intéressent au plus haut point nos lecteurs. Mais la ministre n’a pas voulu jouer le jeu…

Ce que les journalistes ont tenté de faire ce matin, et c’est leur droit, c’est obtenir de Leila Chikhaoui qu’elle éclaire leurs lanternes sur des grands dossiers sur lesquels les autorités avaient pris des engagements fermes. L’épineux problème des déchets de Sfax en fait partie, mais pas que. Dès que la ministre a senti que la presse allait sortir des sentiers qu’elle avait balisés, elle s’est braquée, a botté en touche et a prié les journalistes d’aller interroger Lotfi Ben Said, Directeur général du Développement durable au ministre de l’Environnement. “No comment” a rétorqué Ben Said…

Le DG du Développement durable a envoyé la patate chaude à l’émissaire de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED), Hafedh Tounsi. Ce dernier a bien voulu s’épancher sur les vertus du tri sélectif, faire des belles tirades sur l’écologie, etc. Mais motus sur les dossiers chauds du moment pour lesquels les promesses n’ont pas été tenues…

Tout ce que la ministre a consenti à livrer, ce sont de superbes images sur sa magnifique façon de planter des arbres. C’est tout. Pourtant elle et sa kyrielle de conseillers et collaborateurs savent pertinemment que la presse venait aussi, et c’est tout à son honneur, pour poser quelques questions qui fâchent…

Bon, on passera sur le paradoxe d’une Tunisie dont certains établissements scolaires ne disposent même pas de toilettes ni eau courante et qui se lance quand même dans une aventure aussi avant-gardiste que le tri sélectif. Mais que voulez-vous, quand les financements étrangers sont là, il faut bien en faire quelque chose, surtout quand le bienfaiteur veille au grain (ce matin c’était l’ambassadeur du Portugal).

Il faudra quand même repasser dans quelques mois pour voir ce que ces superbes bennes sous le sceau du tri sélectif sont devenues, en espérant qu’elles ne se mueront pas en bennes à ordures ordinaires où on déverse tout ce qui est possible et imaginable…


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