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La BAD prévoit une croissance en Tunisie de 2% en 2021 et de 3,9% en 2022

La Banque africaine de développement (BAD) est moins optimiste que le Fonds monétaire international (FMI) en ce qui concerne les perspectives de croissance en Tunisie en 2021 mais se montre plus optimiste pour 2022.

L’institution financière estime que « la croissance du PIB devrait rebondir à 2% en 2021 et à 3,9% en 2022 », selon son rapport « Perspectives économiques en Afrique du Nord 2021 ».

Rappelons dans ce cadre que le FMI tablait sur une croissance de 3% en 2021, de 3,3% en 2022 et de 2,1% en 2026, dans son rapport « Perspectives de l’économie mondiale, octobre 2021 ».

 

Dans son rapport, la BAD indique : « La pandémie est intervenue à une période délicate de l’histoire de la Tunisie. En raison de l’instabilité politique persistante, l’économie a eu du mal à gagner la confiance des investisseurs. Le chômage est resté élevé, passant de 14,9% à la fin de 2019 à 18% au deuxième trimestre de 2020, un niveau identique à celui lors la révolution de 2011 (Banque mondiale 2021g). Le PIB réel de la Tunisie s’est contracté d’environ 8,8% en 2020. Au deuxième trimestre 2020, le PIB a diminué de 21% en glissement annuel, en raison des confinements qui ont réduit l’offre et la demande intérieures. La croissance du PIB devrait rebondir à 2% en 2021 et à 3,9% en 2022. Conformément à ces tendances, le déficit des comptes courants devrait s’améliorer à mesure que les industries exportatrices se redressent, mais l’amélioration restera limitée en raison de contraintes structurelles qui persistent et des incertitudes politiques. Toutefois, les réformes structurelles en cours des entreprises publiques, du système de retraite, des subventions alimentaires et énergétiques, ainsi que du secteur informel – devraient contribuer à améliorer les fondamentaux macroéconomiques du pays ».

L’institution financière rappelle : « Environ 60% des recettes d’exportation de la Tunisie proviennent de France, d’Allemagne et d’Italie. En 2020, les exportations ont baissé de 18,7% et les importations de 11,7%. Même si tous les sous-secteurs du commerce extérieur ont enregistré des baisses, les plus importantes ont été enregistrées dans les secteurs de l’habillement et du textile (45%) et des industries mécaniques et électriques (34%). Les autres industries manufacturières ont chuté de 30%, l’énergie de 12% et les mines, phosphates et dérivés de 17,5% (IFPRI 2020) ».

 

La BAD estime que « la région devrait rapidement retrouver son niveau d’avant la pandémie, à condition que les risques et les incertitudes à l’échelle mondiale soient éliminés. Selon les prévisions de la Banque africaine de développement, la croissance devrait atteindre 4% en 2021 et 6% en 2022. La rapidité de la reprise devrait en partie être induite par le rebond des prix du pétrole (Algérie, Libye) et du tourisme (Egypte, Maroc, Tunisie), l’amélioration de la production et la distribution de vaccins et la forte reprise chez les partenaires commerciaux européens de la région ».

L’établissement bancaire spécifie aussi : « Si la pandémie persiste jusqu’en 2022 et au-delà, certains pays affronteront vraisemblablement des problèmes de liquidités pour honorer le service de leur dette. Il n’existe pas de mécanisme international permettant de faire face au désendettement des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, même si la Banque africaine de développement en a proposé un pour les pays africains, à savoir le Mécanisme africain de stabilité financière, qui permettrait d’éviter les crises de liquidité.

Au moment où les pays de la région commencent à rouvrir leurs frontières, les responsables politiques auront pour tâche d’atténuer la menace persistante en matière de santé publique tout en prenant des mesures pour rebâtir leurs économies et veiller à ce que des filets de sécurité sociale adéquats soient en place. Sur la période 2021-2023, les besoins de financement de l’Afrique du Nord sont estimés à plus de 180 milliards d’USD pour répondre de manière adéquate à la crise et soutenir la reprise. La faiblesse des positions budgétaires limitant fortement les mesures de soutien des gouvernements dans de nombreux pays, l’accent devra davantage être placé sur la nécessité de mettre en œuvre des réformes ambitieuses dans le but de relancer une croissance forte, durable et équitable, tout en évitant une nouvelle détérioration de la situation budgétaire et de la dette ».

 

L’institution financière émet, dans ce cadre, un ensemble de recommandations politiques à court terme en matière de gestion des dommages :

Limiter la propagation du virus, porter assistance aux populations vulnérables et surmonter les problèmes liés aux vaccins.
Développer les capacités d’analyse de la soutenabilité de la dette.
Élaborer des plans de rééchelonnement de la dette au cas où la pandémie durerait plus longtemps et frapperait plus fort.
 Évaluer l’ensemble du stock de la dette souveraine réelle et des passifs éventuels.
Renforcer la coordination entre les politiques budgétaires, monétaires et de change pour observer l’orientation, la vitesse et l’ampleur des flux de capitaux et leurs effets.
Effectuer des revues de dépenses publiques afin de protéger les projets d’investissement nécessaires à la reprise de la croissance économique.

Et de souligner que la décision du sommet de Paris de mai 2021 sur le financement de l’Afrique de réaffecter aux pays africains 33 milliards d’USD de droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international (FMI) pourrait permettre aux pays d’Afrique du Nord de disposer d’une marge de manœuvre budgétaire, mais il n’a pas encore été versé.

 

Par ailleurs, la BAD préconise, dans ce cadre, un ensemble de mesures à moyen terme visant à stimuler la reprise économique post-pandémie, dont notamment :

Investir dans la numérisation.
Soutenir les petites et moyennes entreprises, notamment en ce qui concerne l’accès au financement et aux compétences en matière de gestion.
Améliorer la mobilisation des ressources intérieures.
 Approfondir les marchés obligataires nationaux.
 Contrôler les engagements conditionnels des gouvernements en vue d’atténuer leur impact sur la dette publique.
 Restructurer les entreprises d’État et utiliser la dette de manière efficace et transparente pour financer les investissements productifs et éviter les pièges de l’endettement. Le financement extérieur devrait privilégier les échéances longues à des conditions d’emprunt raisonnables.

 

Elle prône aussi des réformes politiques, à long terme, visant à favoriser la diversification de l’économie et des marchés, l’innovation technologique et la création d’emplois à grande échelle et qui comprennent :

Promouvoir la diversification de l’économie et des exportations.
Investir dans les biens publics nécessaires pour atténuer les disparités régionales et favoriser une croissance inclusive.
Approfondir l’intégration régionale dans le cadre de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

 

I.N (D’après rapport)


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