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Kais Saied/Abir Moussi : Cette affaire peut les enterrer politiquement

Ça s’agite actuellement sur la scène politique tunisienne. Ça secoue même plus que de raison. En effet en cette fin d’année où rien n’est encore réglé pour le bouclage du budget 2021, sans parler de la Loi de finances 2022, les urgences sont ailleurs, elles sont politiques. La Tunisie le payera cher, très cher. En attendant le conflit politique fait rage, partout. D’abord entre le président de la République, Kais Saied et ses ennemis qu’il déclare comme tels, notamment Ennahdha. Mais pour les islamistes cela relève plus du baroud d’honneur, du chant du cygne, puisqu’à chaque fois qu’ils pensent que Saied va craquer sous la pression étrangère et lâcher du lest le chef de l’Etat enfonce le clou. Par contre pour la leader du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi, les carottes ne sont pas encore cuites. Mais il y a urgence, pour elle comme pour Kais Saied…

Sfax, un lance-missiles par excellence

La chef de file des opposants les plus radicaux du camp islamiste l’a tellement bien compris qu’elle s’active de plus en plus sur la scène nationale, un activisme qui a des relents d’énergie du désespoir tant Kais Saied insiste, persiste dans sa volonté de démanteler toute la classe politique pour qu’il n’en reste qu’un : Lui et lui seul. Et en à croire les bruits de botte, cette affaire se précise et serait imminente.

Puisque la scène tunisoise était prise par Kais Saied et l’UGTT le 4 décembre 2021, la passionaria de la scène politique locale a dû se déporter sur Sfax. Ce qui tactiquement était beaucoup plus intéressant pour elle. En en effet cette ville, deuxième poumon économique du pays, symbolise à merveille en ce moment l’échec de l’exécutif tunisien à solutionner concrètement les problèmes des citoyens. On parlera beaucoup de Sfax ce 10 décembre. Donc jeter depuis ce gouvernorat des pierres dans le jardin du chef de l’Etat est très habile politiquement…

Pourquoi Moussi défend le statu quo

Non au changement unilatéral du régime politique et non au toilettage du système électoral, ce sont les deux principaux messages que Abir a lancés depuis Sfax. La présidente du PDL a même affirmé – mais ça elle l’appelle de ses voeux depuis un petit moment – qu’elle s’écartera volontiers pour laisser le président de la République enterrer politiquement Ennahdha et Qalb Tounes, au nom des crimes électoraux consignés par le rapport de la Cour des comptes. Mais Moussi aimerait – ou plutôt rêve – que Saied s’en tienne à ça et n’aille pas plus loin dans ses velléités de démantèlement de ce qui nous sert de régime politique depuis 2011…

Là aussi très habile politiquement. Car cela fait un moment que la chef de file des desouriens caracole en tête des intentions de vote pour les prochaines législatives, dans tous les sondages, en l’absence d’une formation politique officielle du chef de l’Etat. Donc si un scrutin législatif avait lieu aujourd’hui, Moussi est certaine de rafler la mise. Alors que pour la présidentielle tous les sondages, pour l’instant, donnent Saied vainqueur haut la main. D’où l’insistance du PDL pour que rien ne bouge dans l’architecture électorale de la Tunisie.

A maligne malin et demi

Mais on la fait pas au chef de l’Etat, d’autant plus qu’il a pris le temps d’étudier de très près cette affaire, et bien avant même qu’il ne dévoile ses ambitions présidentielles. Abir Moussi est d’autant plus énervée qu’elle a l’impression d’être victime d’un hold-up politique. En effet c’est elle qui a entrepris le travail de démolissage de la mainmise des islamistes sur l’appareil d’Etat et tous les leviers du pouvoir qui vont avec. Moussi a pris des coups pour ça, au sens propre comme au sens figuré, parfois même devant les caméras de la presse. Alors voir le chef de l’Etat la déposséder de ce triomphe annoncé – dans tous les sondages – sur Ennahdha, c’est un vrai motif de rage pour la présidente du PDL. 

Il ne faut pas croire que le président de la République a frappé le Parlement juste pour débarrasser le pays de Rached Ghannouchi et compagnie, Abir Moussi aussi était dans le viseur. C’est la raison pour laquelle il n’a jamais voulu reconnaître publiquement et condamner les violences qu’elle a subies en direct, c’est la raison pour laquelle elle l’a mise dans le même sac que les autres, avec photos à l’appui (des photos appartenant au PDL), lors de son fameux point de presse.  Mais  c’est aussi de bonne guerre en politique : faire feu de tout bois pour faire chuter l’adversaire, au risque de piétiner la morale et la vertu. Une chose est certaine : Un “duel à mort” s’est engagée entre Saied et Moussi. Qui en sortira vainqueur ? Un début de réponse ce 17 décembre…

 


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