Culture

Journées théâtrales de Carthage | «Bercail» d’Arona Ba (Sénégal) en Compétition officielle des JTC 2022 : Le devoir de mémoire

 

La 23e édition des Journées théâtrales de Carthage consacre le théâtre sénégalais par l’organisation d’une journée qui a démarré à la Cité de la culture avec deux expositions photographiques : l’une sur les us et coutumes et l’autre sur les personnalités phares du pays, et s’est terminée par une dégustation de plats traditionnels typiquement sénégalais. Outre cette journée, le pays de Senghor est présent à la compétition officielle avec la pièce «Bercail» d’Arona Ba.

Une pièce à la mémoire des esclaves victimes des exactions des colons qui les ont torturés et emprisonnés dans l’île de Gorée, un des symboles de la mémoire, emblématiques de la traite atlantique.  S’appuyant sur le conte, «Bercail» reste fidèle au théâtre africain traditionnel dont les origines remontent à des coutumes ancestrales où sur les places des villages sous l’arbre à palabres, les plus âgés se réunissaient pour arbitrer les différends de leurs concitoyens en prenant l’aspect de contes musicaux plus ou moins théâtralisés.

Cette création s’apparente à une forme de théâtre où s’allient le conte, la musique et la danse pour mettre en valeur le patrimoine local de la manière la plus intacte, tout en lui conférant une certaine modernité, reflet d’un métissage culturel appréciable. C’est sur une scène nue, éclairée par des bougies qu’interviennent les acteurs campant des personnages héroïques. Quatre hommes, une femme et un griot. Ce dernier sera chassé de la tribu pour n’avoir pas prévu le destin qui leur est réservé.

Confrontés à leur propre sort, ces villageois vont subir les exactions des colons qui ont envahi le pays, violé les femmes, tué les hommes et emprisonné d’autres dans l’île de Gorée et spolié les biens du pays. S’exprimant avec le wolof et le français, ainsi qu’avec les mouvements des corps, les comédiens racontent l’histoire douloureuse de leur pays grouillant de mythes et de chants où les hommes et les femmes perpétuent avec fierté les contes magiques d’une tradition orale bien ancrée dans le quotidien des Sénégalais.

Cet attachement aux valeurs ancestrales ne cesse de se manifester dans cette écriture dramatique valorisée par une lumière expressive et le jeu maîtrisé des comédiens autour desquels la trame s’articule, se noue et se dénoue. Tout se joue, donc, autour de l’expression du corps, du verbe et de la maîtrise parfaite de l’espace scénique. Dans cette histoire chargée de larmes et de sang, les hommes, les femmes et les enfants sont vendus, échangés et jetés comme des objets inutiles. Ici, la femme violée met au monde un enfant qui lui sera arraché et qu’elle ne verra que 20 ans plus tard lorsqu’elle sera libérée avec les autres esclaves. «Bercail» a le mérite d’évoquer une histoire faite de douleurs et de souffrances qui restera gravée dans les mémoires et servira de leçon aux générations futures.

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