Economie tunisie

Jawhar Chatty – Austérité : siffler le temps de la récréation

La société tunisienne est vivace. Traumatisée, déstructurée mais elle reste vivace.  Dix sombres années ont aiguisé chez elle ce grand art de tout tourner en dérision face à l’adversité. En somme, elle s’auto-immunise en s’autoflagellant tout en rigolant de tout. Elle est dans le triste amusement permanent. Certains appellent ça de la résilience. Mais la vraie résilience est la capacité de résister aux chocs, d’absorber plutôt les chocs pour mieux rebondir. Et avancer. Or, nous régressons à tous les niveaux. Surtout au niveau des fondamentaux, non pas macroéconomiques, mais des valeurs morales qui cimentent une société et la rendent équilibrée et fertile. La violence est partout et se banalise. Violence de la rue au quotidien, violence à l’école, violence en famille, violence faite aux enfants…  aux femmes…La grande œuvre du visionnaire H. Bourguiba d’émancipation  de toute une société , de toute la société, prend de l’eau de partout. Il nous faudra tout non pas replâtrer ou colmater , mais tout reconstruire dans l’esprit lucide et éclairé de H. Bourguiba.

Le chantier à engager est foncièrement à ce niveau. Il est immense mais il faudra savoir l’engager et bien l’engager. En élevant la société en ne lui donnant pas  l’occasion de tomber dans les bassesses du commérage ni dans les stériles  supputations et surenchères comme on le voit aujourd’hui au sujet du «  very bad » d’une prof d’anglais ou de la découverte d’un quelconque tunnel.

Aujourd’hui qu’il est question de mettre en œuvre une politique d’austérité, il faudra savoir recentrer la société sur des valeurs essentielles : l’unité, le travail et la solidarité. Il faudra siffler la fin de la récréation. Siffler la fin de la récréation, c’est avant tout restaurer la confiance. La confiance entre gouvernant et gouvernés. Cette confiance est capitale. A défaut, c’est le retour de bâton.

Il faut au final  se rendre à l’évidence  que rien ne pourra être accompli  dans  le pays aussi longtemps que l’on ne  refonde pas la société sur les bases  de  la justice sociale dans le sens le plus  extensif  du terme afin d’instaurer une société où chaque  citoyen ressente réellement qu’il jouit naturellement  et effectivement  de ses   droits fondamentaux : le droit à l’alimentation, le droit à la santé, le droit à l’éducation…, et  ce dans la quiétude la plus totale, sans ressentir le besoin  de traficoter pour  garantir ses  besoins élémentaires. Cela  est malheureusement le cas aujourd’hui dans notre  pays où l’individu ressent, en a-t-il le choix ( ?! ) ,de recourir à tous les subterfuges  pour pouvoir vivre .

Jawhar Chatty


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