National

Issam Chebbi : la Tunisie est devenue un État de non-droit


 

Le secrétaire général du parti Al Jomhouri, Issam Chebbi a estimé que l’adoption d’une nouvelle constitution devait théoriquement être un moment d’unité et d’espoir. Il a critiqué l’attitude du chef de l’Etat, Kaïs Saïed et son discours totalement opposé à cela. « Le président a opté pour la division du peuple. Il a choisi de porter des accusations à l’encontre de ses opposants… Il a même critiqué le rôle du tribunal administratif. Il se voit au-dessus de tout contrôle, de la justice et de toute autre autorité… Ceci ne fait que confirmer que la Tunisie était devenue un Etat de non-droit », a-t-il ajouté.

Invité le 18 août 2022 par Manel Gharbi sur les ondes de la radio Express Fm, Issam Chebbi a considéré que le président de la République s’est octroyé des pouvoirs sans raison et illégalement. Il a affirmé que Kaïs Saïed n’avait pas respecté le serment prêté lors de son investiture. Il a estimé que la révocation de 57 magistrats par décret et le refus de respecter la décision du Tribunal administratif donnant raison à ces derniers et annulant la décision du chef de l’Etat ne faisaient que confirmer l’échec de Kaïs Saïed, de la ministre de la Justice, Leila Jaffel et du gouvernement de Bouden. Il a conclu que la Tunisie était un Etat de non-respect de la loi. Il a affirmé que le président de la République refusait toute critique ou opposition à ses décisions.

Issam Chebbi a considéré que Kaïs Saïed n’avait pas à parler au nom du peuple. Il a rappelé que 75% des électeurs avaient choisi de ne pas participer au référendum du 25 juillet 2022. Il a, également, mis l’accent sur la monopolisation des décisions relatives au processus électoral, notamment, l’élaboration de la proposition de nouvelle constitution, la révision de la loi électorale et l’absence d’un seuil minimal de participation. Il a, aussi, rappelé que 95% des Tunisiens avaient choisi de ne pas participer à la consultation électronique. « Le président a choisi de ne pas évoquer ces éléments-là… Il insiste sur la réussite du référendum alors que les trois-quarts des Tunisiens n’y avaient pas participé… Il fait une fixation sur la magistrature… Il veut soumettre la justice à ses instructions… Il devrait, au lieu de cela, tourner son regard vers nos rivages… Des centaines de Tunisiens choisissent les bateaux de la mort… Les Tunisiens optent de plus en plus pour cette option », a-t-il ajouté.

 

 

Le secrétaire général du parti Al Jomhouri a évoqué la situation économique critique du pays. Il a affirmé que les citoyens cherchaient à fuir le pays. Il a expliqué cela par la hausse de l’inflation et les pénuries. « Les Tunisiens veulent plus de contrôle sur les prix, une amélioration de leur pouvoir d’achat, vivre en paix, une amélioration des services dans le secteur de l’éducation, du transport et de la santé : ils veulent la liberté et la dignité… Ils s’attendent à une guerre contre la corruption. Kaïs Saïed, tout en monopolisant les pouvoirs, n’a pas lutté contre la corruption », a-t-il ajouté.

Issam Chebbi a affirmé que la nouvelle loi électorale sera élaborée de la même façon que la nouvelle constitution. Elle sera rédigée par le chef de l’Etat et de façon unilatérale. La nouvelle loi électorale ne fera que servir ses intérêts et son projet politique. Il a complètement nié la possibilité de créer un comité d’experts de la part du chef de l’Etat. Ainsi, il a rappelé que ce dernier n’avait pas l’habitude d’écouter les conseils et les recommandations d’autrui. M. Chebbi a considéré que son parti ne pouvait que continuer à s’opposer à cette approche. 

 

S.G


lien sur site officiel

Source :

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page