Culture

Isaac Haddour, musicien et pianiste-interprète, à La Presse : «J’aime l’interdit et le tabou !»

 

Pianiste-interprète, arrangeur, compositeur, producteur musical, Isaac Haddour sait, dans les coulisses, manier les instruments, et la sono depuis de nombreuses années : l’artiste a collaboré sur de nombreux projets artistiques et en travaillant étroitement avec une nouvelle vague de musiciens-artistes, citons Hassen Doss, Mahdi Ayachi, Ghada Maatouk, prochainement, avec Kafon et Asma Ben Ahmed… Pluridisciplinaire par excellence et vivant entre deux rives, Tunis et Paris, il se lance en solo, en présentant au public un projet musical singulier. Rencontre avec une révélation !

Vous venez de terminer le tournage d’un nouveau clip, réalisé par Karim Berrhouma. Il s’agit du 2e chapitre de votre projet musical. Peut-on avoir droit à des spoilers avant sa sortie ?

C’est bien mon 2e chapitre. Le premier était « Araaès Kozah », qui vient aussi de paraître avec Ahmed Landoulsi en voix-off et Ahmed Tayâa en interprète. Ce 2e clip s’appelle « Ghorfa 211 » (Chambre 211), dont le tournage s’est achevé hier. Ces deux chapitres font partie d’un projet qui reste encore sans nom.

(Sourire). Le clip fait écho au premier et continue d’avoir comme thématique la femme et son corps, de la mettre en valeur, d’une manière pas commune et la moins commerciale possible. J’aime l’interdit et le tabou, et je tiens à piocher dans cet interdit-là, en Tunisie, à travers ma musique et mes clips.  Dans « Ghorfa 211 », on y voit bien le nu féminin : je tiens à ce qu’on perçoit le corps de la femme, non pas comme un objet, mais comme une œuvre d’art, tout en le valorisant.

Votre style musical est assez éclectique. Comment le définiriez-vous ?

Musique du monde et brassage de musique classique et tunisienne, sans pour autant revisiter le patrimoine tunisien. Ce sont des compositions à 100%.

Vous avez longtemps fait partie de cette armée de l’ombre qui travaille dans l’univers musical et artistique, mais dans les coulisses. Et actuellement, vous vous lancez en solo en rencontrant votre public. Qu’est-ce qui vous a poussé à passer cette étape ?

Je me suis lancé en solo, mais toujours sans couper avec ma carrière initiale. Je travaille toujours en collaboration avec les artistes et je tiens maintenant à lancer mon projet personnel, dans lequel j’aurai l’entière liberté de travailler à ma guise et dans lequel j’aborderai les sujets que je veux, sans pour autant m’éloigner de ma vocation principale : compositeur et arrangeur. Je fais de la musique parce que j’aime en faire et non pas juste pour gagner en notoriété ou devenir trop visible. Je commence par la Tunisie, ensuite pourquoi pas ailleurs ? Quand on évoque des sujets en rapport avec la femme en Tunisie, cela n’a pas la même résonance qu’en France. C’est sans doute plus impactant ici.

Vous avez, à plusieurs reprises, collaboré avec Hassen Doss, Ghada Maatouk, prochainement avec Kafon ou Asma Ben Ahmed. Avec Doss, comment s’est passée votre collaboration ?

On s’entend parfaitement, musicalement parlant. Ça se passe, bien même si des fois, avec lui, tout n’est pas évident (rire). On communique beaucoup, et le résultat final reste toujours édifiant. Mes collaborations artistiques sont bien choisies, bien désignées. Je m’arrête sur leurs attentes, essaie de cerner leur univers, leurs visions, en prenant en considération leur public. J’ai commencé par Ghada Maatouk, Mahdi Ayachi, Enji Maaroufi et plein d’autres et ça continue…

Vous êtes compositeur, pianiste-arrangeur, interprète. Qu’est-ce qui a fait que vous soyez tout cela à la fois ?

Je me suis formé, passionnément en puisant dans les études et en intégrant des établissements de renom. J’aime me distinguer, mon travail plaît à de nombreux artistes et cela ne peut que me pousser à aller de l’avant.

Comptez-vous un jour vous lancer dans la musique de films ?

Oui, mais je dois bien choisir la production, le film et son sujet. Ça va se faire sans doute un jour. Pour l’instant, on attend la sortie de « Ghorfa 211 » et celui du clip d’Asma Ben Ahmed.

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